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 EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.

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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 19 Nov - 14:48

    One is a lonely number,
      I don't want to die anymore.
Spoiler:
 

Le nez par terre, Juliet poussa un long soupir de douleur. Elle écarta quelques mèches brunes de sa vue en se redressant avec difficulté, cherchant alors à déceler la svelte silhouette de son collègue dans cette chambre insalubre. Le noir total. La jeune femme s’effondra une nouvelle fois, dramatisant à fond la situation car persuadée qu’Ezéchiel finirait par venir à son secours. Rien. J. se traîna à genoux vers la table de chevet et trouva la lampe après moult recherches infructueuses. Et la lumière fut. Juliet s’adossa au bord du lit, tentant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Il fallait se reprendre immédiatement mais la demoiselle était encore en train de patauger dans une épaisse purée de pois. Elle se frotta vigoureusement les joues et plissa les paupières en remarquant un corps étendu de tout son long au sol. Elle écarquilla les yeux. Elle se souvenait.

Depuis trois jours, Ezéchiel et Juliet écumait les casinos à la recherche d’un trafiquant d’armes qui collaborait avec l’agence KAOS. Main dans la main, ils tâchaient de sourire et de se faire passer pour des mariés fraîchement sortis de l’église. Pour dire vrai, ce genre de mission en compagnie d’Ezéchiel plaisait à J. car ce jeu de mariage la rendait euphorique. Elle avait l’impression que l’anneau qu’elle exhibait sans arrêt sous le regard noir de son ami pesait une tonne et lui brûlait l’annulaire. Que c’était bon de se sentir « mariée » à vingt-sept ans. Cependant que leur mission se révélait totalement infructueuse, J. cramait ses économies aux machines à sous, développant alors une addiction aux jeux, mais rien à foutre, elle aimait ça. Elle n’était jamais allée à Las Vegas, elle n’avait jamais connu cette enivrante ardeur lorsqu’on se trouvait devant un monstre mécanique qui crachait des pièces une fois sur quatre cent trente-deux. Encore une fois, J. avait abandonné Ezéchiel et s’était tranquillement installée à une table de Poker. Laisser son collègue se dépatouiller tout seul ne la tourmentait absolument pas. Techniquement parlant, elle avait bien le droit de profiter de leur « lune de miel », non ? De plus, Juliet supposait qu’il n’avait pas envie de l’avoir dans les pattes, sachant pertinemment qu’elle pouvait faire capoter une mission rien qu’en faisant un petit numéro de claquettes. (ah bon ? mais pourtant elle est absolument géniale… je ne vois pas de quoi vous voulez parler)

« Ezéchiel ! » La jeune femme boitilla vers son collègue et tomba à genoux à ses côtés. « Ezéchiel, fais pas l’con ! Réveille-toi ! »

Cette nuit-là, ils étaient rentrés à l’hôtel relativement tôt. Juliet marmonnait dans sa barbe en fusillant son collègue du regard, elle était d’humeur tueur en série étant donné que E. l’avait tirée de sa table de Poker plus tôt que prévu. (bon, elle était en train de se faire pulvériser par des professionnels mais tout de même…) A peine eurent-ils franchi le seuil de leur chambre commune qu’ils se firent attaquer par trois armoires à glace. Juliet se fit mettre au tapis en première, en deux coups donnés en moins de trente secondes. La tronche face contre terre, la jeune femme cligna plusieurs fois d’affilée des paupières avant de sombrer. Les seuls sons qui lui parvenaient étaient le bruit des coups qu’on apportait à Ezéchiel.

Qui les avait attaqués ? Juliet n’en avait cure. Elle avait posé la tête de son collègue sur ses genoux serrés et lui caressait les joues du bout de ses doigts tremblants. Il n’était pas mort, elle en était certaine mais elle ne voulait pas le laisser seul pour aller chercher du secours. Elle avait peur. Juste peur.
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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 19 Nov - 19:29



    « Ezéchiel… Dis quelque chose… » Sa mère avait saisit son visage entre ses mains dans l’espoir de croiser son regard mais même là il se faisait fuyant, refusant d’avoir à accepter son erreur. Enveloppé dans une grosse couverture, il tremblait toujours et claquait des dents. Depuis des heures les mêmes scènes tournaient en boucle dans son esprit et il avait beau faire un effort, il ne les voyait jamais se modifier. Inlassablement, le corps de son frère était engloutit par les vagues.

    « Zéz mon bébé parle moi… » Sa main effleura la blessure ouverte sur sa joue. Pas un instant elle ne lui avait reproché l’accident. Au contraire malgré la tragédie qui venait de s’abattre sur leur famille elle ne cherchait qu’une chose, parvenir à obtenir une réaction de sa part. Inlassablement, elle caressait ses joues et son front…

    Clignant subitement des yeux le jeune homme fut aussitôt assailli par un mal de crâne terrible et des courbatures dans tous le corps. Sa vision se fit peu à peu à la faible clarté qui régnait dans la chambre et plutôt que de découvrir sa mère en train de le poupouiller il vit le visage inquiet de sa collègue penché au dessus de lui. Et il referma aussitôt les yeux. Juliet. Ou plutôt l’agent 22 comme il était convenu de l’appeler en mission était… n’ayons pas peur des mots, une véritable catastrophe ambulante. Non seulement elle avait perdu de vue l’objectif qui leur avait été réservé, mais elle l’avait lui aussi complètement perdu. Sinon comment expliquer qu’il se soit si lamentablement fait prendre par surprise et qu’on l’ai mis KO ? Grimaçant il se redressa et de ses mains parcourut lentement son corps pour voir s’il ne lui manquait pas un membre ou s’il n’était pas gravement blessé puis son regard acier se posa sur la jeune femme, toujours miraculeusement indemne.

    « Tout va bien ? » demanda-t-il les dents serrées, se redressant et lui tendant une main pour l’aider à faire de même. Il posa sa main sur sa hanche jusqu’à être sûr qu’elle ne perdrait pas l’équilibre. En colère contre lui-même au regard de sa négligence il ne savait plus vraiment quoi faire de ses mains et il choisit de faire l’inventaire de leurs valises pour s’assurer que rien ne leur avait été volé. Après quelques minutes d’agitation, il dut se rendre à l’évidence, le seul but de cette intrusion avait été de leur mettre une raclée. Kaos 1 – Control 0.

    Ce qui ne faisait qu’ajouter à l’agacement qu’il ressentait depuis le début de leur séjour dans cet hôtel. Bien qu’il soit dans un cadre idyllique, et en charmante compagnie, il n’avait pratiquement pas desserré les dents. Tout ça parce que la jeune femme ne se rendait pas compte dans quel situation elle se foutait à chaque fois et parce que malgré bien des efforts il lui était plutôt difficile de ne pas se complaire dans son rôle de mari béat. Il fallait dire que cette nuit qu’ils avaient passé ensemble ne lui avait laissé que de bons souvenirs. Et bien que ses manies le fatigue, elle avait quelque chose de complètement déroutant.

    « On a plutôt de la chance pour cette fois. On devrait plier bagage avant qu’ils ne viennent finir le travail. Si tu es prête on lève le camp dans exactement deux minutes. » Dit-il après avoir jeté un coup d’œil à sa montre.

    « A moins que je te laisse encore 5 minutes pour t’endetter pour 10 ans. » fit-il, sa fossette se creusant de malice.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 19 Nov - 23:16

    Through the storm we reach the shore,
      you give it all but I want more.
Spoiler:
 

Il allait bien. Tout allait bien. Encore heureux que tout allait bien. Juliet ne répondit pas à la question d’Ezéchiel, se contentant de se masser la nuque, clairement honteuse. Elle avait perdu de vue sa mission et son coéquipier. Elle n’avait même pas été capable de se défendre lorsqu’une masse informe, qui devait être un humain bâti comme un taureau, l’avait mise à terre. En deux coups, il l’avait assommée. Deux coups. Ezéchiel, apparemment insensible à ses grands doutes sur la réalité absurde de son comportement dérangé (je vous laisse réfléchir sur le sens de cette phrase), se releva et lui tendit la main. La jeune femme le toisa quelques secondes et la lui saisit, se redressant avec beaucoup plus de difficultés que son collègue. Ce dernier posa sa main sur sa hanche pour la stabiliser et elle lui accorda un petit sifflement agacé. Sous ses yeux ébahis, l’agent 52 commença à exécuter un ballet, faisant ainsi l’inventaire de leurs bagages. Rien ne manquait. Juliet s’assit sur le lit, l’air gauche. Elle posa ses coudes sur ses genoux et plaça son menton sur les paumes de ses mains, observant son collègue d’un œil interrogateur.

Plier bagage ? Déjà ? La jeune femme se redressa, prête à passer à l’attaque. Il était hors de question de partir. Elle se plaisait dans ce cadre on ne peut plus accueillant, elle aimait passer son temps devant les machines à sous et les tables de Poker. Cependant, il était peut-être préférable qu’elle se focalise désormais sur la mission au moins trois heures par jour pour faire plaisir à Ezéchiel. Les lèvres pincées, Juliet fronça les sourcils et entrouvrit la bouche, se préparant ainsi à riposter… Mais la petite remarque d’Ezéchiel la fit taire. La fossette de ce dernier se creusa, révélant ainsi sa cicatrice. La jeune femme se focalisa un instant sur cette balafre avant d’hausser dignement les épaules.

« Oh, c’est très malin vraiment. Très fin. » fit-elle en fronçant le nez. « Tu peux partir si tu veux. Moi, je reste. »

La petite fille bornée venait de se réveiller. Celle qu’Ezéchiel avait rencontrée lors de leur année commune au lycée. Joignant les gestes à la parole, Juliet se mit debout sur le lit et, instable, elle piétina le matelas moelleux avant de s’effondrer sur les oreillers. Un long sourire goguenard éclaira son visage enfantin. Consciente qu’elle mettait la patience légendaire d’Ezéchiel à rude épreuve, elle décida d’en profiter un peu. Lentement, elle enleva ses bottes et les jeta nonchalamment aux côtés du lit. Ainsi enfoncée dans les oreillers, elle croisa les bras et leva un peu le menton, les commissures des lèvres se soulevant légèrement. Satisfaite de son petit effet, elle croisa les jambes et fit bouger le bout de ses pieds.

« Ils ne reviendront pas. S’ils avaient voulu nous pulvériser, ils l’auraient fait et ils se seraient même débarrassés de nos corps. C’était un avertissement, rien de plus, et je ne sais pas pour toi mais je traite tous les avertissements par-dessus la jambe. » souffla-t-elle en s’humectant légèrement les lèvres « De plus j’aime cette chambre. Je veux rester ici, avec ou sans toi. Point. » cracha-t-elle d’un ton sans appel.

« Et si tu me forces à te suivre, fais attention… je pourrai demander le divorce. » siffla Juliet avant de sourire en coin, les yeux pétillants d’une lueur d’excitation. Mener Ezéchiel au bout de ses limites était l’un de ses passe-temps favoris. Cette belle gueule devait bien se faire malmener de temps en temps, ne serait-ce que pour plaire à la sadique demoiselle.

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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 20 Nov - 0:21



    Quelque chose lui disait qu’il aurait du s’attendre à une réaction du genre de la part de la demoiselle. Juliet avait cette agaçante manie de toujours faire exactement le contraire de ce qu’on lui demandait, de façon consciente ou non, ce qui au final la rendait totalement imprévisible. Observant son manège alors qu’il se tenait debout devant le lit, les mains posées sur le cadre en bois du meuble, il serra les dents et toute trace d’amusement le déserta. Elle avait un sens logique et un esprit de préservation qui dépassait l’entendement. Est-ce qu’elle se rendait seulement compte qu’une fois repérés leur mission « d’infiltration » perdait alors tous son sens ? Et elle pourrait minauder tant qu’elle voudrait, avec son adorable petite bouille de gamine, il n’en démordrait pas.

    « Oh chérie ne fais pas de promesses que tu ne peux pas tenir. » fit-il avec une certain véhémence. Il cala leur sac de voyage sur son épaule et attrapa les bottes de la jeune femme pour les y ranger. Une fois fait il fit le tour du lit et l’agrippa pour la hisser sur son épaule, non sans difficultés. Puis d’un dernier coup d’œil il balaya la chambre pour s’assurer que rien n’avait été oublié ni que rien ne pouvait paraître suspect. Il régnait dans la pièce un certain désordre mais rien qui ne puisse être assimilé à un jeune couple en pleine lune de miel.

    Avec un flegme légendaire l’agent 52, sa « femme » toujours coincée sur son épaule, longea le couloir jusqu’à l’ascenseur qu’il fit descendre à l’étage de la réception. Là il posa enfin son colis au sol, avec peu de délicatesse, et agrippa de sa large main droite une de ses fesses pour venir la coller à lui, conservant toujours l’image d’un couple en pleine béatitude. Il fit claquer la fausse carte de crédit à leur nom sur le comptoir laqué et attendit que le réceptionniste leur fasse la note. Enfin il se tourna vers Juliet et de sa main libre, puisque l’autre était toujours stratégiquement posée sur son fessier rebondit, dégagea une mèche de cheveux qui frôlait son épaule et se pencha vers elle comme s’il voulait mordiller son oreille. Troublé, par le fait que son parfum lui était resté connu même après toutes ces années. Comment pouvait-il gommer tant de choses de son esprit et que les détails les plus insignifiants s’impriment aussi durablement.

    Il lui chuchota. « Avec une couverture grillée ça ne sert strictement à rien. Mais j’avais prévu un plan B. J’ai réservé une chambre dans l’hôtel qui se trouve juste à côté. Il se trouve qu’elle a une vue plongeante sur la suite de notre trafiquant. Ce n’est pas l’idéal mais on devra bien s’en contenter. Pas de casino. Pas de poker. Sinon tu seras obligée de faire du striptease pour tenir jusqu’à la fin du mois. »

    « Hum… Hum… Votre carte monsieur… »

    « Merci. Pour vous. » Fit-il en laissant une liasse de billets sur le comptoir. « Allez ma puce en route. » ajouta-t-il en adressant un clin d’œil à sa complice et en lui claquant la fesse avant de l’entraîner vers l’extérieur.

    Une fois hors des murs il se sentit plus libre pour parler. « On a eu de la chance justement qu’ils ne décident pas de nous zigouiller tout de suite. Tu ne peux pas compter sur ta chance à chaque fois. Si on était restés là-bas… » Il était toujours sur le coup de leur attaque, et du danger dans lequel il les avait mis tous les deux. Il avait laissé les choses le dépasser et cette perte de contrôle l’effrayait. Elle l’éloignait de ses objectifs. Juliet avait toujours le don de foutre une sacré pagaille dans sa vie.

