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 EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.

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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 13 Déc - 23:56



    Deux choses toutes simples. Deux petits globes qui transportaient n’importe quel mâle au septième ciel. Elle venait de se lover contre lui et sans la toucher de ses dix doigts il pouvait deviner ses formes. Troublante sensation, couplée au vertige de ses lèvres et il croyait devenir fou. S’il avait chéri des souvenirs de leur première nuit, ils étaient bien pâles en comparaison avec ce qu’il ressentait maintenant. Sa main glissa sur ses hanches, pour la presser plus encore contre lui si c’était possible. Il en était à ne plus savoir où s’arrêtait son corps, où commençait celui de Juliet tant ils étaient emmêlés l’un dans l’autre et ce joyeux fouillis le ravissait. Enfin quelque chose sur lequel il n’avait aucun contrôle et pour lequel il ne se battait pas pour l’avoir. Pure expression de ce moi qu’il avait bâillonné tant d’années. Avec un pur râle de ravissement il la laissa redessiner les contours de ses muscles de sa bouche, mordillant sa lèvre inférieure alors qu’elle se faisait un chemin vers des endroits où sa peau était particulièrement sensible. Sous le plaisir il ferma les yeux alors que sa main agrippait fermement les draps, sa tête se renversant en arrière sous l’anticipation. Puis de nouveau un baiser, à en perdre le souffle. Il émit un grognement de protestation puis ses lèvres, bien que pressées contre celles de Juliet, esquissèrent un sourire. Ses doigts parcoururent sa cuisse tandis qu’elle lui faisait vivre milles tourments en assaillant la peau fine de son cou. Quand elle se redressa, il fixa son regard sur elle, pure explosion d’un ciel d’été dans lequel on avait jeté des étoiles dorées. Encore elle jouait avec lui, encore elle jouait avec sa patience et dans un brusque élan il la retourna sur le dos. A lui de se délecter de ce sentiment de puissance, à lui de retrouver son corps offert. Il prenait presque plus de plaisir à lui en donner que de se laisser faire. Joueur il agrippa les poignets de la brunette et l’invita à les garder au dessus de sa tête. Restait à savoir quelle sauce il la mangerait.

    D’une esquisse torture, le jeune homme posa à peine ses lèvres sur sa peau, il l’effleurait tout juste mais c’était comme s’il pouvait ressentir le courant électrique qui naviguait entre leurs épidermes. Epaule. Seins. Ventre. Seins. Ventre. Intérieur de la cuisse et… Une brusque explosion déchira la bulle dans laquelle il se trouvait et traversé par les aiguillons du désir il eut bien du mal à percevoir ce que c’était. Puis le trouble qui envahissait son esprit sembla se dissiper et il sauta hors du lit, drapé dans sa glorieuse nudité. Téléphone.

    « 52. »
    « Dites moi pourquoi vous n’avez pas averti les équipes à l’extérieur qu’ils sortaient ? »
    « … » Pris d’une singulière panique il raccrocha sans prendre le temps d’offrir une réponse. Puis il se dirigea vers la baie vitrée où le matériel d’espionnage était installé. Un rapide coup d’œil à l’écran lui suffit pour voir que la chambre avait été vidée de ses occupants.

    « Fuck ! »
    Décontenancé il passa une main dans ses cheveux humides. Jamais il n’avait failli à ce point. Puis doucement, sournoisement le fait qu’il s’en foutait se fit un chemin dans son esprit et il comprit qu’il était foutu. Il se tourna vers une Juliet toujours nue, toujours offerte, toujours diablement désirable.
    « Ils sont sortis et l’équipe dehors n’a pas pu les suivre. » Il ne pouvait plus s’en foutre.
    Et Pourtant. « S’ils ont… » Le reste de son argumentation s’évanouit dans l’espace quand Juliet trouva bon de se lever et de le rejoindre, drapée à la hâte dans une couverture. Il croisa à nouveau son regard et quelque chose se brisa en lui. Sa carapace, une vieille amie. Il l’agrippa et la débarrassa du chiffon qu’elle portait pour la plaquer contre la vitre, ses mains ceinturant ses hanches. Du genou il la poussa à ouvrir les cuisses et il s’enfonça en elle. Leurs mains se joignirent au dessus de sa tête tandis qu’il scellait à jamais sa reddition.

    Que je ne sois qu'à toi.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 14 Déc - 21:56



    Cendre de lune, petite bulle d´écume,
      poussée par le vent je brûle et je m'enrhume.

Spoiler:
 

Ce moment était particulièrement délicieux. Dans le joyeux méli-mélo que formaient leurs bras et leurs jambes emmêlés, Juliet peinait à respirer correctement. Son souffle s’entrechoquait contre celui d’Ezéchiel, ne pouvant décemment pas se rassasier de ses lèvres. Elle se pressait contre son corps, attisait son désir et s’amusait de le voir protester lorsqu’elle n’arrivait pas à ses fins. Lorsqu’elle le voyait anticiper ses moindres mouvements, une petite pointe d’amusement étirait ses lèvres colorées. Son cœur dansait une cavalcade qui la troublait sans pour autant faire cesser ses activités. Elle passa une nouvelle fois sa langue sur les contours de sa mâchoire avant de se retrouver brusquement sur le dos. Juliet se cambra légèrement lorsque son compagnon saisit ses poignets afin qu’elle puisse les garder au-dessus de sa tête. Elle poussa un petit gémissement impatient en sentant les lèvres d’Ezéchiel parcourir sa peau nue. Ce n’était qu’un effleurement et pourtant le plaisir qu’elle en tirait pouvait être considéré comme relativement malsain. La chair de poule couvrit ses bras et elle renversa sa tête en arrière en sentant la bouche d’E. se rapprocher de son intimité. Elle continua à se cambrer lorsqu’une sonnerie peu plaisante la fit sortir de son agréable torpeur. Hébétée, elle resta allongée, la tête profondément enfoncée dans l’oreiller et le buste un minimum relevé. Néanmoins, elle en profita pour admirer la nudité offerte d’Ezéchiel. Un sourire idiot naquit sur son visage. Sourire qui cependant s’effaça radicalement lorsque son compagnon raccrocha brutalement le téléphone. Elle écarquilla les yeux tandis qu’il lui expliquait plus ou moins qu’ils avaient failli à leur tâche qui s’avérait pourtant être très simple.

Saisissant les bords d’un drap dans lequel elle s’enroula précipitamment, Juliet rejoignit Ezéchiel. Elle ne pouvait pas dissimuler son petit sourire mutin qui signifiait que la mission lui était passée au dessus de la tête et qu’elle n’en avait cure. S’ils s’étaient concentrés sur leur mission, jamais ils n’auraient pu se retrouver. Alors peut-être qu’un dangereux trafiquant d’armes était en liberté on ne sait où, peut-être qu’il s’apprêtait à faire sauter la cervelle de deux ou trois types… étrangement, J. n’en avait strictement rien à faire et un soupçon de culpabilité s’insinua doucement dans son cœur palpitant. Elle croisa son regard azuré et ses pommettes rosirent encore plus. Elle tenta tant bien que mal de se concentrer sur ce qu’il lui disait afin de rester un minimum professionnelle. Lorsqu’elle se sentit agrippée, elle poussa un petit hoquet de surprise. La couverture dans laquelle elle s’était enveloppée tomba à ses pieds tandis qu’elle se faisait plaquer contre la vitre. Lorsqu’il l’invita à écarter ses cuisses, elle le fit sans rechigner, les lèvres tremblantes et le regard braqué sur les traits d’Ezéchiel.

Elle poussa un gémissement qui fut bien rapidement étouffé lorsqu’elle enfouit son visage dans le creux du cou d’E. Elle le mordit, serrant ses larges mains avec force et activa ses hanches afin qu’elles puissent se mouvoir correctement avec les coups de reins du jeune homme. Les lèvres parcoururent la mâchoire d’Ezéchiel, frôlèrent sa cicatrice qui ne cessait de l’attirer, avant d’effleurer sa bouche entrouverte. Elle mordilla avec délice sa lèvre inférieure et frotta avec avidité sa poitrine contre le torse de l’agent. Juliet suivait ses mouvements, étouffait quelques gémissements… Lorsque ses gémissements devinrent plus fréquents, elle plongea sa langue sur la gorge d’Ezéchiel et passa ses dents sur sa peau fine. Elle passa ses mains à travers la tignasse ébène de son amant et serra les poings. Son bas-ventre, ses cuisses, sa poitrine explosèrent. De longs frissons la parcoururent. Elle renversa sa tête en arrière et poussa un ultime gémissement, beaucoup plus fort que les autres.

Ses pensées devinrent floues. L’orgasme qu’elle avait ressenti l’avait laissée dans un état second. Elle eut conscience de choses qui lui semblaient essentielles : la peau humide d’Ezéchiel contre la sienne, leurs corps encore liés l’un à l’autre, leurs souffles mêlés… son regard azuré, ses fossettes, son estafilade, ses mèches couleur ébène. Juliet eut envie de lui dire qu’elle l’aimait mais elle resta dans un brouillard délicieux qui finit par l’engloutir.

Quoi qu’il en soit, elle se réveilla le lendemain matin, blottie contre le torse d’Ezéchiel. Elle battit des paupières avant de se redresser, légèrement courbatue. Appuyée sur son avant-bras gauche tandis que le droit était en travers du bas-ventre d’E., elle se massa le front et s’essuya les paupières. Elle posa ses lèvres sur la peau du jeune homme et en savoura le goût salé. Elle n’eut pas le temps de souffler mot que plusieurs coups brutaux furent portés à la porte. Sautant hors du lit, elle ramassa soutien-gorge, t-shirt et elle se jeta sur sa valise afin d’enfiler un autre sous-vêtement et un jean délavé qu’elle ne prit pas le temps de zipper. « Merde, merde… » scandait-elle inlassablement en se précipitant vers la porte « On va se faire pulvériser, Zez. » pouffa-t-elle, désinvolte en posant sa paume sur la poignée « Ne bouge surtout pas, reste sous les draps. » marmonna-t-elle précipitamment.

« C’est quoi ce merdier, 22 ? » aboya une armoire à glace en pénétrant dans la chambre, poussant Juliet du coude. Il posa son regard accusateur sur Ezéchiel. « Qu’est-ce que vous avez branlé exactement ? » reprit-il en pointant un index vers Juliet qui fixait ses orteils d’un air gauche. « Heureusement pour vous, notre bonhomme est revenu dans sa chambre. Vous restez ici encore une journée pour le surveiller et après on mettra quelqu’un d’autre sur le coup.. vous, vous… vous ferez ce que vous voudrez mais j’veux plus vous voiiiiir ! » Il finit par lancer à E. avec dédain avant de quitter la chambre « J’pensais que t’étais un gars sérieux 52… tu me déçois. » Juliet referma la porte, sonnée. Elle s’assit sur le lit, dos à Ezéchiel avant de se gratter le front, songeuse. « Finalement, tout s’est bien passé. » siffla-t-elle, amusée.


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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 18 Déc - 21:56




    Le calme était revenu dans la chambre, seulement troublé par le roulis paisible de la respiration de Juliet qui avait été attrapée par Morphée. Ezéchiel lui était incapable de fermer l’œil, tant il avait encore à l’oreille les gémissements de la jeune femme, à la bouche le goût de ses lèvres et de sa peau, et sous la pulpe de ses doigts, les frémissements de son corps. Son rythme cardiaque avait reprit son tic tac régulier, ses muscles s’étaient relâchés de la tension accumulée mais c’était comme si son corps tout entier était encore soumis au même feu dévastateur. Il ne se souvenait plus par quel enchaînement de paroles et de gestes il en était arrivé là mais l’intense jouissance qu’il avait ressentie faisait écho à des années de silence. Comment avait-il été capable de murer de cette façon un pan entier de sa personne il ne le savait pas non plus, mais le résultat en était qu’il se sentait plus vivant que jamais, comme si le monde tout entier reposait au creux de sa paume alors qu’il ne possédait pour l’instant guère plus que quelques marques d’ongles sur sa peau pour justifier d’un tel état de grâce.