    « Si ça peut t’empêcher de bouder, la salle de bain de cette chambre là à une baignoire jacuzzi. Tu t’y enfermes et tu en ressortiras quand l’envie de te suicider te sera passée. »
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 20 Nov - 20:32

    Follow your emotion anywhere,
      is it really magic in the air ?
Spoiler:
 

Ezéchiel prenait-il Juliet pour un sac à patates ? La concernée se posait cette question, hissée sur l’épaule de son coéquipier. Elle avait abandonné l’idée de se débattre étant donné qu’il n’avait aucune intention de la lâcher et Dieu seul sait que le jeune homme pouvait être aussi têtu que sa collègue. Lorsque cette dernière retrouva enfin la terre ferme, elle eut un petit déséquilibre mais tenta tout de même de s’éloigner le plus possible de son hargneux de « mari ». Il ne lui en laissa pas le temps étant donné qu’il plaqua une main sur le fessier de la demoiselle. De ce fait, les joues de Juliet prirent une teinte cramoisie mais elle parvint à rester parfaitement concentrée sur son rôle de mariée béate. Passant un bras autour de la taille d’Ezéchiel, elle devait avouer que ce genre de rapprochement n’était pas pour lui déplaire. Cette pensée ne fit que s’amplifier lorsqu’elle sentit la bouche de son collègue frôler son oreille. Une nouvelle vague de chaleur se déversa sur ses joues et, agacée par les paroles de son ami, elle hocha la tête de mauvaise grâce, coupant ainsi court à la confession.

Fixant la liasse de billets qu’Ezéchiel déposa sur le comptoir, elle avait raté sa vocation de richissime réceptionniste, Juliet poussa un profond soupir qui s’arrêta net quand une petite tape sur ses fesses se fit sentir. Une fois dehors, la jeune femme dût endurer le fameux discours moralisateur d’E. Elle ne pouvait pas compter sur sa chance à chaque fois. Elle n’était pas irresponsable, elle. Croisant les bras et baissant le nez vers trottoir qu’elle piétinait, J. haussa les épaules et grinça des dents. Même la perspective de partager une chambre en compagnie d’Ezéchiel et d’une baignoire jacuzzi ne l’enchantait absolument pas. Elle aurait voulu démontrer à son collègue que rien de mal ne pouvait arriver dans cette fichue chambre.

« Je n’ai pas du tout l’intention de bouder, j’ai passé l’âge. » fit-elle, frôlant le mépris suprême. « Et si jamais tu recommences à me palper les fesses, tu.. je te ferai bouffer ta cravate. Ou alors je passerai ma frustration sur tes parties, en souvenir du bon vieux temps bien entendu. » Les lèvres rosées de Juliet s’étirèrent en un sourire en coin, apparemment très excitée à l’idée de broyer ce qu’Ezéchiel avait de plus précieux. Elle avait quand même un sens de l’humour assez spécial. « Maintenant, file-moi mes bottes, j’ai froid aux pieds. »

Cependant lorsqu’elle pénétra dans leur nouvelle chambre, elle ne pût s’empêcher de jubiler. La jeune femme se précipita vers la fenêtre et pût ainsi remarquer qu’Ezéchiel avait dit juste : ils avaient une vue plongeante sur la suite du trafiquant. Le front collé contre le plexiglas, elle siffla à son collègue d’une voix enfantine « Mais je préfère quand même l’autre chambre. » ne serait-ce que par pur esprit de contradiction. Si Ezéchiel disait blanc, elle disait noir. S’il disait oui, elle disait non. Il allait à droite, elle courrait à gauche.

Exténuée, elle abandonna la vue qui l’avait fascinée jusqu’à présent afin de se tourner vers Ezéchiel. Même après des années de séparation, il n’avait pas changé. Il n’avait pas changé certes, mais ce n’était pas l’heure d’être nostalgique. « Je vais dormir. » dit-elle d’un ton sans appel en s’asseyant sur le lit, se débarrassant alors de ses bottes et de son pantalon avant de se glisser prestement sous les couvertures « Je te conseille d’en faire autant. » Soudain, elle se souvint de ce qu’il s’était passé en début de soirée « Ezéchiel, personne ne nous attaquera ici. » fit-elle avec aplomb avant de reprendre « Tu peux toujours rester éveillé si ça te fait plaisir mais je n’en vois pas l’intérêt. »
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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 22 Nov - 22:07







    Si Ezéchiel se voulait paternaliste et protecteur avec tous, il y avait bien une explication dans ce comportement qui virait au toc et elle tenait en un seul mot, ou plutôt un seul nom, celui de son frère. L’accident dont avait été victime son cadet l’avait profondément traumatisé lors de son adolescence et il marquait chaque jour de sa vie d’adulte. Ce qui pour certains n’était qu’un vague sentiment de culpabilité, se transformait chez lui en vent de panique. Peut-être que Juliet avait raison lorsqu’elle affirmait qu’ils ne risquaient plus rien dans la chambre, et sûrement était-il trop sévère envers son jugement. Mais c’était quelque chose qu’il ne pouvait pas contrôler. Comme tout, il réfléchissait chacun de ses gestes avec une minutie qui donnait le tournis. Au final il avait réussi à éradiquer tout comportement impulsif et son mode de vie aurait pu se résumer facilement : triste. Juliet aurait pu être un remède miracle pour le jeune homme passablement angoissé qu’il était, mais au contraire il semblait redoutait sa présence comme on redoute celle d’un grand félin lorsqu’on est le seul kebab à dix lieues à la ronde. Tout ce qu’elle était représentait une menace pour lui.

    Rien à voir cependant avec ses parties génitales qui avaient souffert de l’exubérance de la brunette. Esquissant une grimace devant le souvenir encore cuisant de son humiliation publique, doublée d’une sensation de douleur difficilement égalable, il préféra ne pas répondre à cette énième provocation de la demoiselle. Après cet événement ils avaient passé leur temps à se jouer des mauvais tours et cette petite guéguerre permanente avait normalement repris ses droits quand ils avaient découverts qu’ils étaient collègues. Seulement Ezéchiel était moins enclin à y répondre. Docile il récupéra les bottes de la demoiselle pour les lui passer et tandis qu’elle ruminait dans son coin il s’occupa de récupérer les clés à la réception.

    Portant une grande partie des bagages il entra à la suite de J. et sa réflexion lui fit lever les yeux au ciel. Il se demandait parfois ce qui pouvait bien se passer dans le crâne de sa coéquipière parce qu’elle semblait prendre leur mission comme une espèce d’excursion dans un camp de vacances, alors que la situation avait tout pour être grave. Ils étaient chargés de surveiller un grand trafiquant d’armes, qui avait déjà montré par le passé qu’il n’avait pas peur d’avoir recours à la violence si cela s’avérait nécessaire, et ils en avaient faits directement les frais. Quand est-ce qu’elle commencerait à s’inquiéter ?

    « Désolé que cette modeste chambre d’un hôtel quatre étoiles ne puisse combler tes aspirations… » Railla-t-il. Lui avait été soufflé par le décor, il l’était encore par les fins arrangements de la chambre. Jamais il n’aurait pu espérer avoir le droit à un tel luxe s’il avait suivit ses premières aspirations. Détournant le visage pour éviter d’avoir à rougir de la soudaine tenue légère de Juliet, il déposa leurs bagages et entreprit de les défaire. Ils avaient un système de surveillance ultra sophistiqué qui leur permettrait d’épier les moindres faits et gestes du trafiquant et ce malgré la distance et les rideaux tirés. Il ne manquait plus qu’attendre qu’une autre équipe place des micros dans la suite.

    « On est censés surveiller ce qui se passe dans la chambre. Et je n’ai pas vraiment sommeil de toute façon. » Répondit-il, placide, peu enclin à remettre sur le tapis l’attaque surprise qu’ils avaient subis. Cet échec était toujours aussi dur à avaler. Sans compter l’inquiétude qui le taraudait. « Dors je veillerais pour deux. » Il retira le veston qu’il portait puis fouilla dans ses poches jusqu’à en extirper un paquet de cigarettes qui avait un peu souffert. C’était le seul vice qu’il voulait bien s’autoriser. Rapidement il l’alluma et en souffla une première bouffée, fermant légèrement ses paupières pour apprécier le goût âpre de la fumée qui lui picotait la gorge. A travers le voile bleue, il apercevait la silhouette alanguie de Juliet et sa petite fossette se creusa à nouveau en un sourire tendre et nostalgique bien que les visions qui l’assaillait n’avaient rien de « tendre ». Et c’est sans aucune raison qu’il posa cette question.

    « Tu y a déjà repensé ? A cette nuit ? »

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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 22 Nov - 23:43

    Words like violence break the silence
      Come crashing in into my little world.
Spoiler:
 

Tu y as déjà repensé ? A cette nuit ?
Avec ses boucles brunes éparpillées sur l’oreiller et sa bouche entrouverte, Juliet était dans un état qui pouvait être perçu comme semi comateux. Elle ne réagit pas tout de suite aux paroles d’Ezéchiel, n’en comprenant tout d’abord pas le sens. Les mots se mélangeaient, tout s’embrouillait, la confusion régnait. Soudain, la jeune femme se recroquevilla sur elle-même, se resserrant d’avantage entre les couvertures fraîches. Ses paupières papillonnèrent jusqu’à ce qu’elles soient totalement ouvertes. Tu y as déjà repensé ? A cette nuit ? Juliet ne bougea plus, le cœur battant. Elle n’avait pas pour habitude de livrer ses sentiments, voire même ses pensées. D’ailleurs elle ne livrait rien, absolument rien. Sauf sous une forme légèrement enjolivée par ses propres soins. Surprise par cette interrogation, oui. Assez surprise pour garder le silence, non. Elle devait dire quelque chose, quelque chose d’intelligent. Cependant elle était relativement intriguée par cette question qui lui faisait perdre l’intégralité de ses moyens. La jeune femme se redressa, prenant appui sur un de ses coudes tandis qu’un de ses bras disparaissait sous les draps, et dévisagea ce qu’elle pouvait apercevoir d’Ezéchiel à travers une épaisse fumée grisâtre. La pénombre l’engloutissait presque totalement.

Ce qu’elle pouvait détailler ou imaginer était délicieux. Que ce soit sa fossette, ses rares sourires, ses yeux qui reflétaient une petite pointe de tristesse. Et d’autres détails tenaient du lointain souvenir, des détails qui allaient du goût salé de sa peau à la douceur de son torse. Si elle y avait déjà repensé… Oui. Les quelques jours qui avaient suivi cette nuit. Lorsqu’elle avait revu Ezéchiel. Lorsqu’on leur avait annoncé qu’ils étaient coéquipiers sur telle ou telle mission. Lorsqu’il avait glissé sa main sur ses fesses rebondies. Maintenant. Comment le lui faire comprendre sans passer pour une nymphomane constamment avide de sexe ? Une tâche qui n’était pas aisée mais qui pouvait le devenir.

Epuisée par tant de réflexion, Juliet retomba sur le matelas et se massa le front, les yeux fixés vers un point invisible situé sur le plafond. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire à peine esquissé mais bien présent. Tout pouvait être simple lorsqu’ils se taquinaient. Tout pouvait être compliqué à cause d’une simple question. Une unique question pouvait chambouler bien des choses, elle était bien placée pour le savoir. Si seulement elle pouvait chasser d’un seul revers de main tous ses souvenirs qui s’entremêlaient entre eux, ce serait tellement simple. Il n’y aurait plus rien entre eux sauf une franche camaraderie.

« Oui. » Avoua-t-elle d’une voix tremblante. « Oui, j’y ai déjà repensé. » Reprit-elle avec plus d’aplomb. « A l’époque, tu avais brisé mon petit cœur d’adolescente désespérée. » Siffla Juliet avec amusement. « Cette nuit-là a réussi à combler toutes mes espérances. J’y repense car… je crois que c’est la première fois où j’ai été réellement ravie de « recevoir » quelque chose qu’on m’avait refusé au départ. » Elle soupira et n’osa pas se redresser. J. n’avait pas été capable d’ajouter la moindre remarque déplacée dans son discours larmoyant et, manifestement, elle se rendait compte que cette conversation allait devenir bien trop sérieuse pour elle.

Parler du passé ne l’enchantait guère car le passé appartement aux souvenirs au fond du placard. Lorsqu’on déterrait toutes ces choses, rien de bon ne pouvait apparaître. C’était dans la logique des choses, tout simplement. Dans la logique de Juliet en tout cas et c’était bien suffisant pour une seule personne.

« Pour que je me sente moins seule, dis-moi… tu y as déjà repensé aussi, non ? » Demanda Juliet d’une petite voix anxieuse. La réponse qu’elle redoutait le plus était sans nul doute le fameux « Oh, tu sais, je m’enfilais gonzesses sur gonzesses… tu n’as été qu’un numéro de plus sur la liste. » effroyable, juste effroyable. Juliet soupira, s’enroula dans les draps et se rapprocha du bord du lit, ses pieds frôlant à peine le sol glacé. En plissant les yeux elle pouvait apercevoir distinctement les traits de son compagnon comme si elle était face à une vieille télévision qui projetait les films en noir et blanc : on devait plisser les paupières pour avoir l’illusion d’une image nette. Au fond, elle aurait peut-être aimé que le duo Ezéchiel & Juliet ne dure plus qu’une seule nuit. Peut-être. Il ne l’aimait pas. Elle l’adulait. Fin de l’histoire et bonsoir chez vous.
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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Jeu 25 Nov - 0:33



    Pourquoi avait-il posé une telle question ? A quel moment sa langue avait-elle pris le pas sur son cerveau ? Il ne se souvenait même pas d’avoir consciemment formulé cette pensée dans son esprit et pourtant maintenant que les mots étaient lâchés il se rendait compte que cette nuit avait été omniprésente dans ses pensées, à partir du moment où elle l’avait regardé en fronçant son mignon petit nez en éclatant de rire. Ainsi sûr qu’il s’était automatique crispé à cet instant. En lui se bataillaient deux émotions diamétralement opposées et il lui aurait été impossible de dire laquelle était la plus forte. Embarrassé par le silence qui pesait sur la chambre, et par le regard inquisiteur de la jeune femme qui le scrutait à travers la fumée de sa cigarette il commença à rogner l’ongle de son pouce. C’était terrible de voir les choses lui échapper et d’en être le responsable. Il se sentit d’autant plus stupide que le silence s’éternisa encore, tandis qu’elle se laissait souplement retomber sur le matelas. Il hésita à balayer sa question d’une banalité, coupant court à ce moment de gêne.

    Et puis enfin la réponse tomba comme une délivrance et il expira une nouvelle bouffée de fumée, libéré. Seulement le soulagement fut éphémère. Peut-être parce que sous l’amusement, il croyait déceler une véritable blessure. Il se rendait compte, beaucoup trop tard, qu’il avait été injuste avec elle. Il lui en avait réellement voulu pour son coup déplacé, et sa rancune, tenace, avait alimenté sa « rage » tout au long de l’année. Il avait oublié entre temps pourquoi elle avait réagit de façon aussi virulente. Jamais il ne s’était comporté de la sorte auparavant et maintenant il croyait pouvoir dire que c’était parce qu’elle le menaçait. Oui Juliet menaçait l’équilibre paisible de sa petite existence. Néanmoins les souvenirs s’imposèrent à nouveau à lui, et il ne put s’empêcher de sourire. Ils avaient été pris d’une frénésie adolescente, méli-mélo joyeux de bras et de jambes et ils en étaient ressortis fourbus et les lèvres en feu de s’être trop embrassés. Ezéchiel avait quitté le lycée après ça, et ils ne s’étaient plus jamais revus jusqu’à il y peu ce qui avait permis au jeune homme d’enfouir ce moment dans un coin de sa mémoire. Toujours présent, jamais visible. Mais elle bousculait tout d’un regard.

    Un regard noisette parsemé d’or, qui vous déstabilisait et semblait poser les bonnes questions. Des lèvres jamais boudeuses, mais toujours charmeuses. Une attitude peu commune. Une présence qui vous happait. Un petit quelque chose. Une étincelle. A cet instant, même s’il ne pouvait pas voir son visage, elle emplissait tout l’espace, et gêné que la question lui soit retournée, il passa une main sur sa nuque comme si elle était douloureuse et laissa échapper un soupir. C’était une tempête de question qui s’était déchaînée en lui et pas seulement. Bataillant entre ce qu’il était supposé répondre, ce qu’il voulait répondre et ce qu’il se cachait, il mit un moment lui-même à trouver ses mots et c’est d’une voix légèrement rauque et mal assurée qu’il répondit. « Oui. »

    Tirant une nouvelle bouffée de nicotine qu’il voulait salvatrice, il se gratta ensuite le front, sceptique sur ce qu’il pourrait bien ajouter après une affirmation aussi maigre. Poser les questions était plus facile que se retrouver dans la situation inverse. Sauf qu’il ne pouvait sans doute pas affirmer tout de go qu’une chamaillerie de gosse s’était muée en une vraie passion d’homme et qu’il n’y aurait aucune hésitation dans la façon dont il pourrait l’aimer, horizontalement, à cet instant précis. Il avança, se soustrayant soudain à l’obscurité pour se soumettre au feu de son regard. Douce torture, ne me regarde pas comme ça. La scène qu’il avait sous les yeux se brouilla pour faire place à une autre, où il était moins épais, moins fermé aussi sans doute. Il fumait tranquillement installé sur un fauteuil. Des draps épars ne dépassaient qu’une épaule délicate, quelques mèches chocolat un peu folles et le galbe d’une cuisse. Le plus beau des spectacles. Il s’était approché, et d’un mouvement lâche il avait caressé sa peau du bout des doigts. Assez pour qu’elle frisonne. Pas suffisamment pour qu’elle le désarme de ses pupilles café une nouvelle fois.

    « Tu n’es pas quelqu’un qu’on oublie facilement Juliet. »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 26 Nov - 19:09



    Look at your young men fighting,
      Look at your women crying.
        Look at your young men dying.

Spoiler:
 

Ce n’était qu’une délicieuse tourmente. Juliet savourait ce moment du bout de la langue comme terrifiée à l’idée qu’il ne se termine brusquement, la laissant dans un état proche de la cataplexie. Humant l’odeur âpre de la fumée qui s’échappait de la cigarette, la jeune femme essayait de détailler les traits d’Ezéchiel mais peine perdue, la nuit engloutissait totalement le coin où il s’était placé. Leur semblant d’histoire aurait pu commencer des années auparavant et s’achever tout aussi rapidement qu’un coup de pied bien placé. Juliet s’était réellement éprise du jeune homme, d’une passion adolescente et encore candide, et ce qu’elle avait ressenti lorsqu’il avait repoussé ses avances avait dépassé de loin l’entendement. Elle aurait aimé vivre un amour fusionnel. Elle aurait voulu être à lui et qu’il soit à elle. Des rêves d’adolescente délurée. Des fantasmes romantiques qui avaient pris une teinte de réalité le soir où ils s’étaient donnés l’un à l’autre. Des idées qui étaient devenues des vérités. Quoi qu’il en soit, le bruissement de ses cuisses contre le drap la ramena à la triste réalité où elle attendait avec anxiété la réponse d’Ezéchiel.

Tout en sachant que cette réponse n’allait rien lui apporter. Dire oui, non… Quelle importance ? C’était terminé. Juliet ne pouvait décemment pas remettre le couvert avec Ezéchiel, elle n’avait plus le temps de souffrir. Elle pensait, du moins elle supposait, que la présence du jeune homme à ses côtés pouvait lui apporter ce qui lui manquait, c’est-à-dire du calme et du bon sens. Cependant elle réfutait cette pensée avec virulence, c’était un refus de grandir qu’on devait absolument cautionner. Une vision de l’avenir un peu trop erronée. Le seul mot prononcé par Ezéchiel d’une voix mal assurée eut le don de la faire frissonner et elle préféra porter ses doigts à ses lèvres entrouvertes plutôt que de laisser échapper la moindre petite imbécillité. Un fin sourire satisfait éclaira sa bouille de gamine tandis qu’elle retenait avec peine un éclat de rire réjoui. Ce mot la ravissait totalement, lui faisant dire que peut-être… Peut-être.

Les yeux rivés sur la silhouette d’Ezéchiel qui se détachait de la pénombre, Juliet attendait une action de sa part. Une action bien précise qui ne vint pourtant pas. Les mots rattrapèrent les actions. La jeune femme leva un regard intrigué puis sa mâchoire se serra. Une vague de chaleur la traversa et elle eut un mal fou à desserrer les dents. « Tais-toi. » Juliet pencha un peu la tête sur le côté, cherchant un appui visuel derrière Ezéchiel mais se ravisa et le toisa d’un air goguenard « Tais-toi. Tu m’as oubliée. » Murmura-t-elle doucement en tendant le bras afin d’effleurer la main de son coéquipier. Elle passa outre le fait que ce contact lui apporta d’agréables frissons. « Car tu ne ressentais strictement rien pour moi. Ce n’est pas la peine de te voiler la face. » Souffla-t-elle avant de laisser retomber son bras sur le matelas, légèrement gauche. La souffrance qu’elle avait ressentie n’avait jamais eu d’égal et c’était assez étonnant en soi étant donné que ça n’avait été qu’une petite amourette d’adolescente. Amourette qui l’avait mise en garde contre les sentiments, qui l’avait protégée, du moins jusqu’à l’arrivée en fanfare d’Ezéchiel à CONTROL. Bien que le terme « en fanfare » soit un peu trop excessif pour la personnalité réservée de son collègue.

Juliet quitta le lit maladroitement, resserrant la couverture autour de son corps fébrile. Que voulait-elle faire ? Elle-même n’en savait rien. Se rendant compte qu’elle se rendait ridicule à se tenir d’une façon aussi bancale, J. leva un regard dubitatif vers son interlocuteur. Cette scène lui en rappelait une autre qui s’était déroulée des années auparavant. Leur unique nuit avait débuté ainsi ; l’un face à l’autre pour une ultime confrontation qui s’était « éternisée ». Charmante petite querelle qui s’était achevée de la plus douce des manières, même s’il n’y avait jamais rien eu de vraiment « doux » entre eux. « Le passé appartient au passé, n’en parlons plus. » Elle accorda à Ezéchiel un pauvre sourire qui était tout sauf sincère mais à l’heure actuelle J. n’avait cure de la sincérité. La jeune femme soutenait le regard azuré avec un peu trop d’insistance étant donné que ses pommettes prirent une teinte délicieusement cramoisie. Cependant ce brusque changement pittoresque passa inaperçu de par les ombres qui masquaient toutes les couleurs de la chambre et de ses téméraires occupants.

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 27 Nov - 0:28




    C’était comme si elle avait gravé sa présence au fer rouge sous sa peau. Une brûlure ancienne qui se réveillait d’un simple regard, d’un simple contact, si bien qu’il se demandait comment il avait pu l’ignorer quand il avait pris Juliet dans ses bras et l’avait pressée contre son torse ou qu’il l’avait soulevée de terre. Il ne pouvait pas dire qu’il était à l’aise avec ce genre de sentiments. C’était quelque chose qu’il avait toujours fait en sorte de maîtriser et qu’il avait fini par cadenasser dans un coin pour ne plus rien laisser s’exprimer. Il régnait en son être un certain flottement qui du reste demeurait agréable jusqu’à ce qu’elle ouvre à nouveau la bouche. Elle le toucha et un coup de fouet endolorit ses reins. Un courant électrique qui courra sous sa peau, le long de son bras et qui fit se dresser ses poils. Son index tressaillit légèrement et il serra le poing, comme pour masquer la faiblesse de son corps face à sa volonté. Son regard resta un moment posé sur leurs doigts qui semblaient aimantés les uns aux autres puis il releva doucement la tête, hagard, incapable de croiser son regard. Ses yeux papillonnèrent, dansèrent de sa bouche à la ligne de son épaule, puis de nouveau ses lèvres qui assenaient des paroles assassines.

    Elle ne pouvait être plus loin de la vérité. Mais devant tant de fermeté il ne sut comment se défendre et il plia une nouvelle fois sous le coup de trop d’émotions. Dieu qu’elle pouvait être cruelle avec lui. Elle était la voix de toutes ces choses qu’il s’était interdites. Délicieuse tentatrice. Est-ce qu’elle n’avait pas vu l’ardeur avec laquelle il tentait de la détester pour masquer tout ce qu’il adorait chez elle ? Il n’avait jamais pu supporter qu’elle s’éloigne de lui, qu’elle oublie leur stupide querelle. Il avait tremblé, la première fois qu’elle l’avait embrassé, ce qui avait du passer pour un accès de frénésie. Il avait hésité à demander à ce que cette nuit se prolonge. Il n’avait jamais pu être rassasié de son corps, de son rire, de son parfum. C’était tout ça qu’il avait vainement essayé de se cacher. Il pinça ses lèvres jusqu’à ce qu’elles ne forment plus qu’une ligne horizontale sur son visage. D’un seul coup elle lui apparaissait inaccessible et alors qu’il n’aurait eu qu’à bouger le petit doigt pour la toucher, il ressentit le vide qui l’entourait quand elle recula sa main. Son bras retomba le long de son corps, comme un déchet inutile.

    Soudain il ne pouvait plus supporter sa vue. Tout en étant incapable de décrocher son regard de sa silhouette finement dessinée dans l’obscurité. Sa peau luisait faiblement, prise pas les quelques halos de lumière qui traversaient la pièce. Il aurait voulu faire courir ses doigts sur ces lignes incertaines juste pour en éprouver la véracité. De ses lèvres il se voyait déjà dévorer la ligne de sa nuque et le dénivelé de ses épaules. Il savait précisément ce que cachait ce drap informe et cela le rendait encore plus attrayant. Il aurait voulu qu’elle ne se laisse pas abuser par ce manque de prise sur sa personne qu’il lui offrait. Il aurait souhaité qu’elle soit capable de lui au travers de son aveu. Oui il y avait repensé. Oui il y pensait. Oui il le voulait.

    « Tu as sans doute raison… » Répondit-il, jouant avec le filtre de sa cigarette, le faisant rouler entre ses doigts. Il fit un autre pas en avant, se retrouvant de nouveau dans la zone d’attraction de la jeune femme, son regard maintenant fermement planté dans le sien. De là il pouvait sentir son parfum, de même que l’air chaud qui s’échappait de ses lèvres et venait se heurter à lui. Il devait légèrement baisser la tête pour mieux la voir car elle était plus petite de quelques centimètres. Il aurait été facile de lui voler un baiser. Et puis quoi ? Quel sens aurait été donné à ce geste ? Aucun à en juger parce que leur nuit avait laissé comme trace. En se détournant il porta de nouveau le filtre à ses lèvres, trop heureux de pouvoir se noyer dans la nicotine. Il s’accrocha à sa cigarette comme un naufragé, le visage de la jeune femme brouillé à sa vue par la fumée. Quelle idée stupide d’avoir mis ça sur le tapis, ce n’était que l’égarement de deux adolescents. Il n’était plus ce gosse. Mais pas encore l’homme qu’il souhaitait. Complètement paumé.

    « Je te réveillerais dans cinq heures. Histoire que je puisse me reposer aussi. Et…. » Ecrasant sa cigarette il sembla chercher ses mots en même temps que sa main ébouriffait sa crinière ébène. «… Juliet tu sais tu te trompes sur…. » On frappa soudain à la porte de la chambre et le jeune esquissa une grimace, retenant de justesse les mots qui allaient lui échapper. Il alla ouvrir la porte à grandes enjambées et laissa entrer deux de leurs collègues qui ramenèrent le matériel d’écoute. Les micros étaient posés. Ils repartirent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Soupirant il s’accorda de s’abandonner de nouveau à son regard. « Tu te trompes sur pas mal de choses. Sauf peut-être une. Le passé appartient au passé. »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Sam 27 Nov - 11:46



    Still feels like our first night together,
      Feels like the first kiss.