    Alors que le soleil de Vegas venait seulement redonner un peu de clarté à la chambre, le regard du jeune homme se posa sur la femme responsable d’un tel chamboulement dans sa vie. Lovée au creux de son bras, son souffle balayait la peau nue du jeune homme et le faisait frissonner. C’était en sentiment de plénitude qui surpassait tous les autres à croire que l’avoir accrochée à lui le complétait. Son épaule et son bras avaient perdus de leur sensibilité et il sentait sournoisement des fourmis gambader le long de ses veines, pour autant il ne bougeait pas d’un pouce, trop effrayé à l’idée qu’une fois réveillée elle ne s’éloigne de lui. Tandis qu’elle dormait, il avait eu tout le loisir de réfléchir à ce qu’il pourrait dire. Il avait ce besoin maniaque de tout rationaliser par des mots. Pourtant rien ne correspondait jamais. Il espérait qu’elle soit capable de lire dans ses pensées. Il ressentit un léger changement chez Juliet, qui indiquait qu’elle s’éveillait enfin, et avec la force devenue habitude il fit glisser sa main sur le dénivelé de ses hanches, appréciant ce simple contact. Son corps semblait incapable de se rassasier de sa présence, la nuit précédente en témoignait.

    Mais le réveil ne devait pas être aussi plaisant. Tirés de leurs torpeurs par un vacarme à la porte de leur chambre, les deux amants eurent à peine le temps de couvrir leur nudité et alors qu’un ours entrait dans la pièce, Ezéchiel parvenait difficilement à se rappeler les véritables raisons de sa présence ici. Un vague sentiment de honte s’insinua en lui, et il détourna les yeux quand l’agent l’accusa directement, n’osant répondre au tonitruant « Qu’est-ce que vous avez branlé exactement ? » car ça semblait être la seule chose réellement évidente. Il accusa le coup et se redressa dans le lit, de nouveau seul avec Juliet. Le calme qu’il avait ressentit quelques minutes auparavant l’avait totalement déserté et il se leva d’un bond. « C’est ta définition du bien ? » demanda-t-il en traversant la chambre d’une traite, pour claquer la porte de la salle de bain derrière lui.

    Ses deux mains s’abattirent sur le mur autour du miroir qui surplombait l’évier, et le souffle haché il observa son reflet pendant quelques minutes. Il ne connaissait pas la personne qui lui faisait face et qui avait stupidement bousillé plusieurs années de travail pour se hisser au top de l’agence. Il s’était montré totalement inconscient et il ne pouvait même pas blâmer Juliet pour ça car il était celui qui avait tout commencé. Il avait complètement perdu les pédales. Il réapparut entièrement échevelé, mal rasé, toujours superbement nu et passablement agité.

    « Quel con. Je commençais seulement à être remarqué et il a fallu que je… Tu te rends compte ? Quel abruti. J’aurais de la chance maintenant s’ils me demandent d’aller chercher le café. Merde de quoi ça va avoir l’air. Je voulais pas que ça se passe comme ça… » Il soupira et détourna le regard pour éviter de Juliet. Trop vite les incertitudes le tenaillaient à nouveau. Lui qui n’avait guère plus que sa carrière dans sa vie, venait de tout foutre en l’air.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 18 Déc - 23:38



    Quand de mes lèvres tu t´enlèves, un goût amer
      me rappelle que je suis au ciel.

Spoiler:
 

Le claquement de la porte de la salle de bain ramena Juliet à la triste réalité. Elle posa ses coudes sur ses genoux et enfouit son visage entre ses mains tremblantes. La jeune femme savait parfaitement qu’Ezéchiel était un agent qui se différenciait des autres de par le flegme légendaire dont il faisait habituellement preuve. Habituellement… J. se frotta le nez du dos de sa main avant de continuer à ruminer. A vrai dire, elle ne s’était pas attendue à une telle réaction ; l’espèce d’armoire à glace qui avait franchi le seuil de leur chambre l’avait chamboulée sur le moment à cause de sa stature imposante et puis le sentiment vif de terreur s’était automatiquement apaisé lorsqu’il avait disparu. Apparemment, Ezéchiel ne s’était jamais pris une seule remarque déplaisante de sa vie. Il n’allait pas perdre son boulot, Juliet en était convaincue. Combien de fois l’avait-on prévenue de se tenir correctement ? Combien de fois avait-elle balayé ces douces recommandations d’un revers de main ? Pourtant, elle était toujours là, à travailler de la manière qu’elle souhaitait sans trop savoir ce que ça lui apportait de bon.

Elle releva le nez lorsqu’Ezéchiel surgit hors de la salle de bain. Son visage fatigué exprimait une profonde lassitude qu’elle ne savait dissimuler. S’il avait l’intention de lui faire une scène à cause de leur collègue qui avait dramatisé à fond la situation, elle était bien capable de le faire taire d’un coup de genou bien placé. Un fin sourire étira ses lèvres mais celui-ci s’effaça aussitôt lorsqu’il dit exactement ce qu’elle ne voulait pas qu’il dise. Je voulais pas que ça se passe comme ça… Juliet sentit un puissante chaleur se diffuser sur son visage et son ventre se tordit violemment. Elle porta ses mains à son nombril afin d’apaiser la douleur tout en remarquant qu’E. évitait soigneusement son regard. Sa gorge se serra et les larmes brouillèrent passablement sa vue. Elle eut un mal fou à déglutir mais cela ne l’empêcha pas de se lever. Les poings serrés, elle passa près de son amant et s’enferma dans la salle de bain. Elle s’adossa à la porte un court moment avant de se placer devant le miroir qui lui renvoyait un image qui aurait pu faire trembler Dracula. Fébrile, elle balaya quelques mèches folles à l’aide de sa brosse à cheveux et se glissa sous la douche après s’être débarrassée de ses vêtements.

L’eau brûlante lui fit un bien fou et elle put enfin laisser libre cours à ses larmes qui roulaient le long de ses joues. Elle s’extirpa hors de son petit oasis, ennuyée de se rendre compte que son mal était toujours présent. Ezéchiel l’avait blessée. Une nouvelle fois. Elle croisa son propre regard dans le miroir et étouffa un sanglot. Elle porta sa main à sa bouche et courba le dos, posant son autre main sur le bord humide de l’évier. Sa poitrine se soulevait avec violence. Reprenant peu à peu son calme, elle ramassa ses habits et sortit hors de son antre. Juliet baissa les yeux au sol en traçant jusqu’à sa valise. Elle laissa tomber ses friperies à terre avant de fouiller dans ses affaires. Satisfaite, elle enfila un petit haut noir moulant ainsi qu’une petite jupe blanche qui laissait deviner ce qu’elle cachait, à même la peau. Finalement, elle se tourna vers Ezéchiel et vociféra. « Si tu ne voulais pas que ça se passe comme ça, et j’en suis bien désolée, tu n’avais qu’à contrôler ta libido. » Finalement sa voix était partie dans les aigus et, craignant une nouvelle crise de larmes qu’elle n’aurait pas su assumer devant E., elle se massa le front avant de retourner dans la salle d’eau. Elle ne prit pas la peine de fermer la porte. Juliet força sur le maquillage avant d’être pleinement comblée par ce qu’elle avait fait mais ses yeux restaient sombres. Ternes.

Une nouvelle fois, elle sortit. Cependant ce qu’elle extirpa de sa valise la fit toussoter, relativement gênée. Elle plaça son arme dans son sac à main, parfaitement consciente qu’elle allait bientôt faire capoter la mission. « Je vais chez le voisin d’en face. » Railla-t-elle en désignant du pouce la suite qui faisait face à leur propre chambre « Comme ça, ta carrière ne sera pas compromise à cause de ta connerie. » Cracha Juliet en enfilant ses bas, assise sur le lit, manquant de les filer étant donné la violence avec laquelle elle les enfilait. Elle avait du mal à se rendre compte que les draps défaits les avaient accueillis tous les deux, étroitement enlacés. Comment pouvait-il être aussi égoïste ? « Si je donne une bonne raclée à cette enflure, on oubliera totalement ton petit moment d’égarement. Ils se concentreront sur moi et sur mon caractère effrayant de sociopathe. J’espère que ce petit geste te fera plaisir. » Certes, J. était bien incapable de se gérer elle-même alors donner quelques coups à un trafiquant semblaient être une épreuve insurmontable. Cependant, ses gestes étaient dictés par quelque chose de fourbe. Sa fierté mal placée.

Et toi J., pourquoi être aussi dramatique ?

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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Jeu 23 Déc - 19:08



    Depuis le jour de la mort de son frère, Ezéchiel n’avait plus jamais agit de manière inconsidérée. Le moindre risque qu’il avait su prendre avait été calculé. Jusqu’à cette nuit où il avait totalement perdu pied, se rendant compte enfin que c’était ce dont il avait toujours eu besoin. Bien sûr il craignait également pour sa carrière, parce que c’était la seule chose qu’il avait été capable de construire et sur laquelle il croyait avoir un certain contrôle. Même son mariage, pour lequel il s’était démené et s’était attaché à être ce qu’on voulait bien qu’il soit, avait été un terrible fiasco. A l’époque il aurait juré être amoureux de sa femme. Aujourd’hui il n’en était plus réellement sûr et il comprenait, bien des années après, ce qui avait poussé la jeune mariée à chercher du réconfort dans les bras d’un autre. Ils partageaient des repas, il lui ramenait des fleurs chaque fois que le ton montait, ils partageaient même le même lit mais jamais ils n’avaient eu d’intimité. Pour preuve, il s’était toujours enfermé dans la salle de bain, refusant de partager de tels moments. Mais ses inquiétudes se bornaient à ça. S’il lui avait été donné une chance de revivre cette nuit, il aurait agit de la même façon, ou mieux s’il était possible de le faire.

    Aussi il fut troublé quand Juliet alla s’enfermer dans la salle de bain, car l’expression qu’il capta sur son visage lui tordit les entrailles et lui fit regrette de s’être emporter aussi facilement sans considérer l’impact que pouvaient avoir de telles paroles. Il croyait avoir vu des larmes dans les yeux de la brunette, mais espérait que cela ne soit qu’une illusion. Il ne voulait pas la blesser. Déstabilisé il resta planté comme un piquet au milieu de la chambre, tout énervement l’ayant déserté, le temps qu’elle se lavait. Il fut incapable du moindre mouvement, même quand elle sortit de la douche et quand elle passa près de lui il allongea le bras trop tard pour l’attirer à lui. Et sans doute l chance fut-elle de son côté ce coup là car quand elle hurla il se demanda comment aurait été prit un tel geste. Esquissant une moue il se dit qu’elle avait raison, il aurait du savoir rester maître de lui-même mais elle l’avait rendu complètement fou. Seulement il aurait préféré qu’on lui arrache la langue plutôt que de l’avouer, il n’était pas prêt à une telle confidence.

    Silencieux il la vit retourner dans la salle de bain pour se maquiller comme un camion volé. Là aussi il jugea que tout commentaire serait superflu. Surtout qu’il souhaitait sortir de cette chambre en un seul morceau. Il la laissa s’agiter comme ça sans rien, ni même bouger, jusqu’à ce qu’elle lui fasse part de son plan. Où elle voulait en venir il ne le savait pas réellement mais il était conscient de l’avoir blessée en exprimant ainsi ses doutes à voix haute. Après réflexion il se rendait compte que ses propos pouvaient largement être pris de travers. Si les rôles avaient été inversés, il n’aurait pas été moins énervé qu’elle. Réduisant la distance qui les séparait en enjambées rapides, il tomba à genoux devant elle et l’immobilisa en posant sa main droite sur sa cuisse. De l’autre il agrippa son menton et orienta son visage pour qu’elle soutienne son regard. Il était important qu’ils se comprennent cette fois.