Spoiler:
 

Ses lèvres frémirent tandis qu’elle attendait un baiser qui aurait pu être le synonyme d’une salvatrice liberté. Un poids s’imposa alors dans sa gorge, lui rendant alors difficile la lourde tâche de déglutir. Jouant avec le filtre de sa cigarette avant d’en tirer une longue bouffée, Ezéchiel semblait fuir le regard inquisiteur de la jeune femme qui, toujours debout, tentait de mettre à jour ce qu’elle ressentait. Cette tâche n’était pas aisée et Juliet ne pouvait pas en venir à bout. Les mots refusaient de traverser ses lèvres, rendant sa torture encore plus délectable. L’Enfer n’avait plus à s’ouvrir sous ses pieds malhabiles. Ezéchiel avait toujours représenté la douleur, une douleur que J. n’avait plus envie de ressentir. La souffrance de se faire rejeter et la blessure de voir celui qu’elle avait adulé prendre le large, lui tournant résolument le dos sans lui promettre quoi que ce soit. Juliet aurait aimé des promesses d’avenir et des acquiescements silencieux. Elle n’eut ni l’un, ni l’autre. A l’heure actuelle, elle aurait pu tendre la main et effleurer la cicatrice qui marquait sa fossette. Elle aurait aussi pu poser ses lèvres dans le creux de son cou afin d’y déposer un furtif baiser ou bien avoir son aval afin de mordiller le point sensible où sa nuque et son épaule se rencontraient. Tout en elle crevait d’envie.

Tu as raison de changer de sujet, E. Les yeux fuyants, Juliet se mordillait l’intérieur de ses joues. Elle croisa les bras, se nichant un peu plus entre cette couverture aux allures protectrices. Il écrasa sa cigarette et entrouvrit de nouveau ses lèvres rosées qu’elle aurait voulu dévorer. Une lueur d’espoir se manifesta dans les yeux fatigués de la jeune femme mais cette espérance fut de courte durée lorsque quelques coups impatients résonnèrent dans la chambre. Les lèvres pincées de Juliet tressaillirent alors qu’elle suppliait Ezéchiel du regard de ne pas aller ouvrir. Pas maintenant. La chaleur la quitta lorsque le jeune homme sortit de sa bulle. La fraîcheur l’envahit, la faisant doucement frissonner. Elle offrit un spectacle grotesque à leurs deux collègues qui s’étonnèrent de la voir si peu bavarde mais qui eurent l’extrême amabilité de ne pas poser la moindre question. Interrogation qui aurait pu être fatale à défaut d’être gênante. Aussitôt repartis, Ezéchiel accepta enfin de croiser le regard de Juliet. Cette dernière se demandait pourquoi il lui refusait un tel ravissement, un tel spectacle. Elle aurait pu rester face à lui toute la nuit, s’offrant corps et âme à ses vices cachés. Ses mots claquèrent comme un coup de feu en pleine nuit. Le passé appartient au passé.

Il l’acceptait sans rechigner. J. baissa la tête, les pommettes en feu. Ce mal de gorge se fit plus virulent, se diffusant lentement dans chacun de ses membres. Engourdie et abasourdie, la jeune femme se détourna d’Ezéchiel. « Je suis bien heureuse que cet avis soit partagé. » Dit-elle en retenant avec peine les larmes qui menaçaient de brouiller sa vue et toute sa crédibilité. Tâchant d’oublier ce qu’elle aurait aimé faire, lui dire, lui faire partager, Juliet s’avança vers le lit. La démarche chancelante. Ses mouvements n’étaient plus très coordonnés, tant et si bien qu’elle s’effondra sur le matelas sans pouvoir retenir un petit souffle d’aise. « Ezéchiel,… moi, je… » Fit Juliet en se redressant brusquement, les mains plantés dans la douceur des couvertures. Moi, je quoi ? Finalement, je retire ce que j’ai dit. Je lance un « temps mort ! » Quoi qu’il advienne, la douleur, elle, est toujours bien présente, rongeant chaque parcelle de sa peau. « C’est pas important. » Souffla-t-elle, parfaitement consciente d’être une caricature grossière d’une donzelle nunuche qu’on voyait régulièrement dans les séries télévisées.

La jeune femme mit un certain temps avant de trouver le sommeil, se tournant et se retournant dans tous les sens, visitant toute les parties inexplorées du lit. Mal à l’aise. Lorsqu’elle s’endormit enfin, aucun rêve ne vint la tourmenter. Le temps passa, la laissant gigoter, détruisant le carré des draps et se débarrassant des oreillers d’un coup leste des poings. Juliet ouvrit brusquement les paupières, un goût âcre envahissant sa bouche. Posant ses coudes sur le matelas, elle se frotta vigoureusement son visage endolori et passa son index le long de ses lèvres gonflées. Après quelques minutes de pure perdition où J. tâchait de se remémorer les événements de la veille, elle parvint à s’extraire du lit. Debout, la jeune femme contempla la couchette à moitié détruite. Désorientée, elle cherchait à déceler Ezéchiel à travers la pénombre. L’aube n’était pas encore levée et apparemment, elle avait dormi un peu moins de cinq heures étant donné qu’il ne l’avait pas réveillée. Quelques mèches folles lui chatouillaient les joues. Ses yeux étaient à peine ouverts, cherchant son collègue à tâtons.

« Ezéchiel ? » Siffla-t-elle d’une petite voix. Juliet étouffa un petit cri de douleur lorsque son genou rencontra un meuble. C’était une expédition de tous les dangers. Elle tituba avant de basculer. Lorsqu’elle rencontra le sol, elle ne sut pas retenir un juron qui aurait pu faire trembler les murs d’une église. Ceci étant cette petite chute aurait presque pu lui faire oublier ce qu’E. lui avait dit. Et l’affliction qui s’était imposée à elle.

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Dim 28 Nov - 1:23




    Rageur il essayait au mieux de son contenir. Les muscles de ses mâchoires se contractaient par intermittence et les jointures de ses doigts étaient devenues blanches de par la pression qu’il exerçait de ses poings. Il avait envie de cogner, de hurler, de laisser échapper tout ce qui le torturait. Il fut lui-même surpris par la violence de cette réaction, et la formidable aptitude qu’il avait à le dissimuler. Plus maintenant que tout autre jour il avait le sentiment d’être une coquille vide. Il y avait bien quelque chose aux commandes de chacune de ses actions mais le reste n’était qu’un immense néant. C’était sans âme qu’il se baladait depuis des années. Du dos de la main il frotta son nez et préféra ignorer les propos de Juliet. Il ne savait pas à quel jeu jouait cette femme, ni ce qui la faisait avancer. Elle demeurait le plus parfait des mystères. Dire qu’il avait été assez sot pour croire que quelque chose traînait dans l’air quand ils se retrouvaient tous deux. Au fond ce n’était que des relans doux amers de vieux souvenirs. Des reliquats qu’on ne pouvait s’empêcher de chérir mais qui ne restaient rien de plus qu’une image fanée. Tournant le dos à sa collègue, il manipulait des objets sans trop savoir qu’en faire. Il aurait voulu fuir tant la sensation de s’être miss à nu lui était désagréable mais ça lui était impossible. Ils étaient coincés sur cette mission, pour dieu seul savait combien de temps encore, et il ne supportait pas sa présence une seconde de plus. Il se crispa quand elle ouvrit à nouveau la bouche, à la fois fasciné et agacé par le velouté de son timbre. Il se tourna à demi, de façon à l’avoir partiellement dans son champ de vision. Il attendit et puis rien. Rien d’autre que le formidable vide qui les unissaient.

    Alors il fit ce pour quoi il était venu, il installa les derniers écrans de contrôle qui leur étaient nécessaires pour la surveillance tandis qu’elle retournait se coucher. Le plus silencieusement possible, il jonglait avec les images qui avaient été enregistrées, à la recherche de quelque chose qui pourrait leur servir pour leur enquête. Complètement absorbé par sa tâche il laissa comme ça filer une ou deux heures, sans plus s’intéresser à ce qui se passait autour. C’était l’un de ses principaux défauts, il était obsédé par ses missions tant et si bien qu’au final il avait négligé les autres aspects de sa vie. Bien sûr depuis quelques années qu’il travaillait maintenant à CONTROL il avait fait quelques connaissances, mais ce qu’il savait de ses collègues n’allait jamais au-delà des grands basiques « âge, nom, type de café bu ». Se redressant dans le fauteuil qu’il occupait, il joua à faire rouler ses muscles endoloris et se leva pour dissiper les fourmillements dans ses jambes. Une douleur sourde animait ses membres et il laissa échapper un soupir en même temps qu’il étirait sa colonne vertébrale. Dans le même temps son regard acier glissa sur la jeune femme endormie, dont on devinait à peine les formes sous le bazar des draps. Dormir avec elle devait relever du parcours de combattant. Esquissant un sourire, il tira sur un pan de couverture et le ramena sur la jeune femme pour ne pas qu’elle ait froid. Il resta même là bêtement à la regarder pendant plusieurs minutes, résistant à l’envie qu’il avait de glisser ses doigts dans ses cheveux et enfouir son visage au creux de sa nuque.

    Au lieu de ça il fit un tour sur lui-même et ayant pris un écran de contrôle portable, il alla s’enfermer dans la salle de bain. Il posa l’écran sur le rebord de la baignoire, souleva sa chemise pour récupérer l’arme qu’il avait cachée sous ses vêtements et la laissa à côté de l’écran, puis il fit couler un bain avec une bonne dose de mousse. Tandis que la baignoire se remplissait, il se posa devant l’imposant miroir qui emplissait la pièce et constata pour la première fois les dégâts de son altercation avec les agents de Kaos. Son œil droit était légèrement tuméfié et il avait un bleu sur le menton. Il défit lentement les boutons de sa chemise et avisa des bleus aussi gros que des œufs disséminés un peu partout sur son corps. Mais le pire était sans doute le message que lui renvoyait son expression. S’appuyant sur l’évier, il inspira à fond, cherchant à lutter contre un de ses fantômes. N’y parvenant pas il retourna dans la chambre, où il prit une bouteille et un verre dans le mini bar. C’est avec une certaine délectation, une cigarette dans une main, son verre dans l’autre, qu’il plongea dans l’eau bouillante, un œil toujours posé sur l’écran qui n’indiquait rien de plus que les occupants de la chambre du trafiquant, dormaient du sommeil du juste. Lentement il se laissa gagner par la torpeur, se repassant en boucle la conversation qu’il venait d’avoir avec Juliet. Il cherchait où il avait merdé, jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’était bien des années auparavant. Il avait même l’impression d’avoir pris avantage de ce béguin que la brunette entretenait pour lui. Il se dégoûtait. Frappant son front avec légèreté de son verre à moitié vide, ses paupières se fermèrent lentement jusqu’à ce qu’en entendant quelque chose il bondisse hors de l’eau tout couvert de mousse, saisissant au passage serviette et arme. D’un coup d’épaule il défonça la porte pour se retrouver face à… Juliet. Etalée par terre mais seule.

    « Merde je croyais… » Passé le choc il esquissa un sourire moqueur, se rendant compte que la maladroite J. avait encore frappé. « Même quand tu dors on peut pas espérer que tu te tiennes tranquille. Viens là. » fit-il en l’agrippant d’une main pour la remettre sur pieds. Une fois qu’elle fut à sa hauteur il ne put s’empêcher de sourire à nouveau. Elle avait ce pouvoir sur lui. « Je… Euh… » Bafouilla-t-il, ses joues prenant une vive teinte rosée, réalisant qu’il était en mauvaise posture. « J’ai cru que… Pourquoi faut-il toujours que je me retrouve dans les pires situations avec toi ? »
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Dim 28 Nov - 12:17



    Is your secret safe tonight ?
      And are we out of sight ?

Spoiler:
 

Les yeux écarquillés, la jeune femme aperçut Ezéchiel, en tenue plus que légère, sortir de la salle de bain. A première vue, il devait penser qu’un gang de terroristes était venu s’installer dans la suite. Sa main se contractait autour du manche de son arme et il cherchait qui il devait éliminer. Personne E., personne. Enfin son regard se posa sur une Juliet désorientée qui retenait un petit sourire amusé. Le voir choqué ne fit qu’augmenter son envie de ricaner ouvertement mais il la devança au poteau en prenant un air moqueur. Une moue qui, au lieu de l’agacer, fit rosir ses pommettes. Il lui tendit la main qu’elle saisit fermement et, une fois remise sur pieds, elle toisa son collègue en tentant de ravaler son sourire satisfait. Juliet, légèrement déséquilibrée, posa sa main sur l’épaule mouillée d’Ezéchiel. Tandis qu’il bafouillait et cherchait ses mots, la jeune femme restait captivée par son regard azuré. Sa nuque se contracta une nouvelle fois comme sous le coup d’un stress particulièrement intense. Des fourmillements parcouraient la paume de sa main avant de se diffuser le long de son bras. C’était tellement agréable que ça en devint insupportable mais elle ne retira point sa main, n’étant pas capable de briser ce contact qui s’éternisait.

Son regard café glissa le long du nez aquilin d’E. et de ses lèvres pleines avant d’arriver à son torse. Son exploration visuelle ne s’arrêta pas là et elle se mordilla l’intérieur de ses joues en détaillant son torse magnifiquement bien dessiné. Il s’était épaissi depuis leur adolescence et Juliet ne pouvait pas le nier, elle le trouvait parfaitement à son goût. Il n’était pas démuni d’un léger ventre mais ce fait le rendait absolument charmant ; il était bien loin des rugbymen qui posaient pour la gloire en cachant leur intimité avec un ballon ovale et cependant il s’en rapprochait d’une manière tout autre. Elle n’alla pas plus loin que la serviette qui cachait déjà ce qu’elle connaissait et qui rendait ce tissu tout à fait inutile. Esquissant une moue boudeuse, elle pencha légèrement la tête sur le côté, sa main descendant le long du bras d’Ezéchiel avant qu’elle ne retombe mollement le long de son corps. Soudain elle se sentit nue, simplement vêtue d’une t-shirt et d’un sous-vêtement. D’ordinaire, ce genre de tenue et la vision que ses collègues pouvaient avoir sur elle ne la dérangeaient absolument pas étant donné qu’il n’y avait strictement rien entre eux. Sauf une franche camaraderie dans le pire des cas. Posant ses mains sur le bas de son vêtement, elle tira légèrement afin de cacher ce qu’elle ne voulait pas qu’il regarde même s’il la connaissait déjà bien. Se rendant compte qu’elle était ridicule, elle arrêta son petit manège.

Les joues d’Ezéchiel prirent une teinte vive qu’elle pouvait facilement déceler. Il semblait réaliser que le bout de femme qui se trouvait devant lui pouvait être le pire des Démons. Machinalement, Juliet posa sa main sur la fossette du jeune homme et caressa sa courte estafilade du bout de son pouce. « T’avais qu’à ne pas profiter de la baignoire jacuzzi sans moi. » Déclara-t-elle d’une voix geignarde en lui tapotant la joue. Lui accordant un petit clin d’œil complice, J. s’éclipsa vers la salle de bain en essayant tant bien que mal d’oublier les bleus et autres coupures qui étaient décimés un peu partout sur son torse. Cette soirée l’avait troublée, lui imposant quelques doutes en ce qui concernait son état d’agent. A savoir que Juliet ne doutait jamais de ses performances. Cependant lorsqu’elle avait vu son collègue à terre et roué de coups, elle avait été terrifiée à l’idée qu’il puisse perdre la vie. Elle pénétra dans la salle d’eau et, ignorant dignement les vêtements d’E. dispersés sur le sol, coula un long regard au luxe qui régnait dans cette pièce. Certes elle était clairement impersonnelle mais J. pouvait vite s’y faire.

Elle en ressortit rapidement et passa à côté d’E. sans le regarder avant de s’asseoir devant les écrans de contrôle, sourcils froncés et les lèvres pincées. « Tu peux retourner faire trempette, Zez. Je m’occupe de tout. » Déclara-t-elle en tapotant l’écran de l’ordinateur qui lui faisait face, sûre d’elle.

Ce brusque changement de comportement n’était pas rare chez elle lorsque J. savait que tout était perdu d’avance. Là, il était inutile de réfléchir. Le passé appartient au passé. Mais quelle idiote. Autant se comporter en collègue modèle comme elle ne pouvait faire plus, à son plus grand regret.



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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 29 Nov - 19:03




    Cette femme était faite de feu. Chaque fois qu’elle le touchait il avait l’impression que sa peau s’enflammait et il ne savait pas si c’était le pur produit de son imagination ou simplement la raison de cette alchimie qui existait entre eux. Ce dont il était sûr c’est qu’il mourrait un peu plus chaque fois que cette sensation s’estompait. Ces deux derniers jours avaient du le rendre fou, ou bien était-ce le verre qu’il avait siroté, dans tous les cas il avait la sensation de lentement perdre pied et il ne savait plus ni quoi faire, ni quoi dire pour remédier à cela, si bien qu’il ne fit pas un mouvement quand elle effleura sa cicatrice, alors qu’il détestait qu’on y fasse la moindre allusion. Il trouvait même cruel que le destin ait choisi de le marquer à vie le jour de la mort de son frère, comme s’il avait réellement besoin de se voir dans une glace à chaque fois pour prendre la peine d’y penser. La température de son corps grimpa en flèche et il se retrouvé hébété au milieu de la chambre alors qu’elle procédait à une rapide inspection de la salle de bain. Peut-être aurait-il du en profiter pour la plaquer contre un mur ou la prendre sur le carrelage humide mais il en semblait incapable, le moindre mouvement lui demandait un effort surhumain.

    Il cligna des paupières longtemps après qu’elle se soit installée derrière les écrans de contrôle, sans doute parce qu’il avait encore la vision de ses jambes longilignes sous le fin vêtement qui ne cachait strictement rien, qu’elle portait. Il avait adoré ça, ses jambes, et la façon dont elle entourait sa taille avec pour ne plus laisser le loisir à un seul atome de les séparer. Il avait aimé sa façon de frémir sous lui, et de se cambrer contre son torse. Il avait voulu qu’elle plante ses ongles dans sa peau, pour en garder là aussi une trace. Il esquissa enfin un mouvement en se tournant vers elle. Rarement il avait vu une telle expression de concentration chez la jeune femme et il s’attendait à voir de la fumée s’échapper de ses oreilles. Quoi qu’il en soit maintenant qu’elle était réveillée il ne se sentait pas de barboter dans l’eau. Ce n’était cette fois pas une question de confiance, seulement de la gêne à être aussi vulnérable alors qu’elle se tenait à trois mètres de lui.

    Fouillant dans son sac il en retira un jean qu’il enfila en gardant la serviette accrochée autour de ses hanches. Il le boutonna rapidement mais pas entièrement puis d’une main remis en peu d’ordre dans sa tignasse humide, puis il revint vers Juliet pour observer ce qu’elle faisait, laissant la serviette au sol. « Bon depuis que tu es couchée il ne s’est rien passé de bien spécial. Ils ont fait venir des prostituées, elles sont d’ailleurs toujours là. Comme les micros viennent d’être installés je n’ai pas pu retracer ce qui s’est passé avant. J’ai quand même demandé à un collègue qu’il nous fournisse la liste des appels passés depuis la chambre. J’attends toujours. Un problème avec les satellites ou je ne sais pas quoi... »

    Il posa une main dans le dos de Juliet et de l’autre lui indiqua un point sur l’écran. « Tu vois ces salauds prennent du bon temps. Ce qu’on peut craindre c’est que comme ils nous ont repérés, ils décident de ne pas aller au bout de leur contrat. C’est ce que je ferais aussi si j’étais à leur place, trop risqué. Qu’on ait quitté l’hôtel peut nous aider à changer la donne mais il n’y a rien de sûr. Ces petits cons sont pas aussi abrutis qu’on pourrait le penser. »

    Il soupira. « En attendant on est obligés de rester là jusqu’à ce qu’ils décident de lever le camp. Rien que pour se foutre de notre gueule ils pourraient se payer le luxe de rester là… » Ezéchiel bouillait de rage, il détestait l’inaction autant qu’il pouvait détester les membres de KAOS. Droit, il n’avait jamais accepté ni pardonné un seul faux pas et son intégrité ne lui avait pas apporté une grande popularité. On n’aimait jamais les gens trop biens.

    « Si ça te tente en attendant on peut commander à manger. Je n’ai rien avalé depuis… Trop longtemps ! »
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 29 Nov - 22:25



    I see your true colors
      And that's why I love you.

Spoiler:
 

Sans quitter l’écran des yeux, Juliet ressassait sans cesse la conversation qu’elle avait eu l’audace d’entretenir avec Ezéchiel. Bien consciente qu’elle ne pouvait plus se conduire comme elle avait l’habitude de le faire, c’est-à-dire en tant que séductrice légèrement taquine, J. ne savait plus comment réagir à l’encontre d’E. Si ça avait été une paisible histoire de sexe, la jeune femme aurait su comment réagir. Elle se serait donnée jusqu’à ce que la passion s’éteigne ou bien elle l’aurait dénoncé pour harcèlement sexuel. Le problème aurait été rapidement résolu et, en somme, cela aurait été grandement plus facile d’agir de la sorte plutôt que de se tourmenter pour une poignée de sentiments qui revenaient lui donner la migraine. S’essuyant la lèvre inférieure du dos de sa main et, en y réfléchissant, Juliet préférait être sage et ne pas tenter le Diable. Surtout lorsque le dudit Diable se trouvait dans la même pièce qu’elle, ses cuisses enroulées dans une serviette qu’elle n’aurait eu aucun mal à lui ôter. Seigneur, ayez pitié de moi. Posant ses coudes sur la table, J. plongea sa figure dans la coupe que formaient ses paumes, le bout de ses doigts froids massant l’arrête de son nez aquilin.

Profitant de ce moment de calme, J. coula un regard curieux à Ezéchiel qui boutonnait son pantalon. Une vague de chaleur la traversa et ses yeux se portèrent automatiquement vers la serviette qui menaçait de tomber à chaque instant. En effet, elle tomba, mais seulement après coup au grand damne de la pauvre jeune femme qui reporta l’intégralité de sa concentration sur l’écran. Un fin sourire étira ses lèvres rosées lorsqu’E. évoqua des prostituées qui se terraient encore dans la chambre des trafiquants. Ils dormaient apparemment tous, essayant de se revigorer après une nuit pleine d’émotions diverses et de sports pas réellement homologués. Et en parlant de ce genre d’activités, un frisson lui parcourut doucement le corps lorsqu’Ezéchiel lui posa la main dans son dos, lui montrant alors un point sur l’écran dont elle n’avait cure. Cependant, sachant rester – à peu près – professionnelle lorsqu’il le fallait, Juliet se massa le front tout en plissant les paupières. Elle hocha lentement la tête et observa son collègue qui semblait excédé. J. le comprenait parfaitement même si elle devait avouer que si ces trafiquants désiraient rester un peu plus longtemps dans leur suite luxueuse, ça ne la dérangerait absolument pas.

Juliet se recula légèrement, se calant contre le bras dénudé d’Ezéchiel. C’était tellement agréable qu’une foule de souvenirs traversa son esprit, s’emparant de ses muscles et l’empêchant de se montrer raisonnable. J. se souvint qu’elle avait adoré la façon dont son corps s’était moulé contre celui d’E. et lorsqu’il avait, de ses mains, trouvé la chute de ses reins… Quand elle s’était lovée contre lui, sachant pertinemment que cette nuit était leur première. Leur dernière. Mais cette pensée n’avait pas empêché sa bouche de se confondre avec celle d’Ezéchiel, tremblante et envahie par un désir qui n’avait fait que croître tout au long des minutes écoulées.

Elle souffla, amusée, tout en se redressant. « Je veux bien du caviar et des huîtres. » Cynique, J. toisa son collègue avant de lui tirer la langue, enfantine. « Je plaisante. S’il y a des frites, ça m’ira parfaitement. » Elle ne détourna pas les yeux, fascinée par cette cicatrice qui barrait sa fossette. La jeune femme ne pouvait pas penser à autre chose. Cette estafilade donnait à Ezéchiel un petit côté sombre. Plus sombre que d’habitude, disons. Détachée, elle se leva et alla farfouiller dans ses bagages, à la recherche d’un dossier.

« Si j’avais su, j’aurais pu me faire passer pour une prostituée. » Siffla-t-elle en s’éventant le visage avec quelques feuilles volantes. « Et leur tirer des informations. » Rien à dire là-dessus, la jeune femme se croyait vraiment dans un film d’espionnage où tout était toujours si simple. Et si tout n’était pas simple, alors il y avait toujours un hélicoptère sorti d’on ne sait où, paré à récupérer les rescapés d’une carcasse flottante de bateau.

« On devrait s’introduire dans leur suite lorsqu’ils ne seront pas là... En tout cas, je refuse de rester dans cette chambre pendant plus de deux jours, je te préviens.» Elle leva un regard pétillant vers Ezéchiel et, avec une légère moue inquiète, demanda sur un ton qu’elle voulait léger mais qu’elle réussissait à peine à rendre terrifiant « Je change complètement de sujet, je sais mais... On m’a dit que tu avais été marié. C’est vrai ? » Ce fameux « on » représentait sa propre personne. Il ne fallait pas se faire des idées, oui, elle avait fait des recherches sur son cher Ezéchiel Hoverwood et ce qu’elle avait appris l’avait mise en rogne. Certes elle n’avait pas pensé qu’il passerait une ceinture de chasteté après leur nuit mais… de là à se marier. Inconsciemment, un petit voile de jalousie brouilla sa vue juste avant qu’elle ne se lève et se dirige d’un pas inquisiteur vers son collègue.

Juliet aurait aimé qu’Ezéchiel n’ait pas ce pouvoir sur elle. Un pouvoir quoi qu’assez incertain certaines fois. En tout cas, il ne l’aidait pas à mesurer correctement ses pulsions en s’affichant torse nu et avec son jean pas totalement fermé. La jeune femme se découvrait une nouvelle facette qui lui tordait l’estomac. Savoir qu’une femme a eu ce qu’elle avait tant espéré, lorsqu’elle était adolescente, la rendait folle. (que ce soit le mariage ou bien toutes ces nuits passées ensemble… ensemble sans la moindre petite pensée pour la pauvre brunette qui ruminait son malheur aux côtés d’amants pas toujours potables) Poings sur les hanches et nez levé, J. représentait à elle seule toute la dignité féminine qu'un homme devrait fuir.

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 30 Nov - 0:16



    Ezéchiel se rendait compte que le pire dans tout ça était que les choses n’auraient pas été plus simples si il ne s’était rien passé à l’époque du lycée. Ce n’était pas comme s’il n’avait jamais rien ressenti à l’égard de la jeune femme. C’était quelque chose qui avait toujours été là, ne demandant qu’à ce que l’objet de la flamme soit présent pour être ranimé. Flamme. Rien que l’idée le faisait sourire. Jamais il ne s’était imaginé qu’il emploierait de tels termes en pensant à Juliet mais elle était ce qui se rapprochait le plus d’un coup de cœur à ses yeux. Il avait chaud. Il avait froid. Il perdait ses moyens. Il se sentait diminué. Beaucoup diraient qu’il était étrange de prêter d’aussi mauvais mots pour qualifier le simple fait de tomber amoureux. Mais regardez… Tomber… C’était une chute libre dans les ennuis. On n’était jamais aussi en danger que lorsqu’on acceptait de se mettre à nu. Alors passer sa colère sur ces maudits trafiquants était un joli dérivatif mais il n’effaçait pas le fait qu’il avait posé sa main dans son dos, qu’elle ne s’était pas dérobée et qu’il profitait de ce contact impromptu. D’ailleurs quand elle se leva il laissa sa main posée là où elle l’était, ses doigts accompagnant son geste pour rester en contact avec elle le plus longtemps possible.

    Souriant à la taquinerie de Juliet, il opina du chef sur la proposition qu’était faite de manger des frites. La veille il aurait sans doute butté sur le caviar et l’aurait sermonnée sur « ce bon vieux contribuable qui payait leurs dépenses » à cheval comme toujours sur une étique qui n’était chère qu’à sa personne. C’était assez triste quand on y pensait, il s’accrochait à certains préceptes comme d’autres remplissent leurs vies à coups de soirées entre potes et visites à la famille, meublant les vides avec une attitude qu’il voulait digne. Au fond il ne faisait que brasser du vent. Retenant une grimace quand J. parla de jouer la prostituée, il essaya de s’empêcher de penser aux mains de ces hommes posées sur elle tandis qu’en leur offrant un lap dance elle essayait de leur soutirer des miettes d’informations sur leur trafic. Comme s’ils allaient tout raconter parce qu’elle leur aurait montré ses seins – qu’elle avait très jolies au passage, fermes et en forme de petites poires qui tenaient dans le creux de sa paume – merde E. tu es ridicule…

    « Je crois pas que ce soit des informations que t’aurait tiré… » Fit-il avec une grimace qui voulait ressembler à un sourire mais qui lui donnait l’air d’avoir croqué dans un citron.