    « Tu ne vas rien faire du tout. On va s’en tenir à ce qu’on nous a demandé de faire, histoire de ne pas nous enfoncer encore plus. Il est hors de question que tu prennes le moindre risque pour moi. Et si pour ça je dois finir par vendre des hamburgers, alors je deviendrais le roi du double cheese. » Il fit une pause, en profita pour relâcher son visage. Maintenant arrivait le moment le plus difficile pour lui. « Quand je disais que je ne voulais pas que ça se passe comme ça c’est que… » Il déglutit difficilement. Comment laisser sortir des mots qui ne voulaient pas se faire une place dans son esprit ? « Oui j’aurais aimé être capable de me contrôler… » Souffla-t-il, ses joues prenant une légère teinte rosée. Il ne savait pas comment cela avait été vécu du côté de Juliet. Pour lui ça avait été une véritable libération. Comme si toutes ces émotions s’étaient fait une place dans son subconscient et qu’elle avaient été brusquement relâchées. Seulement oui, il avait agit de manière inconsidérée. « Pourtant je ne renie rien. J’aurais simplement voulu que les choses soient différentes dans le sens ou… Juliet j’aurais voulu pouvoir vraiment profiter de tout ça et pas juste… J’aurais préféré que ce soit un moment à nous… qu’on n’ait pas à… » Il fit une nouvelle pause, sans doute conscient de ce que ses paroles devaient signifier. « Je sais pas peut-être que je t’aurais emmenée au restaurant ou… » Plus sérieusement ils seraient sans doute restés enfermés pendant trois jours à faire l’amour comme des bêtes et se nourrir de chips et de beurre de cacahouètes. « Tu… » il acheva en soupirant, incapable d’ajouter un mot de plus.

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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 24 Déc - 1:09



Elle aurait aimé l’étrangler de ses propres mains et lui broyer les couilles jusqu’à ce qu’il lui demande pardon. Cependant elle était bien trop concentrée sur sa paire de bas qu’elle s’acharnait à vouloir enfiler, roulant sur le flanc avant d’en enfiler un, se tortillant pour passer l’autre. De temps à autres, Juliet pensait quand même à lancer à Ezéchiel des regards lourds de reproches qui signifiaient clairement qu’elle n’avait aucune envie de lui parler. Cependant elle ne put retenir un petit sourire lorsqu’il tomba à genoux devant elle. Pas très prolixe sur le moment, la jeune femme laissa Ezéchiel s’exprimer à sa guise, remarquant à peine ses pommettes qui prenaient une teinte rosée. A vrai dire, elle était concentrée sur la chaleur et la nudité de son corps. A force de soutenir son regard azuré, elle eut les larmes aux yeux et se dégagea légèrement afin de se les essuyer d’un revers de main mais reporta toute son attention sur son amant qui n’en finissait pas de bafouiller. Ses mots lui tirèrent néanmoins un petit gloussement d’amusement tant sa gêne se faisait palpable. L’idée qu’elle se faisait d’une soirée romantique défiait, et de loin, la gravité terrestre. Restaurant, cinéma… Elle ne s’intéressait pas à ce genre de choses même si elles avaient leur charme. Elle devait l’avouer, avoir un homme prêt à se plier en quatre pour satisfaire le moindre de ses désirs lui plaisait. Juliet n’était pas certaine qu’E. soit le genre d’homme à baiser ses pieds ou à lui faire un massage dès qu’elle se plaignait d’une douleur.

Il finit par se taire, à bout d’arguments. Ou tout simplement lassé de tout faire passer par la parole. Juliet soupira mais ne souffla mot. Elle baissa les yeux vers Ezéchiel, se pencha et posa ses lèvres entrouvertes sur son front. Elle passa ses bras derrière la nuque du jeune homme et enfouit son visage au creux de son cou. Elle y déposa quelques baisers et ferma les paupières. Elle le comprenait mais, sans réellement savoir pourquoi, l’once de colère qu’elle avait ressentie quelques minutes plus tôt ne l’avait pas totalement désertée. Elle dût se rendre à l’évidence qu’elle était bien plus désinvolte qu’E. au niveau de leur travail. Si elle n’avait cure de détruire sa carrière, il n’en était pas de même pour Ezéchiel. Juliet devait accepter le fait qu’ils ne soient absolument pas sur la même longueur d’onde sur ce point là.

Ceci étant dit, Ezéchiel avait le don de la déstabiliser. Elle découvrait constamment un nouveau personnage. L’adolescent taquin était bien loin et, parfois, cette période lui manquait. Ils étaient si proches l’un de l’autre, même lorsqu’ils se lançaient des vannes ou se narguaient. Leurs petites rixes lui manquaient en somme. Désormais, Juliet ne savait que dire ni que faire. Toujours trop effrayée à l’idée qu’il ne s’éloigne d’elle à cause d’un mauvais geste. Elle se redressa légèrement et posa doucement son front contre celui d’E., son pouce parcourant sa fossette. « N’essaie pas de te justifier,… j’ai mal saisi le sens de tes propos, c’est tout. » Elle tenta de sourire mais le résultat ne fut absolument pas concluant. Elle décida alors de dire ce qui la tracassait même si la perspective de prononcer ces mots lui donnait mal au cœur par avance. « Tu sais... je ne me fais pas d’idées. Je t’ai toujours aimé mais la réciproque n’a jamais été là. » J. se redressa avant de porter son regard vers un fauteuil. Elle passa ses paumes sur ses joues et eut un mal fou à déglutir.

« Il faut que je te dise... » Souffla-t-elle en joignant ses mains en signe de prière. « Ecoute, si je ne suis qu’une histoire de sexe, dis-le moi maintenant. D’accord ? » Elle posa ses mains sur ses épaules et raffermit sa prise tant et si bien que ses phalanges blanchirent légèrement. « J’ai pas envie de m’imaginer des trucs… Tu vois ? Quand t’es parti, je.. en fait, je ne pensais pas que t’allais partir. Je pensais que tu allais rester avec moi.. tu sais.. je m’imaginais déjà dans une petite maison en banlieue, avec une armée de bébés ou de chiens. » Elle sourit, nostalgique mais terriblement sincère. « Tu m'as fait mal. » Avoua-t-elle en se massant la nuque. « Et si tu comptes partir à nouveau, je ne pense pas que je le supporterai. Tu me comprends, Ezéchiel ? » Sa voix se brisa tandis que les larmes commençaient à rouler sur ses joues. Ses pommettes avaient rougi sous l'effet de l'excitation que lui apportait de telles confidences mais la sensibilité dont elle voulait faire preuve n'était noyée sous aucune ironie.
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Dim 26 Déc - 21:35


    Rarement il avait eut autant à se dévoiler et pour une fois Ezéchiel n’était pas peu fier de ses efforts. S’ils apparaissaient minimalistes à certains, pour quelqu’un qui l’avait suffisamment fréquenté, il pouvait se rendre compte à quel point il avait essayé de partager ses sentiments. Pas très habile en matière de relations, le jeune homme en était encore à ses balbutiements affectifs. Il lui avait fallu remettre beaucoup en cause lors de son divorce et après bien des années il avait comprit que si les choses n’avaient pas fonctionné correctement c’est parce qu’il n’avait pas été assez sincère. Avec Juliet c’était différent, il avait envie de passer ce blocage qui s’était imposé à lui à la mort de son frère et la laisser pénétrer dans son jardin secret. Il savait que ça comportait des risques mais à sa manière il croyait la jeune femme suffisant éclairée pour reconnaître cette chance et ne pas la briser. Il se disait que cette chose si spéciale qui les unissaient ferait le travail à leur place et qu’ils n’auraient qu’à être heureux ensemble. Il crut même que c’était gagné quand, vaincue, elle posa ses lèvres sur son front, un peu à la manière dont on aurait béni un gosse. « Je t’ouvre les cuisses du paradis Ezéchiel… amen. ». Il retrouva avec plaisir le contact du corps de Juliet contre le sien, et la légèreté de ses baisers qui faisaient naître des frissons dans tous ses membres. Elle allait le rendre fou. Ivre de bonheur.

    Appréciant la sérénité qui s’était à nouveau installée entre eux, il laissa ses mains vagabonder sur les cuisses de Juliet. Dans ses bras il se sentait comme le plus puissant des hommes, comme si le simple fait de la posséder lui octroyait un statut spécifique. Il était pourtant toujours le même homme et il se rendit compte que c’était simplement le bonheur qui l’avait frappé. Il avait été sot de disparaître après le lycée mais en prenant du recul on pouvait comprendre à quel points ces années loin d’elle l’avait été à mieux prendre conscience de l’instant présent. Sans souffrance il n’aurait jamais pu apprécier la douceur de ce moment là, et cet état de béatitude dans lequel il se trouvait. Il esquissa un sourire, creusant d’avantage la fossette qu’elle caressait. Et puis l’immensité de sa connerie le frappa de plein fouet. Il crut tomber des nues quand elle affirma qu’il ne l’avait jamais aimée. Sombre crétin, était-il à ce point stupide pour ne pas avoir vu à quel point elle se trompait sur lui ? Soufflé il resta à genoux alors qu’elle s’était éloignée. Un vide immense venait de l’emplir. Ils ne se comprenaient pas. Ils n’avaient jamais réussit à s’entendre.

    Il leva un regard vers elle mais son corps ne lui appartenait plus. Pas plus que son esprit. Sous le choc, il avait l’impression de regarder la scène depuis un autre point de vue. Alors qu’il bataillait avec ses sentiments, elle les piétinaient tout bonnement. Blessé, il fronça les sourcils et baissa les yeux, incapable de faire face à la terrible vérité. Elle le prenait juste pour un excité de plus, qui lui avait sauté dessus parce qu’il en avait eu l’occasion. Une fois de plus il était accablé par cet espoir qu’elle avait mis en lui et auquel il ne savait pas répondre. Il aurait eu besoin de temps, pour arriver à dire ce qu’il ressentait mais elle le mettait au pied du mur et il se sentait piégé. Il était dévasté de savoir qu’il lui avait causé autant de souffrance, que des années et des années après elle semblait toujours en souffrir avec une vivacité qui le laissait pantois.

    Et le pire arriva quand les larmes se mirent à dégringoler de ses joues. Il ne savait pas quoi faire face à une telle réaction et une véritable sensation de panique s’empara de lui. Il aurait voulu la prendre dans ses bras mais nu comme un vers il doutait que ce soit le bon message qu’il transmette. Et puis accepterait-elle seulement ce qu’il avait à dire ? Malgré ses efforts elle s’était persuadée qu’il n’avait jamais rien éprouvé pour elle, comment parviendrait-il à lui faire changer d’avis ? Et surtout en était-il capable ? « Je comprends. » Se redressant il agrippa rapidement le jean qu’il portait la veille pour l’enfiler et il mit également un t-shirt. Ses fesses roses de bébé cachées à son regard, il se sentait moins démuni mais toujours pas suffisamment prolixe pour lui déclarer sa flamme.