    Se détournant légèrement parce qu’elle avait décidemment un regard prompt à le déstabiliser il répondit. « Si on arrive à trouver des preuves elles ne seront pas valables sans mandat. Mais si tu as besoin de t’aérer c’est pas un souci. Tu pourrais aller faire un tour et puis voilà… » Concéda-t-il l’esprit toujours pratique.

    Ce à quoi il ne s’attendit pas fut la nouvelle question de Juliet. Fronçant les sourcils en secouant la tête, comme pris en flagrant délit il rétorqua. « Qui a dit ça ? » Quelle importance vraiment ? Un secret ne restait jamais secret chez CONTROL. Il se racla la gorge, embarrassé, mais n’en oublia pas pour autant de répondre, sans doute parce qu’elle se rapprochait de lui de façon assez menaçante.

    « J’ai été marié pendant deux ans c’est tout. » Est-ce qu’il essayait de minimiser la chose ? Sans aucun doute. Il en avait souffert plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Et puis comme si le fait d’avoir prononcé les premiers mots avait libérés les vannes il enchaîna. « Je me sentais en sécurité avec elle. Tout était simple. On ne s’égueulait jamais. Et on était d’accord sur pas mal de choses. J’ai cru que ça suffisait pour faire tenir un mariage et je me suis trompé. Ce qui nous manquait c’était la passion. C’était l’amour. Elle… Elle a fini par fréquenter quelqu’un d’autre et je pouvais le voir… Rien qu’à la façon dont elle coiffait ses cheveux. On a décidé que c’était mieux de tout arrêter. Elle s’est mariée à ce type et je crois qu’ils ont des enfants. » Il haussa les épaules, comme si ce dernier détail importait peu. Un instant il sembla perdu dans ses pensées puis il ajouta. « Des frites alors ? Je vais passer commande… » Dit-il sans jamais croiser le regard de Juliet.
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mar 30 Nov - 21:11



    Carve your name into my arm,
      Instead of stressed, I lie here charmed.

Spoiler:
 

« Je me fiche du mandat ! » S’exclama violemment Juliet en brandissant son dossier vers Ezéchiel. Tel était son plus grand problème. Sa désinvolture n’avait jamais été d’une grande aide dans ses missions et Ezéchiel était bien placé pour le savoir. « Je m’en fiche complètement. » Marmonna-t-elle, la moue boudeuse, en jetant l’espèce liasse de documents sur la valise entrouverte.

Ses pommettes prirent une teinte rouge bien prononcée lorsqu’Ezéchiel posa la question fatale : Qui a dit ça ? Juliet se massa la nuque, les yeux fixés sur un point invisible derrière son coéquipier. Elle cherchait tant bien que mal à accuser un agent qu’elle n’appréciait pas énormément à CONTROL mais elle ne pouvait décemment pas rejeter sa propre faute sur quelqu’un d’autre. E. se racla la gorge, embarrassé par la curiosité de J. mais répondit tout de même. Et ce qu’il lui dit la fit grimacer. Elle compatissait mais plutôt crever que de dire qu’elle était désolée pour lui. Si sa femme avait pris la poudre d’escampette alors Juliet était tranquille, le chemin était dégagé. Néanmoins, elle ne pouvait pas comprendre l’ancienne Madame Hoverwood. Miss Ainsworth avait souffert durant tout une année afin d’obtenir une seule et unique nuit en compagnie du jeune homme et cette espèce d’ahurie, peu consciente de sa chance, l’avait épousé et l’avait fait cocu. Ce qui impressionnait Juliet, c’était le flegme avait lequel Ezéchiel racontait cette histoire. Cependant la demoiselle supposait qu’il cachait une douleur cuisante. L’échec d’un mariage n’a jamais été une amusante petite blague à raconter entre potes mais bel et bien un raté qu’on devait avouer à ses amis et à sa famille. La honte, pensa amèrement J.

« C’est… hm. C’est vraiment très triste. » Fit-elle en se tordant les mains, tentant de capter le regard d’Ezéchiel sur elle mais peine perdue, ce dernier semblait être fasciné par autre chose.

Et voilà qu’il changeait de sujet. Juliet resta pantoise, un court moment, ne se souvenant pas d’avoir déjà vécu ce genre de situation auparavant. D’habitude, elle avait toujours quelque chose de crétin à dire mais là… impossible de trouver la moindre plaisanterie sur les balafrés. Que pouvait-elle dire ? Oui, je veux des frites. Non, elle ne voulait pas se laisser faire et suivre bêtement le chemin que lui indiquait Ezéchiel. Ce n’est pas en évitant le sujet qu’ils allaient le régler. D’un pas rapide, elle posa sa main sur celle d’E. et lui concéda un sourire rassurant. Après voir soufflé un petit « Viens-là », de ses bras elle entoura la nuque de son collègue et colla son t-shirt contre la peau mouillée de son torse. La jeune femme nicha sa figure au creux de son épaule, se laissant emporter par ses quelques sensations enfouies depuis bien trop longtemps. Tout lui revenait en flash-back : lorsqu’elle avait forcé la bouche du jeune homme de la pointe de sa langue et lorsqu’E. avait baisé la naissance de ses seins sans jamais les toucher. Elle n’avait pas le souvenir d’avoir formulé la moindre supplique et c’est sur cette pensée que Juliet s’écarta légèrement de son collègue, toute chose.

« Cette femme ne savait pas la chance qu’elle avait. » Murmura avec douceur la demoiselle en passant sa main droite sur la cicatrice d’Ezéchiel tandis que l’autre restait fermement accrochée à son épaule. Fascinée, elle resta immobile quelques secondes, consciente de la chaleur du corps d’E. contre le sien et de son souffle qui se mêlait au sien. Son pouce ne cessait de passer et de repasser sur l’estafilade qui barrait la fossette de son collègue. « Tu aurais voulu avoir des enfants avec elle, non ? » Demanda J. d’une voix douce tout en captant le regard azuré d’Ezéchiel. Qu’il ait voulu avoir une descendance… elle pouvait parfaitement le concevoir. Pourquoi avait-elle posé cette question ? Elle n’en savait strictement rien. A vrai dire, J. avait une curiosité vraiment mal placée et elle s’intéressait aux détails douloureux qui faisaient l’homme.

Machinalement, la jeune femme ne cessait pas de « caresser » le visage d’Ezéchiel du bout des doigts, fébrile. Elle n’avait pas la force de s’éloigner et de le laisser commander des foutues frites, de paraître indifférente à son vécu.



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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mer 1 Déc - 1:56



    S’il n’avait pas trouvé le sujet aussi sérieux, et l’emportement de Juliet dangereux, Ezéchiel aurait sans doute rit face à cette réaction qui était l’illustration parfaite du tempérament enflammé de la jeune femme. Il s’attendait bien à ce qu’elle balaye ses protestations d’un regard langoureux et d’une détermination de fer, et il admirait en un certain sens cette volonté sans faille dont elle était habitée. Il espérait simplement qu’à force il serait en mesure d’inculquer un peu de bon sens dans cette tête de caboche sinon elle finirait par se faire descendre. Car même s’il le voulait il ne pourrait pas toujours être là pour veiller au grain. S’il en était à laisser librement s’exprimer ses sentiments, il devait bien s’avouer qu’il croisait les doigts chaque fois qu’on affectait la brunette à une mission sensible. Que dirait-elle si elle apprenait qu’il avait fait des pieds et des mains pour être aujourd’hui avec elle ?

    Toutes ces considérations perdirent de leur importance quand Juliet fit part de son ressentit au grand brun. Triste. C’est sans doute la façon dont on pouvait résumer l’affaire. De son point de vue ça avait été un véritable chamboulement et une blessure de plus. Comment pouvait-il expliquer que malgré toute son application les personnes qui comptaient le plus pour lui étaient sorties de sa vie ? D’abord son frère, qu’il avait été incapable de protéger contre lui-même. Puis sa femme, qui en dépit de ses attentions, avait préféré les bras d’un autre. Il avait fini par en venir à la conclusion que quelque chose clochait sérieusement chez lui et qu’il était bien mieux seul. Il ne prenait plus le risque de souffrir. Pourtant il n’en vivait pas mieux. Chacune de ses journées ressemblaient mortellement à la précédente. Il n’y avait que Juliet pour ajouter ce grain de folie à sa vie. D’une minute à l’autre il ne savait jamais ce qui allait lui arriver quand elle était dans les parages. Il avait beau s’être fait bastonner il en redemandait.

    Il eut un mouvement de recul quand il sentit le brusque contact de sa paume contre sa peau. Avant qu’il ait le temps de comprendre elle s’était lovée contre lui et stupéfait, il gardait ses mains en l’air, incapable de savoir qu’en faire. Son souffle s’était bloqué dans son torse quand elle avait collé sa menue poitrine contre lui et il avait eut beaucoup de mal à supporter l’idée de son corps à moitié nu plaqué contre le sien. Ce fut comme un coup de fouet qui traversa son épine dorsale et raviva le souvenir âcre de leur sueur mélangée et la douceur de ses baisers. La chair de poule le gagna alors que son souffle chaud s’attardait dans sa nuque et il se demanda s’il existait plus exquise torture. Ce qui était certain c’était qu’il ne résisterait pas deux minutes si les agents de KAOS décidaient d’utiliser ce genre de méthode. Fermant les yeux il se laissa bercer par l’idée qu’il restait bien quelque chose en lui à aimer. Mais il s’était toujours sentit trop maladroit face à cette admiration que Juliet entretenait à son égard. Il n’avait jamais compris ce qu’il avait pu faire de si spécial qui lui avait accordé le cœur de l’adolescente et de la femme qu’elle était aujourd’hui. Sa joue le picotait agréablement et sa fossette se contracta en un sourire timide.

    En baissant le regard il avait eut tout le loisir d’admirer le t-shirt devenu transparent de Juliet. Les cheveux en bataille à cause de sa nuit, son maquillage légèrement brouillé par le sommeil, elle représentait le plus formidable des fantasmes masculin. Il n’y avait rien en elle qu’il n’avait pas envie de toucher, caresser, embrasser, sucer… Il aurait voulu qu’on le foudroie sur place car une telle douleur associée à un tel plaisir ne pouvait pas être indéfiniment supportable. Des enfants ? L’idée le traversa rapidement et il l’oublia presque aussitôt. S’il en avait voulu il ne se souvenait pas que ce soit avec elle. Non pas avec elle. Soutenant le regard de Juliet, Ezéchiel hocha la tête négativement, puis il se concentra sur l’arc de cupidon de la brunette qu’il rêvait de mordiller. Quelque chose dans cette lente caresse qu’elle appliquait sur son visage, le magnétisme de son regard, l’indécence de sa tenue, l’aida enfin à trouver où poser ses mains. Elles agrippèrent la fine taille de la jeune femme, la ramenant brusquement contre lui pour le peu qu’elle s’était éloignée. A mesure que les secondes s’égrenaient, son souffle soulevait son torse avec plus de violence. La raison devait le batailler à la passion. Il ne fut pas difficile de deviner laquelle l’avait emportée lorsque son pouce glissa sur l’arrête de sa mâchoire et qu’il releva son menton pour explorer sa nuque avec gourmandise et frénésie. Ses mains glissèrent sur la culotte de coton de Juliet pour agripper ses fesses avec force et il mordilla son épaule, soumis à la violence des sentiments qu’elle déclenchait en lui. « Juliet. » s’entendit-il soupirer à son oreille. Ses lèvres effleurèrent à nouveau son menton, pour venir effleurer sa bouche. Quelques derniers millimètres qu’il n’osait franchir qu’il lui laissait le loisir d’anéantir.
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Mer 1 Déc - 21:16



    L'amour comme un boomerang
      me revient des jours passés.

Spoiler:
 

En s’étant rapprochée d’Ezéchiel, Juliet n’avait pas su à quoi s’attendre. La jeune femme pensait qu’elle seule rongeait son frein dans son coin. Lorsqu’elle s’était détachée de son collègue, la demoiselle avait coulé un petit regard inquiet à son t-shirt qui était devenu transparent à cause de la peau humide d’E. contre laquelle elle s’était collée avec frénésie. Ce dernier finit enfin par encercler sa taille fine afin de la ramener vers lui, elle se heurta alors à son torse. Surprise, la jeune femme arqua un sourcil sans pour autant cesser les quelques caresses qu’elle administrait à la cicatrice d’Ezéchiel. Machinalement, son pouce passait et repassait sur cette mince estafilade. Elle se délectait de ce contact qui s’éternisait et c’est à peine si elle prit garde au fait que le buste d’E. se soulevait avec plus de violence qu’auparavant. La chair de poule commença à lui parcourir les bras tandis qu’elle soutenait avec peine le regard azuré du jeune homme. Il passa son doigt sur son menton tremblant avant de fondre sur sa nuque ; la demoiselle gémit imperceptiblement avant de renverser sa tête en arrière. En sentant des mains assurées serrer ses fesses, le souffle de Juliet se fit plus bruyant. Délaissant la joue d’Ezéchiel, elle posa ses paumes sur son torse avant de lui administrer quelques caresses désordonnées. Son épaule fut la victime de la bouche avide du jeune homme et la perspective de se voir offrir un baiser rendait sa vision floue.

Elle sentait son souffle rencontrer son oreille dans un murmure où il prononçait son nom avec chaleur. Cette torture n’en finissait pas au grand damne de Juliet qui ne savait plus que faire, ni que dire. La jeune femme se rendait compte qu’il y avait certains moments qui ne nécessitaient pas forcément des paroles mais plutôt des actes concrets. Les lèvres pleines d’Ezéchiel parcoururent sa mâchoire avant de venir frôler ses lèvres entrouvertes. Les doigts de J. se contractèrent autour de la nuque du jeune homme, clairement incapable de tenir plus de deux secondes dans cette même position. Son souffle se mêlait à celui d’E. et elle commença à dessiner de petites arabesques du bout de ses doigts sur le haut de son torse. Juliet ne voulait pas que cette scène dure trop longtemps, elle ne pouvait pas s’éterniser de toute façon, mais chaque seconde pour elle comptait comme une éternité : chaque détail méritait d’être inscrit dans sa mémoire. Elle se refusait d’oublier la moindre petite chose, la moindre seconde, aussi insignifiante puisse-t-elle être.