    « Ce n’est pas mon genre. Le sexe pour le sexe. » Se défendit-il, l’air toujours renfrogné et maladroit. Il croisa les bras, se sentant comme une pucelle de laquelle on avait abusé. Il était touché et embarrassé par ses larmes. Perdu face à ses sentiments. Il ne savait comment il avait pu lui inspirer de telles choses alors qu’il avait fait son possible pour ne pas se rapprocher d’elle. Il ne pouvait pas se permettre de perdre quelqu’un d’autre. Quelque part il était toujours ce gosse, qui n’avait pas accepté la disparition de l’être humain le plus proche de lui. « J’aimerais autant que tu arrêtes de t’entêter à faire les questions et les réponses. Je n’ai peut-être pas pensé à l’armée de bébés mais… » Une nouvelle fois il fut incapable de finir sa phrase. Il détestait se sentir aussi faible, à la merci de quelque chose qu’il ne contrôlait pas. Il se rendait compte qu’il était particulièrement froid à réagir de cette façon mais il ne pouvait plus faire un pas en avant et la prendre dans ses bras. « Je n’aurais… Je n’aurais jamais du je suis désolé. »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 28 Déc - 19:18



Au moins, il la comprenait même si l’attitude qu’il affichait contrastait légèrement avec ses paroles. Juliet restait affalée sur le lit, cherchant du regard un paquet de mouchoirs qui lui aurait été d’une grande utilité. Elle essuya ses pommettes humides d’un revers de main rageur et toisa son amant avec dédain. Il s’était habillé pour passer à l’attaque et ce qu’il lui dit, essentiellement concernant l’armée de bébés, la fit glousser. Néanmoins elle resta un moment interdite : s’entêtait-elle réellement à faire les questions et les réponses ? Elle croisa le regard d’Ezéchiel et passa ses paumes sur son ventre, essayant de s’imaginer avec un enfant dans les bras. Juliet ne put cependant pas s’empêcher d’afficher un long sourire carnassier ; comment pourrait réagir Ezéchiel si jamais elle clamait haut et fort qu’elle était enceinte de lui ? Elle entortilla nerveusement une mèche brune autour de son index tout en y réfléchissant. Mais ces sortes de réflexions lui faisaient plus de mal que de bien car, parti comme c’était parti, leur semblant d’histoire commençait sur les fils du rasoir. Ils n’avaient réussi à s’entendre sur quoi que ce soit, ils ne s’étaient jamais compris. Juliet adorait cette relation houleuse car c’était là le seul lien qu’elle pouvait entretenir avec Ezéchiel sans se poser de questions sur l’avenir. Ses poings se contractèrent nettement alors que le jeune homme soufflait de plates excuses mais elle n’eut d’autre choix que d’hocher lentement la tête, ultime signe pervers d’une défaite sans précédent.

« Non, non. C’est bon, inutile de t’excuser. » Souffla-t-elle en se levant d’un air parfaitement digne, un de ses bas se trouvant à mi-mollet et les joues inondées de mascara. Finalement, elle préféra se rasseoir afin d’éviter toute sorte de dérapage pendant son petit moment dramatique. Au final, Juliet se dégonfla, n’étant pas réellement d’humeur à beugler son tendre amour pour Roméo-Ezéchiel et à dénoncer par la même occasion son comportement de mufle qui n’avait absolument rien de charmant. « Disons que... Merde à la fin ! On parlera de ça une prochaine fois. Quand t’auras assez de temps pour me caser dans ton emploi du temps. » La jeune femme hocha la tête d’un air décidé avant de se lever et de foncer vers les ordinateurs devant lesquels elle s’installa, prête à s’endormir devant ces cibles mouvantes qui roupillaient en paix. Finalement elle se massa le front de ses deux mains et finit par soupirer, le visage caché sous ses doigts tremblants. Lorsqu’elle finit par lever son regard vers les écrans, J. s’extirpa de son siège et saisit le combiné du téléphone avant de le porter à son oreille. « Un tajine de poulet... Pour deux, s’il vous plaît. Chambre 15, c’est ça. Merci. »

Se glissant derrière Ezéchiel, elle passa ses bras autour de sa taille et colla sa poitrine à son dos. Elle posa ses lèvres sur son t-shirt, au niveau de son épaule avant de remonter jusqu’à sa nuque. « Pardon. Je ne voulais pas être désagréable. » Elle enfouit son visage dans le creux de son cou, n’oubliant toutefois pas que la situation restait tout de même relativement houleuse entre eux deux. Cependant, si elle devait se faire violence afin d’obtenir ce qu’elle voulait, elle pouvait bien refouler toutes ses sombres pensées et ses grandes interrogations sur l’existence. Elle l’avait perdu une fois et elle ne supportait pas l’idée de le laisser partir une seconde fois. Certes, elle était très sentimentale au fond et les histoires dramatiques la tenaient constamment en haleine. Etait-ce pour cela qu’elle avait une légère tendance à confondre fiction et réalité ? Juliet resta immobile, ses lèvres parcourant avidement le tissu qui recouvrait le corps d’Ezéchiel. « Tu m’en veux ? » Amusée par le ton juvénile qu’elle adoptait, elle se détacha de son amant après avoir activement caressé ses bras.

S’installant devant les écrans de surveillance, elle était pourtant tournée vers Ezéchiel. Attendant patiemment que la tempête s’acharne sur elle. Il était clair que cette demoiselle était pour le moins délicieusement lunatique. Il était tout aussi évident que cela pouvait être agaçant.
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 28 Déc - 22:20


    Le pire dans cette histoire était qu’il la trouvait séduisante, même fringuée comme la dernière des catins et les joues noires de maquillage. Il aimait ce mélange de maladresse et d’espièglerie qui la définissait entièrement et pourtant… Il abhorrait la voir passer d’une émotion à une autre, sans constante, et surtout sans explication. Lui qui était plutôt carré dans sa manière de faire, pour ne pas dire psychorigide, était complètement perdu face au tourbillon d’émotions qu’était Juliet. Alors non seulement il était incapable de trouver les bons mots pour rassurer la jeune femme, mais son attitude le rendait encore plus perplexe. Il avait cru qu’elle attendait des excuses de sa part, mais au vu de son attitude il avait fait fausse route. Le pire fut sans doute la remarque suivante, car il ne savait exactement quel reproche elle lui faisait. Tout ce qu’il savait c’était qu’il n’aimait pas réellement le ton qu’elle prenait avec lui. Quoi qu’il ait fait depuis le début, il avait le sentiment d’avoir commis une erreur et il craignait d’ajouter encore à sa longue liste de conneries. Pourquoi diable avait-il accepté cette mission ? Entrer dans l’intimité d’une femme était la pire chose qui pouvait lui arriver. De temps et de compréhension, c’est tout ce dont il avait besoin pour se sentir d’avantage en confiance.

    Tandis qu’elle allait vers l’ordinateur, il se servit un verre du minibar. Il était quoi ? Peut-être 10 du matin ? En réalité il ne savait plus trop où il en était et comme souvent, l’alcool était une réponse facile à son malaise. Il avala le verre d’une traite et s’en servit un deuxième. Puis un troisième, en faisant claquer sa langue avec une certaine aigreur. Déjà il avait l’impression que sa langue s’engourdissait, et cela estompait le bourdonnement continuel de ses pensées depuis qu’il avait osé succomber à la tentation. Il l’écouta commander un tajine, sans encore une fois tenir compte de son avis, et il se fit la réflexion que si tout allait de travers, il n’était pas le seul à être en tort. Connaissait-elle seulement l’effet du curry sur son système digestif ? Une catastrophe. Un second Hiroshima.

    Il écarquilla les yeux quand il sentit deux globes fermes venir se plaquer dans son dos. Même à travers le tissu de son t-shirt il sentait la chaleur de son corps et il n’en fallut pas plus pour que son sang se mettre à bouillir. Les poils de sa nuque se hérissèrent quand elle souffla des mots à son oreille et il perdit pendant quelques instants le compte des secondes. Comment pouvait-on être à ce point chaviré par un simple contact ? S’il lui en voulait ? Bien sûr. IL la détestait pour lui être devenu si essentielle. Il s’en était très bien sorti le temps qu’elle avait été en dehors de sa vie. Il était presque parvenu à l’oublier. Et voilà qu’elle était de retour et elle réveillait des sentiments qu’il ne se connaissait même pas. Comment diable pouvait-il espérer s’en sortir ? Il la sentit s’éloigner et il lui en voulu aussitôt d’avoir réveillé le manque au creux de ses reins sans lui donner l’occasion de le nourrir. Il aurait voulu se sentir soutenu, comme porté, par la conviction qu’elle semblait nourrir pour deux.

    Dans la poche de son jean il trouva des cigarettes et s’en alluma une aussitôt, tirant une bouffée de nicotine comme si sa vie en dépendait. Il fallut quelques instants avant qu’une certaine torpeur s’empare de ses membres et qu’il se sente assez solide pour lui faire face. « T’en vouloir ? Mais de quoi Juliet ? De ne pas savoir ce que tu veux ou de me faire tourner en bourrique ? » Entre deux taffes de cigarette il avala son troisième verre, qu’il fit claquer, vide, sur une commode.

    « J’ai l’impression que tu joues avec moi. Tu ne parles que de la souffrance que je t’ai causée quand je suis parti dans ta vie. As-tu seulement une idée de celle que tu m’as causée en entrant dans la mienne ? Tu n’as jamais lâché le morceau, pas une seule seconde. Et quand je suis là tu ne fais que me repousser. Et il a fallu que je sois assez stupide pour que je réponde à tes avances. Et tu sais quoi ? Au fond ça t’arranges parce que tu peux ressortir ton rôle de la petite fille blessée abusée par le grand méchant loup. Tu ne t’es jamais vraiment demandé si j’avais des sentiments pour toi. Tu t’es simplement persuadée du contraire. Tu ne m’as jamais demandé de rester Juliet. Tu me mets seulement au pied du mur devant des choses pour lesquelles je ne peux plus rien. »

    Il se servit un quatrième verre, mais plutôt que de l’avaler tout de suite il fit rouler le liquide à l’intérieur. « Oh oui je t’en veux. D’avoir autant de pouvoir sur moi. »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Jeu 30 Déc - 14:03



Les yeux écarquillés, Juliet écoutait Ezéchiel. C’était à croire qu’il voulait absolument se faire arracher la tête tant ses paroles la chamboulaient. Il choisissait ses mots avec un soin tout particulier, c’était clair. Ou bien l’alcool qu’il ingurgitait lui faisait complètement tourner la tête. A l’heure actuelle, la jeune femme penchait vers la deuxième option mais la fureur déposa un voile devant son regard fixe. Sa mâchoire se serra lorsqu’E. acheva son monologue sur un ton parfaitement dramatique en faisant rouler le liquide à l’intérieur de son verre. Ses phalanges se crispèrent autour des bras du fauteuil, tant et si bien qu’ils n’allaient pas tarder à céder si elle raffermissait encore plus sa prise. Avec un soupir excédé et clairement exagéré, elle se remit sur pieds en frictionnant ses paumes l’une contre l’autre avant de croiser les bras. Juliet avait envie de claquer sa joue jusqu’à ce qu’il en saigne ou bien le balancer du haut de l’Empire State Building. Mais cela n’arrangerait strictement rien si elle agissait de la sorte. En désespoir de cause, elle tourna les talons et colla son front à la vitre. Ses joues étaient encore noires de mascara et sa jupe n’en cachait pas assez pour que sa dignité soit sauve. Un long soupir s’échappa de ses lèvres, son souffle forma une longue buée sur la glace et elle se concentra essentiellement sur ces traces. Il fallait diriger son esprit sur autre chose que sur la personne qui partageait sa chambre.

« Je ne joue pas avec toi. Je me demande même comment tu oses penser ça. » Cracha-t-elle d’un ton dédaigneux en se tournant légèrement vers son amant, les sourcils plissés. « Je ne sais pas comment me comporter avec toi, en réalité. C’est dur pour moi, ça doit l’être aussi pour toi, je m’en doute… » Elle passa sa main sur son cuir chevelu avant de faire glisser sa paume sur ses pommettes souillées. « Je suis désolée si je t’ai apporté de la souffrance en entrant dans ta vie. » A savoir qu’elle aurait pu rajouter qu’il était tout aussi facile de sortir de son existence mais elle n’était pas capable d’être aussi désagréable surtout lorsqu’elle ne pensait pas un seul de ces mots. « Cependant, si tu avais eu le moindre sentiment pour moi, tu serais resté à mes côtés. Ni plus, ni moins. Je n’avais pas à te supplier. » Elle s’adossa à la vitre, bras croisés et sourcils plissés. « Je n’ai aucune envie de te repousser, Ezéchiel. Et si tu penses le contraire, ça veut dire qu’il te reste beaucoup à apprendre. »

Même avec la moue renfrognée, E. continuait à l’attirer dangereusement. Elle n’était pas capable de se rassasier de sa présence même si cela signifiait s’engueuler à longueur de temps. En période de crise, elle se rattachait constamment à un petit détail et en ce qui concernait Ezéchiel, elle avait le regard fixé sur sa fossette qui se creusait de frustration. Son bas-ventre se mit alors à la démanger et elle se demanda bien pourquoi. Qu’y avait-il de sexy chez un homme qui se soûlait tout en fumant des taffes de sa cigarette entre deux gorgées ? Rien, rien. De moins, c’était ce dont Juliet essayait vainement de se convaincre. Elle le rejoignit en enjambées rapides et saisit la cigarette qui n’était pas encore totalement consumée. Elle porta le filtre à ses lèvres et aspira une longue bouffée de nicotine ; la tension qu’elle émanait était relativement palpable et rien de mieux qu’une petite cigarette pour évacuer toute la crispation qui prenait peu à peu possession de ses membres. Elle était plongée dans une agréable torpeur et l’engourdissement de ses jambes la fit légèrement vaciller mais elle tint bon et toisa Ezéchiel avec le plus grand sérieux.

Instinctivement, elle colla son dos au torse d’Ezéchiel, le filtre de la cigarette coincé entre ses lèvres. Elle calla le haut de son crâne dans le creux de son cou et sa bouche s’étira en un demi-sourire victorieux tandis qu’elle frottait le haut de son front contre le menton mal rasé d’E. C’était le signe qu’elle s’était nettement calmée même si une petite part d’appréhension subsistait encore et toujours.

« Tu aimes le poulet tajine ? » Demanda-t-elle brusquement en posant ses lèvres sur la gorge d’Ezéchiel même si elle devait se tordre de cou afin d’obtenir ce petit contact physique. Question banale qui n’attendait rien d’autre qu’une réponse banale.

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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 1 Jan - 0:53




    Pouvait-il être d’avantage perdu ? Il en doutait et l’alcool, devenu un vieil ami, n’aidait pas à clarifier ses pensées. Il entendait bien ce que disait Juliet, il était simplement incapable de le comprendre, comme elle se trompait sur le sens véritable de ses paroles. La tragédie dans tout ça était qu’au fond ils souhaitaient la même chose, ils ne savaient seulement pas comment tirer un trait définitif sur le passé et aller de l’avant. Car comme Ezéchiel l’avait dit, il ne pourrait jamais changer ce qui s’était passé des années auparavant. Aussi douloureux soit-il pour les deux jeunes gens, ils allaient devoir y faire face et l’accepter. Seulement, concevoir qu’on était à l’origine de son propre malheur était un exercice difficile et il l’était d’autant plus pour Ezéchiel qui, en ayant pesé chaque décision, était toujours persuadé d’avoir fait le bon choix. Tout visait à le prouver non ? N’avait-il pas merveilleusement réussit ? Silencieux le jeune homme préféra ne pas relever les nouvelles attaques de Juliet qui semblait sourde à tout ce qu’il disait. Croyait-elle qu’elle aurait eu un quelconque ascendant sur lui s’il n’avait pas été fou d’elle ? Ses sentiments étaient la seule chose qui pouvait perdre le grand brun. Le seul élément de sa vie qu’il ne parvenait pas à maîtriser et qu’il essayait de noyer. Présentement sous une tonne de vodka.

    Il abandonna sa cigarette à la brunette et fixa un point dans le vide, hagard, mais le réflexe pugnace de porter le verre à ses lèvres et le remplir à nouveau quand il se vidait trop rapidement. Les muscles raides il accueillit la jeune femme contre lu, chamboulé par ce revirement de situation. L’humeur de Juliet était incontrôlable, elle passait du rire aux larmes en un claquement de doigt et si elle n’avait pas eu un sens de la survie aussi limité elle aurait sans doute fait un excellent agent. Ezéchiel ferma les yeux quand elle se frotta à lui comme un chaton en mal d’amour et il essaya de ne pas penser aux multiples façons qu’il aurait volontiers utilisées pour lui prouver à quel point elle avait tort sur lui et ce qu’elle pensait savoir de lui. Chose difficile quand elle essayait de l’allumer en le taquinant du bout des lèvres. Agacé, dégoûté par sa brusque question, il la repoussa sans ménagement et, son verre à la main, parti se réfugier à l’autre extrémité de la pièce en crachant, mauvais. « Non ça me file la chiasse. »

    Il avait l’impression que les murs de la pièce s’étaient avancés et rester là lui donnait le sentiment d’étouffer. Pourtant habitué à rester des jours enfermés lorsqu’il devait être en planque, il suffoquait maintenant sous le regard vif de la brunette. Jamais épreuve ne lui était apparue aussi douloureuse. Il en oubliait ce qu’il ressentait vraiment. Ce qu’il avait toujours ressentit. En proie à une agitation grandissante, il balança le verre qu’il tenait en main contre un mur non loin de Juliet, même s’il était évident qu’elle n’en était pas la cible, et le dit verre éclata en milliers de gerbes de cristal et d’alcool. Gigotant dans tous les sens, il ébouriffa sa tignasse ébène jusqu’à ce qu’elle ne ressemble plus à rien. Le téléphone de la chambre eut le malheur de sonner à cet instant et il l’arracha pour le lancer à nouveau à travers la pièce et le voir se fracasser à terre avec une certaine délectation. La rage qui l’habitait semblait alors trouver un exutoire.

    Il fit signe de la main à Juliet de se tenir loin de lui, et fouillant frénétiquement dans ses poches il en extirpa à nouveau son paquet de cigarette. Il mit de nouveau la main sur la bouteille et ne s’embarrassa plus d’un verre. Tournant comme un lion en cage pendant plusieurs minutes, il marmonna des choses intelligibles pour lui seul puis sans crier gare il se laissa tomber sur le lit et sembla perdre toute conscience de ce qui l’entourait. Muré trop longtemps dans une apathie sentimentale, il avait des difficultés à faire une place à ce qu’il ressentait pour Juliet. C’était d’autant plus difficile qu’elle ne lui laissait pas le temps de faire le tri dans ses pensées, et qu’il avait fêté l’anniversaire de la mort de son frère, trois jours plus tôt. Se bataillait en lui la promesse qu’il s’était faite, et une volonté plus forte que lui, celle de briser enfin ces chaînes qu’il s’était imposées.

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 1 Jan - 16:01



Quelle poésie. Juliet écarquilla les yeux lorsqu’elle se fit repousser, se cognant le bout des orteils contre le pied d’un meuble. Elle poussa un petit gémissement avant de se retourner afin de toiser Ezéchiel d’un air clairement significatif. Elle ne soufflait mot et se contentait de rester immobile, bras ballants. Peut-être avait-elle poussé le bouchon un peu trop loin. Si elle s’était contentée de bouder pendant une heure ou deux, ils auraient pu célébrer leur réconciliation autour d’une bouteille de champagne – ou de vodka, en suivant sagement les préférences d’E. –. Elle s’apprêtait à ouvrir la bouche lorsqu’un verre s’abattit contre un mur, non loin d’elle. Juliet poussa un petit cri terrifié en observant les débris de cristal qui siégeaient désormais par terre, se mêlant au liquide qu’Ezéchiel n’avait pas cessé de s’enfiler. Elle esquissa un petit pas en arrière, certaine que si elle s’approchait un peu trop de cet énergumène, elle finirait à l’image de ce verre. Un énième gazouillis terrifié passa ses lèvres lorsque le téléphone sonna. Sous ses yeux exorbités, Ezéchiel l’arracha et l’envoya à travers la pièce. Juliet suivit son vol et posa le dos de sa main sur ses lèvres lors de son atterrissage fracassant. Elle voulait avant tout calmer E. mais ce dernier lui fit un signe qu’elle crut bon de ne pas prendre à la légère.

Les bras le long du corps, la jeune femme observait son amant tourner comme un lion en cage. Bouteille et cigarette coincées dans chacune de ses mains. Les sourcils de Juliet se froncèrent imperceptiblement. Lorsqu’on n’était pas foutu de tenir l’alcool, on évitait de boire. Néanmoins elle était incapable de prononcer le moindre mot tant sa gorge était serrée. Une boule douloureuse s’était logée dans son estomac et elle attendait patiemment qu’Ezéchiel se calme, se calme seul puisque telle était sa décision. Elle pouvait clairement entendre un petit bourdonnement qui passait les lèvres d’E. sans pour autant comprendre ce que cela signifiait. Elle ne bougeait toujours pas, restant immobile. Sage comme une image. Ou alors trop terrifiée pour ouvrir la bouche et clamer ce qu’elle ressentait à l’heure actuelle. Pour l’instant, elle se trouvait dans un vague flou artistique dont elle essayait de se défaire. Lorsque enfin Ezéchiel s’effondra sur le lit, Juliet se pencha et ramassa les éclats de verre. Inutile de préciser qu’elle manqua bon nombre de fois de s’égratigner les doigts mais, la moue toujours chamboulée, aucun juron ne vint faire trembler les murs de la chambre.

Par la suite elle remit le téléphone à sa place, ignorant royalement le fait qu’il ne fonctionnait plus et qu’il avait l’air salement amoché. Pour finir, elle se débarrassa de ses fringues de catin, jugeant que l’atmosphère était bien trop lourde pour sortir la carte du drame. Elle enfila sous-vêtements en coton qui dataient de quelques années, t-shirt blanc quatre fois trop grand pour elle et jean qui aurait eu bien besoin d’un coup de lavage. Bref, elle se mettait en condition extrême. L’air gauche, Juliet s’assit sur le lit et observa le bout de ses pieds. Lorsqu’elle jugea le moment opportun, elle se laissa tomber sur le dos et roula sur le flanc. Observant les cheveux d’ébène d’Ezéchiel, elle ne voulut pas faire le moindre geste. Finalement, elle passa ses doigts tremblants à travers ses mèches désordonnées comme aurait pu le faire une mère attentionnée. Elle caressa son dos, ses épaules, toujours terrifiée de se voir repoussée ou même propulsée à travers la pièce. A vrai dire, elle n’était pas capable de se tenir éloignée de lui lorsqu’il se trouvait dans cet état quelque peu… pitoyable puisque tel était le bon mot.

Elle n’eut pas l’idée de le débarrasser de cette bouteille qui avait fait de lui une sorte d’Hulk. « Ezéchiel… » Fut l’unique mot qu’elle réussit à prononcer avant que le reste de sa phrase ne soit brisé dans sa faible intonation. Finalement, elle se remit sur le dos, paupières fermées, oubliant totalement CONTROL ou le trafiquant qui devait danser la bamboula dans la suite qui leur faisait face. Elle n’en oublia pas Ezéchiel pour autant. Ezéchiel qui cuvait son malheur comme une pauvre épave tandis que Juliet ne faisait rien pour l’arranger, c’est certain. Elle se jura alors de ne plus remettre le sujet des sentiments et de ce fameux passé qu’ils avaient en commun. Ils étaient vierges de toute animosité tous les deux. Un petit gloussement prit la jeune femme mais pas assez puissant pour qu’il puisse venir aux oreilles d’Ezéchiel. « Pardon. » Elle mettait de côté ses doutes légers si cela signifiait le perdre lui ou bien voir la chambre se faire fracasser de part en part. « Pardon. » Répéta-t-elle en joignant ses mains sur sa poitrine, le regard fixé sur la lampe qui trônait près du lit.