Juliet ne pouvait pas détacher ses yeux de sa cicatrice, signe d’un passé lourd qu’Ezéchiel traînait derrière lui. Son regard bleuté dont les éclats la faisaient chavirer. Le creusement de ses fossettes. Le haut de son corps, son jean à moitié boutonné qu’elle mourrait d’envie de faire valser. Ses épaules, le goût de sa peau, la chaleur qu’il provoquait en elle. Frénétique, Juliet hâta sa bouche de se plaquer contre celle d’Ezéchiel. Ses mains s’égarèrent dans sa chevelure ébène qu’elle agrippa avec force tandis que son corps se moulait parfaitement contre celui du jeune homme. Sans attendre une quelconque approbation, elle fit glisser sa main droite le long de son torse avant d’insérer deux doigts entre le jean et la peau tendue d’E. Elle fit sauter deux boutons à l’aide de son pouce et s’arrêta là, sa bouche commençant à taquiner le lobe de l’oreille du jeune homme. Sachant exactement comment s’y prendre, car l’ayant déjà fait avec la même personne dans le passé, elle passa sa jambe gauche autour de sa taille avant qu’elle ne se fasse rapidement rejoindre par la droite. Ses lèvres parcouraient chaque parcelle de peau auxquelles Juliet pouvait avoir accès mais c’est avec un malin plaisir qu’elle refondit sur la bouche d’Ezéchiel.

Cette frénésie lui rappelait le bon temps, lorsque tout avait l’air si simple. Lorsqu’il n’y avait pas de lendemain. D’un geste leste, J. enleva son haut de ses deux mains avant de passer le bout de sa langue contre les lèvres du jeune homme. Cette situation lui arracha un petit grognement de désir mais elle n’eut cure de sa douloureuse envie car elle continua à mordiller la peau d’Ezéchiel, là où sa nuque et son épaule se rencontraient, laissant ses bras entourer sa nuque et ses mains fourrager ses cheveux humides. Elle ne se lassait pas de suçoter ou de mordiller, elle avait alors l’impression d’assouvir un besoin qui attendait depuis bien trop longtemps.

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Jeu 2 Déc - 0:15



    Il y avait quelque chose de délicieux dans ce vertige qu’il ressentait. Un abandon qu’il ne s’était pas accordé depuis des siècles. De ses doigts, Juliet traçait sur son torse des sillons invisibles et enflammés qui faisaient bouillonnait son sang et lui donnait le tournis. Ce n’était pas grand-chose, à peine un effleurement, et pourtant tout son être vibrait en réponse. C’est presque avec soulagement qu’il accueillit les lèvres de Juliet, car il pouvait enfin laisser parler le feu qui coulait en lui. Une lame de fond, semblable à une coulée de lave le traversa de part en part. Il avait beau renouer avec des sensations qu’il avait déjà connues, l’intensité avec laquelle son corps réagissait le surprenait. Il n’était plus maître de rien, sinon de ce corps offert à son exploration gourmande. Au contact des doigts de Juliet contre son abdomen, il se contracta légèrement, tiraillé par l’envie de mettre immédiatement fin à l’attente. Elle lui arracha un gémissement rauque en lui mordillant l’oreille. Son talon d’Achille. Ses mains elles se laissaient aller à l’exploration d’un terrain déjà connu, mais qui avait gagné en rondeurs. Quand elle arrima ses jambes autour de ses hanches il la soutint en posant ses mains dans son dos, le souffle coupé par l’étroitesse de leur contact, qu’un simple bout de tissu ne pouvait cacher.

    Il avait clairement conscience d’avoir franchit une limite qu’il ne pourrait plus ignorer et pour lui Juliet était d’avantage qu’une histoire de sexe. Il aurait pu trouver d’autres moyens pour mettre à bas les barrières qu’il avait lui-même instaurés entre eux, mais il n’avait jamais été très fort lorsqu’il s’agissait de parler de ses sentiments. Les mots auraient franchit ses lèvres comme autant de catastrophes, il n’aurait pas pu taire le doute légitime qui l’aurait assaillit. Et si ? Et si… Et si je n’étais qu’une passade ? Et s’il t’arrivait quelque chose ? Elle retira son t-shirt et les pensées éclatèrent dans son cerveau comme des bulles de savon. Et puis tant pis s’il faut se perdre faisons le bien… Il mordilla sa lèvre inférieure après qu’elle ait joué avec sa langue, se laissa dévorer avec un plaisir coupable, tandis qu’il s’acharnait sur ce maudit soutien-gorge. Il libéra enfin ses seins, parfaits petits globes qui pointaient vers lui. Sa langue descendit le long de la gorge de la jeune femme, taquinant les points avec espièglerie, se délectant des soupirs qu’il lui arrachait.

    Il les emmena jusqu’au lit, où il la déposa avec douceur, continuant l’exploration de son corps quasiment nu. Ses mains n’en avaient jamais assez de caresser, ses lèvres d’embrasser, ses yeux de croquer. Sa main glissa sous sa culotte de cotonnade blanche, et il retraça de ses lèvres la ligne de sa colonne vertébrale alors qu’elle lui tournait le dos. Puis soudain il agrippa le tissu et l’arracha, se délectant de cette sauvagerie impromptue. Une part de lui-même qu’il laissait enfin rugir. Juliet était magnifique. Plus belle encore que dans ses souvenirs les plus fous. Il ne cessait de se répéter qu’il avait été fou. Fou de ne pas lui céder. Fou de la laisser s’échapper. Fou de ne pas combler ce vide qui l’avait laissé hagard pendant toutes ces années. La peur pouvait vous rendre bien sot. Du dos de la main il effleura son épaule, son dos. La précipitation passée, il n’y avait plus que l’esquisse torture d’une soif inassouvie, une attente que l’on tardait à combler pour qu’elle ne tombe pas tout de suite dans l’oubli.

    Cette fois il prit le temps de redécouvrir ses lèvres, voulant opposer la raison à une passion d’adolescent. Il voulait prendre le temps de l’aimer, de la regarder, de voir la fièvre monter en elle jusqu’à ce qu’elle le supplie, ou que ce soit lui qui réclame qu’elle mettre fin à cette faim dévorante. Quand il rompit enfin leur baiser, il effleura de son pouce le renflement de ses lèvres, résistant à l’envie qu’il avait de s’en emparer à nouveau. Le jeu de tambourin de son cœur s’était peu à peu calmé, assez pour qu’il apprécie le moment de grâce. Juliet ne disait plus un mot. Esquissant un sourire, il se félicita d’avoir réussit à lui couper le sifflet pendant quelques minutes au moins.

    « Il faudra me dire, pourquoi je t’ai laissée partir la première fois. »
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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Jeu 2 Déc - 20:20



    Obsédée du pire,
      Un peu trop physique...

Spoiler:
 

Ses lèvres tremblaient et la jeune femme n’était jamais rassasiée du corps d’E. contre le sien. Elle attendait que son désir – qui prenait, peu à peu, les formes d’un douloureux besoin – soit assouvi. Juliet essayait de garder la tête froide mais ses dents serrées et sa peau tendue reflétaient l’intense envie qui la submergeait. Les événements se déroulaient mais elle n’avait conscience de rien, trop heureuse lorsqu’Ezéchiel arracha l’unique tissu qui la recouvrait. Gourmande, de ses lèvres la demoiselle dévorait la gorge du jeune homme tout en plantant ses ongles dans son dos découvert. Ses paumes parcouraient avec délice ce corps qui l’avait abandonnée depuis bien trop longtemps. Donnant une nouvelle fois ses lèvres à Ezéchiel, la jeune femme entoura sa nuque de ses bras, collant sa peau totalement nue à la sienne. Elle suçotait la langue d’E. avec application, se faisant dévorer par un feu on ne peut plus agréable mais elle n’avait cure de la douleur qui tiraillait son bas-ventre. Elle ne voulait pas que cette délicieuse sensation d’attente s’estompe trop vite, se délectant de cette cruelle passion. Ses lèvres émirent une dernière pression avant qu’E. ne mette fin à leur baiser. L’arrière du crâne de Juliet se posa sur l’oreiller et profita de cet instant de répit en fermant ses paupières.

Un fin sourire étira ses lèvres enflammées par les baisers lorsqu’elle entendit le « grand » questionnement d’Ezéchiel. Clairement amusée, la jeune femme rouvrit les yeux et toisa l’homme qui la dominait. Caressant les avant-bras d’E. sans pour autant cesser de l’observer, elle s’humecta les lèvres mais ne souffla mot. A quoi bon polémiquer ? Si elle avait eu un minimum de courage, elle lui aurait dit que c’était lui qui était parti. Pas l’inverse. C’était de sa faute mais jamais elle n’avait vu la vérité de ce côté-là. Elle rejetait ses erreurs sur les autres et pour une fois qu’elle s’en rendait compte, la jeune femme ne voulait pas s’enfoncer d’avantage. Sa fierté n’avait jamais été bafouée. Juliet, égale à elle-même, posa ses lèvres sur celles d’E. durant un court instant, sa main gauche se mêlant à l’épaisse chevelure de ce dernier tandis qu’elle s’appuyait sur son avant-bras droit, avant de souffler « Je ne t’en tiens pas rigueur. L’erreur est humaine. »

Par ses mots, elle se rendait compte que cette histoire était sérieuse. Ses pommettes rosirent mais Juliet garda l’intégralité de son sang-froid lorsqu’elle saisit le jeune homme par les épaules avant de le renverser sur le matelas, changeant ainsi les rôles. Avec un plaisir non dissimulé, elle se jeta sur sa gorge découverte et joua de sa langue jusqu’à atteindre le bas de son ventre contracté. Ses doigts tremblants eurent du mal à le débarrasser de son jean mais lorsqu’elle y parvint, elle le jeta avec animosité aux côtés du lit, rejoignant ainsi les quelques bouts de tissus qui traînaient par terre. Elle se posa à califourchon sur les cuisses d’Ezéchiel, soupirant d’aise au contact de son intimité contre la sienne, et se baissa pour lui offrir un ultime baiser avant le grand saut. Grand saut car elle ne voulait plus que sont ventre soit dévoré par la violence des flammes qui incendiaient son corps fébrile. Grand saut car on ne lui offrait aucune possibilité de retour. Grand saut car elle voulait tout lui donner, tout lui offrir, jusqu’à ce qu’elle s’effondre. Exténuée. Courbatue. Perdue. Aimée.

Tremblante, J. se lia à E. d’un brusque coup de rein. Elle aurait pu se sentir honteuse car elle venait d’agir rapidement à défaut de prendre tout son temps afin de redécouvrir le corps de son amant. Mais elle était dans un état tel qu’elle ne pouvait pas se montrer raisonnable ou un minimum compréhensive. Immobile, la jeune femme entama alors de lents mouvements de bassin, ses ongles plantés dans le torse d’Ezéchiel. La torture ne faisait que s’accentuer, son corps n’avait pas encore ce qu’il désirait. Ses mains se posèrent sur les épaules d’Ezéchiel et elle le força à se redresser pour qu’il puisse être à peu près à sa hauteur ; cet acte lui arracha un petit gémissement. Juliet enfouit sa figure dans le creux de l’épaule d’E., des larmes roulant le long de ses joues tant la satisfaction qu’elle ressentait se faisait transcendante. Ses gestes se faisaient plus rapides et surtout beaucoup plus désordonnés. Elle mordillait l’épaule d’Ezéchiel, elle passait ses mains sur sa nuque et poussait de petits soupirs qui étaient de plus en plus rapprochés les uns des autres.

Elle était assoiffée et cette soif ne demandait qu’à être étanchée.


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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 6 Déc - 20:23





    Il s’était montré maladroit en posant cette brusque question à la jeune femme, révélant ainsi une partie de ses sentiments. Et tandis qu’elle le fixait de son regard noisette, il avait l’impression d’être découpé et haché en tous petits morceaux pour être passé à la moulinette. Trop souvent il la croyait capable de lire dans ses pensées et c’était l’une des principales raisons qui faisait qu’il fuyait son regard. Il se sentait prisonnier de ses prunelles. Pour autant cette fois-ci il ne se déroba pas et accueillit le baiser de Juliet comme un début de pardon. Aussitôt noyé par ce qu’il cru être de l’ironie. Il ne voulait pas que ce soit perçu comme un jeu, il ne voulait pas non plus pouvoir s’en sortir facilement. Seulement ses remises en question arrivaient au mauvais moment et la brunette lui fit clairement comprendre en le renversant sur le dos. Son premier réflexe fut de combattre cet échange de rôle mais il suffit qu’elle pose ses lèvres sur sa peau pour qu’il oublie toute résistance et qu’il s’abandonne à ses caresses. Il étouffa un râle de plaisir quand elle effleura la peau sensible proche de son nombril et glissa ses doigts dans ses cheveux, l’incitant à descendre toujours plus bas. Il dut se ordre la lèvre de frustration, quand elle s’attaqua avec plus d’ardeur à son jean qu’à toute partie de son anatomie.

    Il eut tout juste le temps de reprendre ses esprits que ses mains venaient naturellement entourer les hanches de Juliet, ses paumes se callant parfaitement à la forme de ses courbes. Elle le dominait, se donnant des airs d’amazone ce qu’il trouvait particulièrement excitant. Tout chez elle appelait à la volupté. Cette proximité, sans qu’elle soit achevée, était doucement en train de le tuer et il peinait à reprendre son souffle. Ses membres étaient en feu, à en devenir douloureux, et elle ne calmait rien en se frottant à lui et en l’embrassant avec tant de volupté. Des souvenirs qu’il avait de leur adolescence, il pouvait dire à quel point elle avait changé, mûri et qu’elle était devenue femme. Diablesse même. Il voulait la supplier de mettre fin à cette attente, il devait se retenir pour ne pas l’agripper et la prendre sans attendre mais tremblant il se contentait de la caresser, s’émerveillant de la façon dont son corps répondait sous ses doigts.

    Puis enfin l’exquise délivrance, aussi surprenante que délicieuse. Le temps sembla se suspendre un moment alors qu’ils éprouvaient tous deux cette satisfaction à être réunis, puis elle se mouva, en une danse lente et il eut l’impression de perdre pied. Ses doigts se crispèrent sur ses hanches, imprimant la marque de ses phalanges sur sa peau tandis que ses yeux roulaient dans leurs orbites quand il rejetait la tête en arrière. C’en était si bon que ça en était indécent. Il miaula de plaisir quand elle planta ses ongles dans son torse, électricité par la douleur couplée au plaisir. Il n’opposa pas de résistance quand elle l’invita à se redresser, éprouvant tout de suite les sensations décuplées par cette position. Ivre de désir il enfouit son visage entre les seins de la jeune femme, les prenant en coupe dans ses mains pour mieux titiller ses tétons du bout de la langue et des dents. Il suivait volontiers ses mouvements, des râles coincés au fond de sa gorge, sans pouvoir leur donner l’ampleur qu’il souhaitait et c’est pourquoi il la renversa sur le lit et agrippa la tête de lit d’une main pour donner plus d’ampleur à ses mouvements. Il avait l’impression qu’il ne pourrait jamais relâcher cette tension qui s’était accumulée dans ses membres et cette incertitude le rendait plus féroce encore.