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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 4 Jan - 0:11



    Peu fier de son comportement Ezéchiel passa sa main sur son visage comme pour en effacer les mauvaises pensées qui s’y accrochait encore. Le goût âcre de l’alcool plombait sa langue et le rendait sourd et aveugle au supplice de Juliet. Il est certain qu’il ne devait pas offrir un spectacle très engageant, pour une fois il avait perdu la maîtrise de ses gestes, de son image et de ses pensées et le marasme dans lequel il s’embourbait ne semblait pas lui laisser une seule issue. Le contact froid de la bouteille contre sa paume l’écœura et il préféra la lâcher. Elle atterrit sur la moquette dans un bruit mat et roula sur quelques centimètres et il laissa ses deux mains pendre comme deux appendices inutiles. Entre son index et son majeur droit la cigarette se consumait lentement. La cendre tomba entre les poils duveteux du revêtement de sol et il l’écrasa du talon pour empêcher qu’elle ne s’enflamme. Il eut à peine conscience de la présence de Juliet à ses côtés tant qu’elle ne vint pas se presser contre lui pour l’étouffer de toute son attention. Il apprécia son contact mais fut incapable d’y répondre.

    Il avait la sensation d’être en train de se noyer. Il ne savait pas où il se trouvait, ni ce après quoi il courrait. Il savait seulement que le sol se dérobait sous ses pieds et il avait beau lutter il ne voyait plus jamais la lumière du jour. Il n’était pas prêt à baisser les bras, mais ne savait plus vraiment pour quelle raison il se battait. Il avait perdu de vue ses envies. Il était en train de dégringoler. Il s’était perdu. Il voulait viser les étoiles, mais ses pieds étaient embourbés dans le sol. Pourquoi est-ce qu’il essayait seulement de lutter ? Il savait pertinemment que ses efforts ne mèneraient nulle part. Il s’était lui-même appliqué à se saboter. Il voulait sa perte. Il l’attendait.

    Il entendit les excuses de Juliet et sa gorge se contracta. Etait-ce seulement à elle de les présenter ? Il n’était plus certain de rien. Il avait vaguement l’impression d’être le salaud dans l’histoire mais au fond il n’avait rien fait de plus que de se protéger. Juliet représentait le risque le plus énorme qu’il n’ait jamais prit parce qu’il ressentait réellement quelque chose pour elle. Des sentiments qui étaient même destructeurs. Pour lui, comme pour elle. Parce qu’il n’était pas certain d’être capable de l’aimer comme elle le demandait. N’avait-il pas déjà essayé le coup de la maison en banlieue et du mariage ? Pour un résultat plus que mitigé. On ne pouvait pas dire qu’il avait nagé dans l’extase. Il ne voulait pas que Juliet devienne comme son ex femme, une chose désabusée qui finirait par aller voir ailleurs. C’était quelque chose qu’il ne supporterait pas. Il ne pouvait la perdre. Serrant le poing il le pressa contre ses lèvres blêmes. Il avait beau lutter, l’idée s’était faite un chemin dans son esprit et ne lui laissait plus de répit. Voilà ce qu’on gagnait à s’exposer.

    « C’est moi qui suis désolé. Je ne peux pas faire ça. » A travers la broussaille de sa barbe de trois jours une larme se traça un sillon. Elle sembla brûler sa peau.

    « Tu es un vrai danger public tu le sais ça ? Tu te ferais tuer en deux secondes si on t’en donnait l’occasion. Et je ne peux tout simplement pas supporter cette idée. Tu comprends ? C’est ce que j’ai essayé de faire pendant toutes ces années, te repousser. J’espérais que si je me forçais à ne pas penser à toi. Et par extension à nous. Alors je finirais par t’oublier. C’est pour ça que je ne suis pas resté. Et pour un tas d’autres raisons. Je m’étais fais la promesse de ne pas me laisser avoir et tu sais quoi ? Tu n’es pas quelqu’un qu’on peut oublier Juliet Ainsworth. Je me bats avec le souvenir de toi depuis que j’ai touché ta peau. Je suis fatigué. Fatigué d’attendre. Et pourtant je ne suis pas prêt à laisser tomber. Je m’enfonce et je voudrais que tu me rendes ma liberté. »

    Et il souffla à bout de force. « Parce que je ne peux pas te perdre toi aussi. »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mer 5 Jan - 22:51



La jeune femme eut un mal fou à déglutir. Ses traits se tordirent de douleur lorsqu’elle aperçut une larme rouler sur la joue d’Ezéchiel avant de se perdre dans la broussaille qui ornait le bas de ses joues. Le cœur de Juliet se serra violemment et elle dût se retenir afin de ne pas passer ses phalanges sur la peau du jeune homme afin d’éprouver l’humidité qu’avait laissé le pleur. Au lieu de cela, elle resta allongée, le dos parcouru par de désagréables petits frissons. Les mots qu’il prononça lui firent froncer les sourcils. Danger public ? Elle ? Certes, elle commettait quelques petites erreurs de temps en temps mais de là à dire qu’elle risquait de se faire tuer dès qu’on lui en donnait l’occasion. Il n’était pas le premier à lui dire cela. Mais elle n’était pas prête à voir l’évidence qui lui crevait pourtant les yeux. Si ses coéquipiers l’abandonnaient alors oui, son existence pouvait être même plus brève que celle d’un papillon suicidaire. Cependant il ne fallait pas polémiquer. Pas maintenant, en tout cas. Juliet serra les poings avec violence, ses ongles s’enfonçant douloureusement dans le creux de ses paumes. Elle se redressa, en appui sur ses avant-bras, chassant une mèche qui cachait sa vue et continua à toiser Ezéchiel avec une pointe d’inquiétude. Les derniers mots qu’il souffla la firent légèrement tressaillir.

Elle posa le dos de sa main sur ses lèvres entrouvertes et ferma les paupières. Sa respiration se fit haletante. Cependant elle priait pour ne pas pleurer, surtout ne pas pleurer. Elle était une sacrée bombe à sanglots lorsqu’elle s’y mettait. Et actuellement, elle avait terriblement envie de noyer Ezéchiel sous des flots de larmes. Parce que je ne peux pas te perdre toi aussi. Elle lâcha un hoquet mêlé à un petit rire mouillé. Sans crier gare, elle roula sur le flanc et enfouit son visage contre le torse d’Ezéchiel. Elle sentait sa chaleur, son odeur. Effluves délicatement liées à celles de l’alcool et de la cigarette. Mais elle n’avait cure de tout cela. Tant et si bien d’ailleurs qu’elle s’accrocha au t-shirt d’E. comme une moule à son rocher. Curieuse comparaison mais l’idée était là. Elle devint alors un moustique particulièrement bruyant. Les sanglots l’étranglaient et ses pleurs trempaient le tissu qui recouvrait le torse du jeune homme. Il y avait bien un « nous ». Les mots qu’elle essayait de prononcer ne pouvaient pas passer la barrière de ses lèvres rosées. Ses hoquets secouaient ses membres tandis qu’elle se collait contre le corps d’Ezéchiel avec force.

Ce qu’il venait de lui dire sonnait comme une libération. Ce goût délicieux lui rappelait vaguement ce qu’il s’était passé quelques années auparavant, lorsqu’il lui avait enfin offert la nuit si ardemment désirée. Son cœur semblait sur le point d’exploser d’avoir trop battu et se callait parfaitement contre sa jugulaire. Un poids douloureux emplissait sa gorge mais elle savourait chacune de ces sensations comme si c’était les dernières. Titillant son lobe du bout de la langue presque instinctivement, elle resserrait encore plus son étreinte, ne laissant ainsi plus aucun espace entre eux. Ses phalanges passaient et repassaient à travers ses mèches d’ébène et sa figure était toujours enfouie dans le creux de son cou, caressant sa peau de son souffle hoquetant. Elle finit enfin par émerger, les lignes de son visage toujours humides et tordus par les hoquets qui la secouaient à intervalles régulières. Juliet prit enfin le temps qu’elle voulut afin d’observer Ezéchiel dans ses moindres détails. Ses lèvres pleines qu’elle mourrait d’envie de dévorer, sa fossette qui se creusait timidement lorsqu’il était gêné. Sa fine cicatrice qui la barrait et qu’elle caressait sans réellement comprendre pourquoi. Sa barbe de quelques jours qui la faisait glousser lorsque le bas du visage d’E. glissait le long de sa gorge offerte.

Et rien qu’à cette pensée, les vannes se rouvrirent une nouvelle fois. Elle essaya néanmoins d’ouvrir la bouche mais les seuls mots qui parvinrent à effleurer Ezéchiel furent : « Haaan haaaan hann. » (sanglots) Elle finit enfin par se calmer, les mains docilement posées sur le torse d’Ezéchiel et le corps à moitié sur le sien, le dominant pour ainsi dire. « Tu.. tu… haaaaaaaaaaan. » (sanglots again) Sans crier gare, elle fondit sur la joue d’Ezéchiel, traçant le chemin par où avait roulé sa larme du bout des lèvres. « Tu ne me perdras pas. » Reprit-elle enfin, la bouche plaquée l’arrête de sa mâchoire qu’elle s’amusait à parcourir. D’un geste infantile, elle passa le dos de ses mains sous ses paupières rougies par les larmes avant de reposer son menton sur le haut de son torse, les doigts croisés sous son visage. « Tu ne me perdras pas, Ezéchiel Hoverwood. Je te le jure. Zez… tu sais parfaitement ce que je ressentais pour toi et ce que je ressens. Ce que je ressens maintenant. » Du pouce elle caressa sa lèvre inférieure. Sa bouche se posa avec avidité contre celle-ci, faisant jouer ses dents et ses petits coups de langue. Ce côté « nymphomane » qu'elle se découvrait l’étonnait mais ne lui déplaisait pas. Ils avaient du temps à rattraper.

Lorsque quelques petits coups secs s’abattirent sur la porte, elle poussa un petit grognement de frustration avant de reposer sa joue contre celle d’Ezéchiel. Juliet émit un petit rire idiot avant de souffler, la voix vibrante d’un désir grandissant. « A ton avis, on devrait ouvrir ? »

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 7 Jan - 22:34



    Les mots semblaient moins effrayants une fois lâchés dans les airs. Comme s’ils avaient perdus tout leur côté incisif à être prononcés et que la peur qui les hantait ne s’accrochait qu’au silence. Ezéchiel se sentait plus léger, libéré d’un poids qu’il avait porté trop longtemps. Il sentit une vague d’air gonfler ses poumons, et étrangement elle passa sa gorge sans gêne. L’incroyable malaise qu’il avait ressenti plus tôt s’était dissipé. Il n’avait pas eu besoin d’être rassuré sur les sentiments de Juliet, elle en avait assez fait pour que le message passe, mais simplement d’être honnête avec lui-même, comme si son esprit avait inventé une manière pernicieuse de le tourmenter tant qu’il n’avouait pas ses envies et ses sentiments. Il pensait s’attacher la sérénité en évitant de s’impliquer dans toute émotion. C’était le contraire qui se passait. Il posa son regard sur le plafond, dont les craquelures lui rappelaient sa propre personne. Restait à savoir quel type de réaction cela déclencherait chez Juliet. Cette femme était totalement imprévisible et parfois cela effrayait Ezéchiel, parce qu’il n’avait aucun repère.

    Il étouffa un soupir quand elle s’agrippa d’un seul coup à lui. Surpris que cette confession les rapproche alors que ses précédentes paroles n’avaient fait que réveiller colère et frustration chez elle, alors que c’était les mêmes pensées, simplement dites de façon différente. Mais allait-il s’en plaindre ? Non il se sentait juste stupide d’avoir réagit de manière aussi excessive. Il avait la bouche pâteuse à cause de l’alcool, et un goût de carton sur la langue. Sans parler du fait que la tête lui tournait légèrement parce qu’il était incapable de se rappeler quand, pour la dernière fois, il avait réussit à avaler quelque chose. Alors que son estomac jouait au yoyo, il se dit que cela devait faire trop longtemps, seulement il n’alla pas plus en avant dans son introspection car Juliet venait d’éclater en sanglot et il n’y avait rien qui le désarmait d’avantage que ses larmes. Il ne pouvait plus penser, ni bouger, ce qui n’était pas vraiment pour arranger les choses.

    Un instant il eut peur d’avoir fait une remarque déplacée et il se mordilla la lèvre d’inquiétude, et passa son bras autour des épaules de la jeune femme pour la consoler. Mais déboussolé par une réaction aussi vive, il ne pouvait que platement passer ses doigts dans ses cheveux et la secouer comme un nourrisson à qui l’on voulait faire faire son rot. La seule chose avec laquelle il était familier, c’était ce drôle de chatouillis qui lui avait pris le bas ventre quand elle s’était amusée à taquiner son oreille. Il inspira une bouffée d’air brûlant, toujours aussi surpris de voir combien son corps réagissait à sa présence, même après autant de questionnement. Pourrait-il jamais se lasser de la tenir dans ses bras ? De l’embrasser ? De la sentir vibrer contre son corps ? Il sentit une partie de lui se réveiller de manière insidieuse, alors qu’elle s’offrait enfin vulnérable à lui, sans son humour caustique et sa répartie forcée. Ses adorables boucles brunes en bataille, son nez rougit par les larmes, ses joues brouillées par la confusion. Elle était plus sexy que jamais. Et en même temps il voulait se promettre de ne plus jamais la faire pleurer.

    Parce que quand elle essaya d’ouvrir le dialogue, il fut surpris des sons qui sortaient de sa bouche et il du se mordre l’intérieur de la joue pour simplement ne pas éclater de rire. Son regard plongé dans le sien, il ravalait son hilarité avec une telle peine qu’on pouvait douter sur ses capacités d’agent. Ses deux mains retombèrent inertes le long de son corps alors qu’elle se mettait à le picorer de ses lèvres comme s’il avait été une friandise. Il ferma les yeux, appréciant le contact si étroit de son corps, et ses confessions qui avaient un arrière goût de brûlot. Est-ce qu’il avait besoin de plus que de savoir qu’elle était à lui ? Ses lèvres s’étirèrent en un sourire satisfait alors qu’elle le grignotait encore, et laisser dans sa bouche le goût amer d’un passé vite balayé. Sa main glissa sur sa peau, ses doigts pianotant sur sa joue et dans sa nuque alors qu’il l’encerclait dans ses bras, il se retourna pour inverser leur position et la dominer. Son regard détaillait son visage, puis le mouvement de lente caresse de sa main. S’ils restaient comme ça… Oh nom de dieu s’ils continuaient comme ça…

    « Tu avais faim non ? » demanda-t-il en se redressant pour aller ouvrir la porte. Le garçon d’étage entra en poussant devant lui un chariot et quand les effluves de curry montèrent jusqu’à Ezéchiel il esquissa une moue de dégoût et commanda un autre plat pour lui. Quand il se tourna de nouveau vers Juliet il sut qu’il lui devait une explication pour cette fuite aussi abrupte. Aussi il passa une main sur sa nuque, une expression de gêne accroché à son visage et il soupira. « Je crois qu’on devrait arrêter de… Au moins le temps d’y voir un peu plus clair. De… De laisser les choses évoluer doucement. » Pour ne pas lui dire qu’elle lui ôtait toute possibilité de penser dés qu’elle posait ses lèvres sur lui.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 8 Jan - 12:43



C’était fou, tellement fou. Juliet s’était offerte à Ezéchiel d’une certaine manière. Elle s’était décidée à ôter son masque et s’était transformée en petite chose désabusée. La personne qu’elle était réellement en somme mais qu’elle ne voulait pas montrer. Elle était sans doute plus pudique qu’elle n’en avait l’air. Le corps frissonnant d’un désir qui devenait de plus en plus douloureux au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient, elle parcourait le corps d’Ezéchiel avec avidité. Ses doigts glissaient sur ses joues, sur sa nuque, dans le creux de son cou. Juliet retraçait les contours de sa mâchoire du bout des lèvres alors qu’elle se faisait renverser sur le dos, les bras d’E. encerclant fermement sa taille. Les battements de son cœur se firent plus rapide, tant et si bien que ce fut relativement douloureux et qu’elle dût se faire violence afin de ne pas rouler sur le flanc et d’assouvir son désir sans demander son reste. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il se redressa et partit ouvrir la porte. La chaleur de son corps lui manqua instantanément et son bas-ventre exprimait un manque lancinant. Elle eut quand même la décence de se lever à son tour, les bras croisés et les sourcils arqués. Elle ne pouvait cependant pas s’empêcher d’afficher un fin sourire idiot qui éclairait ses traits d’une petite lueur juvénile. Même si la sensation qui s’emparait d’elle n’était délicieuse en aucune façon. Il n’y avait qu’un désir inassouvi qui n’allait pas prendre fin de sitôt d’après ce qu’elle comprit.

Gêné, il était adorable. Néanmoins ce qu’il lui dit la fit gesticuler, clairement mal à l’aise. Ce que Juliet savait, c’était qu’elle devait absolument se tenir éloignée d’E. s’il ne voulait aucun dérapage. Une distance de sécurité, voilà ce qu’il lui fallait. Honteuse de sa libido qui semblait beaucoup trop développée à son goût, il fallait s’imposer quelques limites. Des zones à ne pas dépasser. Il fallait prendre son temps, se soumettre aux règles de bienséance. Elle se mordilla la lèvre inférieure en se rendant compte qu’elle n’avait aucune envie d’être raisonnable. En fait, c’était bien la dernière chose qu’elle désirait. J. voulait se soumettre au feu dévastateur qui la rongeait. A cette pensée, elle leva les yeux au ciel : sa niaiserie avait atteint des records. Pourtant elle décida d’être sage, au moins pour la journée. Ce qui ne l’empêcha pas de rejoindre Ezéchiel en quelques enjambées rapides afin de déposer ses lèvres sur les siennes. Elle enroula ses bras autour de sa nuque tandis qu’elle déposait une pluie de baisers sur son visage. Juliet n’avait pas oublié sa bonne résolution et s’était décidée à l’appliquer lorsqu’elle arrêta de faire courir ses lèvres sur son menton, sur ses joues.

Ce qu’elle venait de faire était réellement stupide. Son désir avait été savamment entretenu. Il ne restait plus qu’à l’éteindre. Son estomac gronda bruyamment et, agacée, elle mit la main sur son ventre afin de calmer la douleur qui le parcourait. Elle était trop affamée pour être excitée, c’était ce dont elle voulait bien se convaincre. Juliet saisit enfin une assiette et partit s’asseoir en tailleur sur le lit. Etant donné qu’Ezéchiel ne supportait pas le curry, elle ne voyait pas pourquoi elle devait se priver d’avaler deux assiettes. A la manière d’une petite fille, elle se barbouilla les lèvres de sauce mais elle était un peu trop concentrée sur ce qu’elle faisait pour en avoir cure. Toute cette nourriture remplissait son estomac douloureusement vide et atténuait la chaleur qui s’était accumulée au fond de son bas-ventre. Ceci étant dit, il restait encore quelques parcelles de fébrilité qui n’arrivait pas à s’éclipser totalement. Concentration ultime sur son tajine et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle s’acharnait à découper ses morceaux de poulet mais cessa ses activités pour aller faire ce pour quoi on les payait. Abandonnant l’assiette sur la couverture désordonnée du lit, elle darda un regard interrogateur sur l’écran de l’ordinateur.

« C’est frustrant. » Finit-elle par lâcher. Référence au fait que rien ne se passait dans la chambre. Petite remarque aussi due au fait qu’elle devait ronger son frein en silence. Le trafiquant était toujours dans les bras de Morphée d’après les images qui défilaient sous ses paupières plissées. Blasée, elle haussa les épaules et retourna picorer son curry, à moitié affalée sur le matelas. « Tu sais… Je suppose qu’on doit arrêter de travailler ensemble, non ? Même si j’adore t’avoir en tant que partenaire. » Ce qui n’était pas totalement vrai, ni totalement faux. Ezéchiel savait la protéger mieux que quiconque même s’ils se disputaient relativement souvent. Ceci étant dit, plusieurs de leurs collègues savaient comme faire afin qu’elle ne passe par l’arme à gauche. Ils conviendraient parfaitement. « Te connaissant, tu te concentrerais plus sur moi que sur ta propre personne. Et je n’ai pas envie d’organiser ton enterrement dans les prochains mois. » Et dire qu’ils s’étaient faits attaquer la veille. Ils avaient fait du chemin depuis.


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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Dim 9 Jan - 15:35



    Que connaissaient-ils de l’autre au fond ? Peu de choses si on omettait le goût de la peau et le poids du corps et la douceur des mains. Ezéchiel aurait été incapable de nommer sa famille, de dire ce qui avait le plus marqué la vie de la jeune femme ou même simplement son parfum de glace préféré. Pourtant il trouvait tous ces détails utiles, pour ne pas dire indispensables. Il voulait la posséder, et pas seulement au sens littéral du terme. Il avait besoin que tout ça ait un sens, autre que cette chimie bouillonnante qu’il y avait entre eux et qui les empêchaient de rester éloignés trop longtemps l’un de l’autre. En règle générale il n’était déjà pas un fin psychologue en ce qui concernait la gente féminine. Il savait qu’il plaisait, mais il en ignorait les raisons exactes et cela le déstabilisait, lui qui était habitué à mettre des mots sur tout. C’était en partie également la raison pour laquelle Juliet représentait un si grand risque pour lui, il ne savait absolument pas ce qu’elle aimait chez lui, ce qu’elle attendait comme réaction, et ce qu’elle espérait obtenir. Même lorsqu’ils étaient ados, il avait eu des difficultés à la cerner et bien qu’elle ait avoué avoir rêvé d’un pavillon et de toute une tripotée de bambins, il savait qu’elle lui réservait encore bon nombre de surprises.

    Plutôt fier de sa démonstration de self control, le jeune agent trifouilla avec sa main ses mèches ébène pour leur redonner un peu de contenance et il lissa ses vêtements avec un certain soin, prête cette fois à montrer à la populace qu’il savait se tenir. Lui qui s’était targué d’avoir toujours été un gentleman, redoutait parfois la vision qu’il avait offert de lui dans cet élan passionné et il restait persuadé que c’était là la raison qui avait poussé Juliet à croire qu’il ne désirait guère plus qu’un peu de sport au lit. Il avait fauté, il avait noyé le code déontologique des hommes galants. Il avait en effet une vision très archaïque en ce qui concernait les histoires amoureuses et il ne considérait pas ça comme un défaut. Il serait à présent le roc qui les empêcherait de sombrer dans une bestialité orgiesque. Son torse se gonfla d’autosuffisance et les sourcils en circonflexes il afficha un mince sourire… Il serait… Il serait un gros marshmallow qui fondrait au moindre contact. La chaleur impromptue des lèvres de Juliet contre les siennes, réveilla des picotements qui partirent de ses orteils et cavalèrent dans tous ses membres. Il se laissa facilement prendre au jeu, fermant les yeux sous une attaque gourmande qu’il recevait avec délectation. Il referma ses bras autour des hanches de la jeune femme, amenuisant ainsi l’espace qui les différenciaient l’un de l’autre. Il devait y avoir un enfer pour le genre de créature qu’elle était. Et y habiter devait ressembler au paradis.

    Il la laissa s’échapper, le souffle haletant, l’œil brillant du cocker en attente d’un os. Oui il méritait une récompense car il avait réussit à tenir ses bonnes résolutions pendant presque une minute. Record tout à fait admirable. Planté comme un piquet au milieu de la chambre, avec chaque partie de son anatomie fièrement au garde à vous, Ezéchiel esquissa un sourire quand le ventre de la jeune femme gronda comme le tonnerre. Il eut l’impression de voir manger une enfant, et il constata encore une fois à quel point elle était un être vulnérable. Il y avait tant de candeur qui émanait d’elle, qu’il s’interrogeait encore sur les raisons qui l’avait amenée à faire un tel travail. Pour lui c’était simple, il n’y avait plus grand-chose de vivant dans sa carcasse alors il exécutait le boulot comme il aurait tranché des rondelles de saucisson. Mais Juliet ? Elle aurait d’avantage trouvé sa place dans une boutique de fleuriste ou une bibliothèque.