    Jusqu’à ce que l’orgasme le lacère de courants électriques le long de la colonne vertébrale et en bas des reins et qu’il s’écroule sur le corps tremblant de Juliet, cherchant ses lèvres pour y étouffer son prénom qu’il voulait gémir. Il croyait apaiser sa soif contre ses lèvres mais elles ne faisaient que réveiller un désir essoufflé. D’une main il envoya valser les mèches de cheveux qui retombaient sur le visage de Juliet, éprouvant du dos de sa main ses joues enflammées. De l’autre il caressa sa cuisse, adorant cette sensation de l’avoir toujours entièrement à lui.

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Juliet Ainsworth

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Lun 6 Déc - 23:51



    Elle se consume et vous bascule,
      Le sang en cendres de cigarette.

Spoiler:
 

La respiration de Juliet se faisait de plus en plus sifflante. Le bas de son ventre se tordait en une délicieuse douleur qu’elle était pressée de satisfaire. Ses bras entourèrent la nuque d’Ezéchiel tandis que la bouche de celui-ci attaquait la pointe de ses seins tendus. Légèrement crispée, elle enchaînait ses mouvements dans un désordre le plus complet. Ses lèvres entrouvertes se posèrent doucement sur le front d’E. alors que ses ongles s’enfonçaient dans la peau humide de son dos. Ses nombreux soupirs s’entrechoquaient les uns aux autres, ne trouvant pas la force de faire autre chose que de se trémousser sur place en poussant de longs gémissements aussi faibles pouvaient-ils paraître. Elle avait beau renouer avec un corps qu’elle connaissait déjà et qu’elle aurait voulu connaître beaucoup mieux, elle ne savait plus que faire, ni comment agir. Juliet, à travers le voile de plaisir qui couvrait peu à peu sa vue, ne pensait plus qu’à Ezéchiel et toutes ses pensées étaient nettes. Rejetant sa tête en arrière, offrant ainsi sa gorge et sa poitrine dénudée aux délices qu’E. lui administrait, la jeune femme s’accrocha tant bien que mal aux cheveux de son amant afin de reprendre un minimum de contenance mais il lui était tout bonnement impossible de retrouver son calme. C’est avec soulagement qu’elle sentit Ezéchiel saisir fermement ses hanches afin d’échanger les rôles.

Lorsque son dos épousa le matelas, elle passa immédiatement ses mains sur les épaules d’Ezéchiel et crispa ses phalanges. La violence avec laquelle il se mouvait en elle lui plaisait et elle pût enfin laisser libre cours à chacun de ses petits cris. Elle se cambra contre le torse d’E., tremblante et animée par un désir qui dépassait de loin l’entendement. Sa gorge se serra et sa bouche se perdit sur le torse du jeune homme. La tension se diffusa dans ses membres crispés et lorsque l’orgasme la prit, son bas-ventre explosa et tout son corps vibra en réponse. Son gémissement final fut rapidement étouffé par la bouche d’Ezéchiel qu’elle accueillit avec plaisir. Naturellement, elle posa ses mains fébriles sur les pommettes rosies de son amant tandis qu’elle s’amusait avec sa langue en un jeu délicieux. Les paupières closes, la jeune femme se remettait peu à peu du plaisir ressenti quelques secondes plus tôt, laissant à son corps le temps de retrouver à un rythme quelque peu normal. Aussi étrange que cela aurait pu paraître, son âme ne semblait pas encore rassasiée d’E.

Ce détail fit rapidement la différence entre ce qui aurait pu être une passade et une histoire qu’elle aurait voulue approfondir. Ses mains tremblantes et ses lèvres rougies lui signalaient qu’elle n’en avait pas encore fini avec lui et ce message la rassurait. Inconsciemment, elle aurait voulu que cette nuit se poursuive jusqu’à l’aube et plus encore. Les paupières closes, Juliet se contentait de savourer le contact du corps nu d’E. contre le sien et sa main caressant tendrement sa cuisse. Ses lèvres s’étirèrent en un petit sourire, découvrant alors à peine ses dents, et elle passa le bout de ses doigts sur le front d’Ezéchiel, chassant ainsi quelques mèches de cheveux collées à sa peau moite. Elle posa doucement ses lèvres contre celles du jeune homme tandis que ses mains parcouraient son dos. Jamais elle ne se lasserait de cette sensation ; elle avait l’impression d’avoir accompli quelque chose. Qu’elle était susceptible de tomber amoureuse d’une personne qui n’avait jamais réellement quitté sa vie. La jeune femme ressentit un petit pincement au cœur lorsqu’elle détailla le visage d’Ezéchiel mais elle n’en eut cure et se contenta de sourire d’un air niais qu'elle ne se connaissait pas.

Un lendemain. Juliet voulait un lendemain et non pas quelques regards inquiets et des bafouillages inaudibles. Le silence. Plus jamais. La jeune femme chercha les lèvres d’E. et passa ses bras autour de sa nuque, savourant ce contact qu’elle voulait doux. Lorsqu’elle se redressa légèrement, forçant E. à en faire autant, elle le toisa quelques instants avec inquiétude mais ne souffla mot, ne voulant pas réduire en cendres le peu de choses qu’ils s’étaient promis en silence. « Je ne veux plus que tu partes. » finit-elle par murmurer doucement, le pouce comme toujours posé sur sa cicatrice. Lors de leur adolescence, elle avait tout supporté. De leurs taquineries jusqu’à son départ. On pouvait supposer que la personne qui parlait était justement l’adolescence qui avait été abandonnée le lendemain d’une nuit qui l’avait faite rêver durant une année entière.

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Ezéchiel Hoverwood

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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 10 Déc - 0:19



    Doucement la quiétude retombait dans la chambre, et Ezéchiel parvenait à respirer avec plus de facilité. Il était étonné de voir combien les années de séparation avaient été gommées facilement, à l’aide de quelques caresses. C’était comme si depuis cette fameuse nuit ils ne s’étaient plus jamais quittés et connaissaient tout l’un de l’autre, alors que ce qu’il savait de Juliet c’était uniquement ce qu’elle avait bien voulu montrer. Il savait que la raison devrait reprendre sa place à un moment, et qu’il devrait agir en adulte, en attendant c’était bon de ne plus penser avec la tête, et de se laisser aller à tous ses désirs cachés. Car oui il avait toujours eu envie de ça, cette insouciance bestiale qui faisait naître un sourire idiot sur son visage. Mais il en avait toujours été incapable, trop vite rattrapé par ses démons. Il courbait l’échine sous les souvenirs et refusait de souffrir une nouvelle fois de cette façon. S’il avait été sage il n’aurait jamais franchit cette foutue limite. Mais il était trop tard pour les excuses, qu’il faisait passer par des réponses à ses baisers. Pouvait-il jamais se lasser de cette sensation ?

    Enfin son rythme cardiaque avait reprit une cadence normale et il pouvait observer à loisir le visage de Juliet, encore emprunt de leur plaisir mutuel. Ses lèvres, aussi rouge qu’un bouton de rose, semblaient sans cesse l’attirer. Il adorait la sensation de sa peau contre la sienne, de la crudité de leur nudité, de cette intimité vive partagée. Il ne lui manquait que les choses les plus simples, comme le parfum de sa peau au réveil où la façon dont elle viendrait se blottir contre lui si elle était d’humeur chagrine, pour qu’elle lui appartienne complètement. Car le reste, il le connaissait par cœur, son âme, son corps, son cœur avait tout enregistré d’elle, sauf la sérénité du quotidien d’un couple. Il avait tellement envie de ces choses là… Il se redressa, dans un mouvement qu’elle lui intimait, son regard rivé au sien. Un fourmillement le parcouru, réveil douloureux de ce qui siégeait au creux de ses reins. Ca ne devait pas être normal, qu’elle lui inspire autant de désir, d’ardeur, de douceur, d’envie, de joie, de rires…

    Sa main vint se poser sur la sienne. Les doigts de Juliet semblaient toujours revenir sur sa cicatrice, la marque de la honte, l’un des plus grands tabous de sa vie et qu’il devait chaque jour affronter dans son miroir. Il avait toujours détesté cette singularité, rongeant son frein quand on avait choisit de le surnommé d’après cette balafre. Avec la brunette il pouvait bien apprendre à l’apprécier. Doucement il imprima le même mouvement sur le dos de sa main qu’elle le faisait sur sa joue. Il y avait quelque chose d’important dans cet échange, dans le message que lui transmettait le regard de Juliet, et il ne voulait pas se tromper. « Je ne vais nulle part. » répondit-il, serein, sans prendre le temps de la réflexion. Le regard plus sombre, il essayait de ne pas voir la blessure que cachait une telle demande. Il ne pourrait jamais réparer ce qu’il avait fait par le passé. Il prit sa main pour l’embrasser au creux de la paume, avec tendresse. Ses lèvres effleurèrent chacune de ses phalanges, puis l’intérieur de son poignet, où la peau était si fine. Il se laissa tomber sur le flanc et l’invita à venir se lover dans ses bras, son dos contre son torse, tandis qu’il continuait son exploration muette. Le creux de son coude. Son épaule. L’arrête de sa mâchoire. Le lobe de son oreille. Un soupir amusé franchit ses lèvres. Il ne pouvait pas se rassasier d’elle. Ses doigts prirent possession de son corps avec témérité, il joua avec ses seins, glissa sur son abdomen et à l’intérieur de sa cuisse. Il apprécia la sentir se tendre contre lui, quand il attisa le feu qui couvait en elle. Doucement elle perdait pied et le jeu en devenait délicieux, qu’elle gémisse, ferme les yeux, ou se morde la lèvre pour se contenir. Le second orgasme de Juliet attisa son orgueil, goguenard il attendait qu’elle reprenne son souffle. Pour mieux la cueillir encore.
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MessageSujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas.   Ven 10 Déc - 21:06



    L'amour c'est rien,
      quand c'est politiquement correct.

Spoiler:
 

La tension de ses membres semblaient s’apaiser, laissant Juliet dans une douce torpeur proche de l’euphorie. Son corps semblait s’être repu des caresses d’Ezéchiel. Lorsque ce dernier lui annonça tranquillement qu’il n’allait nulle part, la jeune femme dût retenir un long soupir qui reflétait son immense soulagement. Elle pinça ses lèvres rougies par les baisers et ses pommettes prirent une couleur nettement plus vive lorsqu’elle se laissa doucement retomber sur l’oreiller. Passant inlassablement son pouce sur toute la longueur de la cicatrice qui la fascinait, J. esquissa un fin sourire lorsqu’E. posa ses lèvres dans le creux de sa paume. Sa gorge se serra et elle eut un mal fou à déglutir, parfaitement consciente que cette « faim », ce désir charnel qui avait repris le dessus, prenait un malin plaisir à tirailler son bas-ventre. Elle ne souffla mot, essayant de taire l’envie qui se faisait douloureusement entendre. Se laissant basculer sur le flanc, il invita Juliet à blottir son dos contre lui ce qu’elle fit avec une ardeur qui n’eut pas le temps de l’ahurir. La chair de poule couvrit ses bras lorsqu’elle sentit la douceur des lèvres d’Ezéchiel explorer chaque parcelle de peau qu’il pouvait toucher. Le tiraillement qui envahissait son ventre se fit plus présent mais aussi plus agréable, cette sensation calma donc l’attente qui n’en finissait pas de s’éterniser.

Fermant les paupières et laissant l’arrière de son crâne aller dans le creux du cou d’Ezéchiel, la jeune femme esquissa un fantôme de sourire alors que les doigts agiles d’E. titillèrent le bout de ses seins tendus. Le bas de son ventre se contracta lorsqu’ils passèrent sur sa peau sensible et à l’intérieur de ses cuisses. Juliet poussa un petit soupir satisfait en se sentant possédée mais elle essaya de ne pas donner à Ezéchiel le loisir d’observer la montée de désir qui se diffusait doucement dans chacun de ses membres tendus, par pure fierté féminine. Plus facile à dire qu’à faire. Ses hanches se firent autorité et commencèrent alors à se mouvoir, amplifiant le plaisir que lui administrait Ezéchiel. La jeune femme se cambra un peu plus et crispa ses phalanges dans le matelas avant de se faire terrasser par un orgasme qui la laissa toute chose. Ce fut une délectation proche de la douleur. Haletante et perdue, J. roula légèrement sur le flanc, collant sa poitrine contre le torse d’E. Cette situation l’amusait et ravivait son désir même lorsqu’elle était essoufflée et proche de perdre réellement pied. Elle chercha les lèvres charnues d’Ezéchiel et les joignit aux siennes, ses doigts parcourant son corps humide avec fébrilité. Sa langue n’en avait jamais assez de jouer et elle le lui faisait bien comprendre en passant ses lèvres entrouvertes sur les contours de son torse, faisant sentir ses dents sur la peau tirée autour de son nombril. Elle effleura son corps tendu du bout de sa bouche en remontant jusqu’à ses lèvres rosées qu’elle goûta une nouvelle fois, consciente d’être parfaitement vicieuse.

Tout en elle crevait d’envie et cette sensation aiguë la chamboulait mais ne lui faisait pas perdre de vue le nord et ce qu’elle voulait. Juliet mordilla la lèvre inférieure d’Ezéchiel, crispant ses doigts autour de sa nuque tout en passant sa cuisse sur le flanc libre du jeune homme. Elle enfouit son visage dans le creux de son cou découvert et suçota sa peau avec application. J. adorait ce goût salé qui envahissait sa bouche, faisait jouer sa langue et trembloter sa mâchoire crispée. Elle dégagea lentement sa figure rougie et afficha un sourire clairement carnassier en considérant le suçon fraîchement administré. Fière, elle replongea contre le torse d’Ezéchiel avec avidité, ne voulant pas lui donner satisfaction d’assouvir son désir dès à présent en unissant leur corps une seconde fois. J. voulait attendre, s’amuser et se délecter de ce corps qu’elle trouvait magnifique afin de se faire prendre sans regret.

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