    « Au moins on a pas à assister à leurs galipettes… » Souffla le jeune homme, peu dérangé de n’avoir qu’à jouer le chien de garde. En réalité c’était même plus grave que ça, il avait oublié la véritable raison de sa présence dans cette chambre depuis un moment déjà. Pendant qu’elle allait se rassoir il ouvrit au serveur qui lui rapportait son sandwich puis il vint se poser à côté de la brunette. Il observa un moment le monstre qu’il avait dans les mains, cherchant le meilleur point d’attaque, puis en engloutit une glorieuse bouchée qui fit gonfler ses joues comme celles d’un hamster. Il ne s’était pas rendu compte à quel point il était affamé avant d’avoir reniflé de la nourriture. Pendant qu’il mastiquait avec application, il réfléchissait à la question qu’avait soulevée sa partenaire. Compte tenu des événements récents il aurait été en effet préférable de ne plus travailler ensemble. Pas parce qu’ils n’en étaient pas capables, mais parce qu’en étant dans la même pièce ils pensaient à tout sauf à la mission qui leur était confiée. Il faillait s’étouffer quand elle invoqua la possibilité que ce soit lui qui finisse entre quatre planches et il s’indigna, la bouche pleine, à grands renforts de « Phhht tttte rrrr… »

    Il dut taper sur son torse pour faire descendre une bouchée de pain récalcitrante. « Attends non je suis tout à fait capable de veiller sur nous deux si besoin. Je suis comme un lynx j’ai les yeux partout… Pff j’suis… Il est hors de question que quelqu’un d’autre garde un œil sur toi. Ce sera peut-être difficile mais je pense qu’on peut tout à fait continuer à travailler ensemble sans qua ça pose problème. Regarde ça pose problème là ? Non on est juste deux collègues qui apprécient un déjeuner ensemble. Ce qui s’est passé hier était… Enfin ça peut arriver à tout le monde. Et ça ne m’arrive pas en général. Tu vois… J’veux dire… Fin de la discussion. » Renfrogné il arracha une nouvelle bouchée de son sandwich avec hargne, faisant voler un cornichon à quelques mètres de là.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Dim 9 Jan - 19:32



A la limite, Juliet aurait préféré assister à une démonstration de jambes en l’air plutôt que de rester bêtement dans une chambre, attendant patiemment qu’ils daignent sortir de leur suite. Cependant elle ne souffla mot et continua à mâchouiller son curry avec application, lorgnant d’un œil brillant le sandwich qu’Ezéchiel tenait en mains. Elle ricana en remarquant il essayait de sélectionner un bon angle d’attaque, il fallait dire que le monstre qu’il n’allait pas tarder à dévorer était relativement conséquent. Les paupières plissées, elle termina son assiette, se pencha et la posa aux pieds du lit. Son ventre gargouillait de plaisir d’être enfin rempli mais elle continuait à loucher sur les joues gonflées d’E. Elle dévoila ses dents en un sourire carnassier alors qu’elle prenait ses aises en étendant ses jambes et en faisant craquer ses membres douloureux. La mèche brune qui cachait sa vue fut placée derrière son oreille tandis qu’elle posa un regard interrogateur sur Ezéchiel qui essayait de protester quant à sa remarque. N’était-il pas d’accord avec elle ? Dernièrement, lorsqu’ils n’avaient pas couché ensemble en somme, le jeune homme s’était plus préoccupé de la vie de Juliet plutôt que de son bien-être à lui. Ce genre de comportement la faisait fondre mais la terrorisait aussi à parts égales. S’il se concentrait trop sur elle, il pouvait facilement se prendre une balle perdue ou un mauvais coup. Et elle préférait finir dans un fauteuil roulant plutôt que de le voir étendu dans un cercueil.

Un lynx. Il était comme un lynx. Juliet esquissa une moue railleuse de gamine mais le laissa quand même terminer son charmant petit discours. Jamais elle n’avait entendu une aussi belle fausse plaidoirie. Il fallait se rendre à l’évidence : ils ne pouvaient pas rester constamment ensemble même s’ils le voulaient. On allait leur coller d’autres collègues, ils allaient voyager avec d’autres personnes. Tout ce que J. espérait, c’était qu’Ezéchiel soit collé avec des hommes ou des femmes mariées. Voire même des femmes homosexuelles. Au pire, si jamais une partenaire semblait un peu trop sexy et entreprenante à son goût… et bien, même la plus sexy des employées pouvait tomber dans les escaliers et se faire défigurer par de l’acide. Elle qui était si désinvolte concernant ses conquêtes se découvrait une pointe de jalousie qui transperçait ses organes avec ardeur. C’était un peu trop douloureux à son goût mais elle se réjouissait de ressentir ce genre de chose. C’était toujours mieux que de rester plantée comme un piquet au milieu d’une pièce en attendant son amant aille aux toilettes afin de pouvoir fouiller dans son portable. Ces scènes étaient bien mignonnes dans les séries télévisées mais dans la réalité, c’était une autre histoire bien moins amusante.

Il mit fin à la discussion d’une manière tellement abrupte que Juliet grinça des dents, n’ayant cure du cornichon qui vola près de son nez. Cependant un éclair d’amusement passa dans son regard candide. Sans laisser le temps à Ezéchiel de réagir, elle roula sur le flanc et passa ses genoux de chaque côté de ses cuisses, les mains posées sur ses larges épaules. D’un bref coup de rein, elle se colla contre son torse et se frotta à lui comme un chaton en mal d’amour. Elle voulait le pousser dans ses retranchements. J. devait aussi avouer que le tenter l’amusait énormément même si elle en pâtissait elle aussi, il ne fallait pas croire qu’elle était imperméable aux nombreux appels que son corps transmettait à son cerveau. En parlant de cerveau, le sien avait du se perdre dans un épais brouillard parce qu’elle n’était plus capable de réfléchir correctement. Entre nous elle n’avait jamais eu l’habitude de réfléchir mais là, c’était bien pire. Agissant suivant ses instincts (à savoir qu’elle manquait de se faire tuer trente fois par jour...), elle n’était pas prête à changer de comportement. Et Ezéchiel était un facteur qui n’arrangeait en rien la chose.

Elle entreprit une exploration gourmande sur sa gorge offerte, ses mains se crispant autour de ses épaules avant de se balader allégrement dans son dos, sur sa nuque. D’une main, elle saisit le sandwich et l’envoya balader sur l’oreiller, délicieusement taquine. Elle passa beaucoup de temps à attaquer le creux de son cou, ressentant une très forte activité dans son bas-ventre ce qui n’était pas pour lui déplaire, lui laissant un suçon en guise d’humble souvenir.

« Est-ce que ça pose problème là ? » Souffla-t-elle en mordillant le lobe de son oreille, passant ses mains sous son t-shirt, pinçant délicatement la peau de son dos. « Donc nous sommes deux collègues qui apprécient un déjeuner ensemble. Intéressant, j’adore ce genre de déjeuner. » Elle pouffa, secrètement fière d’elle et de son petit effet. Elle termina cette petite torture qui faisait vibrer l’intégralité de son corps et taquina son nez de ses lèvres fermées. Elle finit par y déposer sa bouche en un bref baiser enfantin et sourit en coin, l’air vulnérable. « Sérieusement, tu crois qu'on pourra tenir ? Parce que j'ai l'impression de tourner nymphomane personnellement. Et je dois avouer que c'est plutôt agréable. » Siffla-t-elle en resserrant sa prise autour de sa nuque.



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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mer 19 Jan - 20:38



    Pour dire vrai, l’idée que la vie de Juliet puisse dépendre de quelqu’un d’autre que lui le paniquait totalement. Très vite, trop vite, la jeune femme lui était devenue indispensable. Ces sentiments qu’il avait réussit à étouffer jusque là, n’avaient pas eu besoin d’encouragement pour refaire surface, ils avaient surgit comme un diable hors de sa boîte. Et aussi effrayant cela soit-il, cela avait également fait naitre une détermination sans faille chez le jeune agent. Pourtant à mesure que la conversation avançait, il ne pouvait s’empêcher de penser que la meilleure manière de garder la brunette saine et sauve, c’était de la faire changer de profession. Il s’imagina un instant lui rapporter les résultats de sa réflexion et sut de suite qu’elle se butterait et refuserait de l’écouter, ce qui le mettait dans un état de désespoir extrême. Il ne voulait pas qu’elle se persuade qu’il pensait qu’elle n’avait aucunes qualités, c’était bien évidemment faux. Il avait vu plein de choses chez elle qui méritaient respect et admiration, comme du courage, de la ténacité, de l’exubérance, une capacité à donner au-delà de l’attendu. A chaque fois qu’il explorait un peu plus ses sentiments pour elle, il se découvrait plus amoureux encore qu’il ne l’avait imaginé.

    Frileux, incertain, maladroit. C’est ainsi qu’on aurait pu le définir face à l’incendiaire brunette qui avait prit le pas sur son esprit et sur sa vie. Il aurait voulu pourtant pouvoir coller avec cette image de l’homme fort et déterminé qu’on imposait sans cesse, et se sentir moins tremblant sur ses jambes. Mais il n’était qu’indécision, quand elle était force, et il se retrouva une nouvelle fois démuni quand elle grimpa sur ses cuisses et colla son corps contre le sien. Il dut vaincre ce premier élan qui lui intimait de lui arracher sa petite culotte et de la faire sienne, encore et encore, et encore. Mais chaque frottement amenuisait sa détermination et son self contrôle et il sentait son sang bouillir dans ses veines. Il se demandait s’il n’y avait pas un problème, à ce que la seule chose qu’imprime son cerveau à ses côtés soit le mot sexe, écrit en lettres de feu. Il ne pouvait pas se passer de cette sensation de sa peau contre sa peau, et de son parfum mélangé au sien, comme une marque au fer rouge. Les doigts d’Ezéchiel se crispèrent autour de son sandwich et à peu près la moitié de e que renfermaient les tranches de pain dégringola sur la moquette. La tension qu’elle faisait monter chez lui était presque insoutenable et il avait l’’impression que son jean avait rétréci de deux tailles.

    Malgré lui il lui facilitait l’accès à sa gorge, victime complaisante d’un jeu devenu familier. Il voulu protester quand son sandwich lui fit arraché mais tout ce qui franchit ses lèvres fut un sifflement rauque. Il batailla longtemps contre cette envie qu’il avait d’encercler ses hanches de ses bras mais quand elle lui mordilla l’oreille, ses doigts s’enfoncèrent dans sa peau, tant il fut surprit par la brusque montée de plaisir qui faillit déborder de son être. Diabolique. Elle était délicieusement diabolique. Il la voulait tellement que ça en était douloureux. Pourtant il ne voulait pas céder, et rompre cette sorte de promesse qu’il s’était fait, à savoir racheter ces années de souffrance qu’il lui avait fait subir en décidant d’ignorer ce qu’il ressentait. Ces deux derniers jours leur avait permit de se retrouver, mais ils avaient également fait la lumière sur des blessures qui ne pourraient pas être guéries à coup d’acrobaties sexuelles, aussi agréables soient-elles.

    « Je suis certain qu’on le peut… » Souffla-t-il alors qu’il frissonnait à son contact. Il prit quelques secondes pour reprendre ses esprits, essayant de rendre sa peau aux caresses de Juliet, puis, un bras passé autour des hanches de la jeune femme, il se laissa tomber en arrière et tendit le bras pour récupérer son sandwich. Puis, la tenant toujours fermement contre lui, il se redressa, sa prise affermi sur ce qui ne ressemblait guère plus qu’à deux tranches de pain beurrées. « Tu vois. Deux collègues qui apprécient un déjeuner ensemble. » Dit-il d’une voix à moitié étranglée, la main néanmoins posée au bas de son dos, pour ne laisser que peu d’espace entre leurs deux corps.
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