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Sujet: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Ven 19 Nov - 14:48
One is a lonely number,
I don't want to die anymore.
Spoiler:
@ roguedemonhunte, rogueapprentice.
Le nez par terre, Juliet poussa un long soupir de douleur. Elle écarta quelques mèches brunes de sa vue en se redressant avec difficulté, cherchant alors à déceler la svelte silhouette de son collègue dans cette chambre insalubre. Le noir total. La jeune femme s’effondra une nouvelle fois, dramatisant à fond la situation car persuadée qu’Ezéchiel finirait par venir à son secours. Rien. J. se traîna à genoux vers la table de chevet et trouva la lampe après moult recherches infructueuses. Et la lumière fut. Juliet s’adossa au bord du lit, tentant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Il fallait se reprendre immédiatement mais la demoiselle était encore en train de patauger dans une épaisse purée de pois. Elle se frotta vigoureusement les joues et plissa les paupières en remarquant un corps étendu de tout son long au sol. Elle écarquilla les yeux. Elle se souvenait.
Depuis trois jours, Ezéchiel et Juliet écumait les casinos à la recherche d’un trafiquant d’armes qui collaborait avec l’agence KAOS. Main dans la main, ils tâchaient de sourire et de se faire passer pour des mariés fraîchement sortis de l’église. Pour dire vrai, ce genre de mission en compagnie d’Ezéchiel plaisait à J. car ce jeu de mariage la rendait euphorique. Elle avait l’impression que l’anneau qu’elle exhibait sans arrêt sous le regard noir de son ami pesait une tonne et lui brûlait l’annulaire. Que c’était bon de se sentir « mariée » à vingt-sept ans. Cependant que leur mission se révélait totalement infructueuse, J. cramait ses économies aux machines à sous, développant alors une addiction aux jeux, mais rien à foutre, elle aimait ça. Elle n’était jamais allée à Las Vegas, elle n’avait jamais connu cette enivrante ardeur lorsqu’on se trouvait devant un monstre mécanique qui crachait des pièces une fois sur quatre cent trente-deux. Encore une fois, J. avait abandonné Ezéchiel et s’était tranquillement installée à une table de Poker. Laisser son collègue se dépatouiller tout seul ne la tourmentait absolument pas. Techniquement parlant, elle avait bien le droit de profiter de leur « lune de miel », non ? De plus, Juliet supposait qu’il n’avait pas envie de l’avoir dans les pattes, sachant pertinemment qu’elle pouvait faire capoter une mission rien qu’en faisant un petit numéro de claquettes. (ah bon ? mais pourtant elle est absolument géniale… je ne vois pas de quoi vous voulez parler)
« Ezéchiel ! » La jeune femme boitilla vers son collègue et tomba à genoux à ses côtés. « Ezéchiel, fais pas l’con ! Réveille-toi ! »
Cette nuit-là, ils étaient rentrés à l’hôtel relativement tôt. Juliet marmonnait dans sa barbe en fusillant son collègue du regard, elle était d’humeur tueur en série étant donné que E. l’avait tirée de sa table de Poker plus tôt que prévu. (bon, elle était en train de se faire pulvériser par des professionnels mais tout de même…) A peine eurent-ils franchi le seuil de leur chambre commune qu’ils se firent attaquer par trois armoires à glace. Juliet se fit mettre au tapis en première, en deux coups donnés en moins de trente secondes. La tronche face contre terre, la jeune femme cligna plusieurs fois d’affilée des paupières avant de sombrer. Les seuls sons qui lui parvenaient étaient le bruit des coups qu’on apportait à Ezéchiel.
Qui les avait attaqués ? Juliet n’en avait cure. Elle avait posé la tête de son collègue sur ses genoux serrés et lui caressait les joues du bout de ses doigts tremblants. Il n’était pas mort, elle en était certaine mais elle ne voulait pas le laisser seul pour aller chercher du secours. Elle avait peur. Juste peur.
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Ven 19 Nov - 19:29
« Ezéchiel… Dis quelque chose… » Sa mère avait saisit son visage entre ses mains dans l’espoir de croiser son regard mais même là il se faisait fuyant, refusant d’avoir à accepter son erreur. Enveloppé dans une grosse couverture, il tremblait toujours et claquait des dents. Depuis des heures les mêmes scènes tournaient en boucle dans son esprit et il avait beau faire un effort, il ne les voyait jamais se modifier. Inlassablement, le corps de son frère était engloutit par les vagues.
« Zéz mon bébé parle moi… » Sa main effleura la blessure ouverte sur sa joue. Pas un instant elle ne lui avait reproché l’accident. Au contraire malgré la tragédie qui venait de s’abattre sur leur famille elle ne cherchait qu’une chose, parvenir à obtenir une réaction de sa part. Inlassablement, elle caressait ses joues et son front…
Clignant subitement des yeux le jeune homme fut aussitôt assailli par un mal de crâne terrible et des courbatures dans tous le corps. Sa vision se fit peu à peu à la faible clarté qui régnait dans la chambre et plutôt que de découvrir sa mère en train de le poupouiller il vit le visage inquiet de sa collègue penché au dessus de lui. Et il referma aussitôt les yeux. Juliet. Ou plutôt l’agent 22 comme il était convenu de l’appeler en mission était… n’ayons pas peur des mots, une véritable catastrophe ambulante. Non seulement elle avait perdu de vue l’objectif qui leur avait été réservé, mais elle l’avait lui aussi complètement perdu. Sinon comment expliquer qu’il se soit si lamentablement fait prendre par surprise et qu’on l’ai mis KO ? Grimaçant il se redressa et de ses mains parcourut lentement son corps pour voir s’il ne lui manquait pas un membre ou s’il n’était pas gravement blessé puis son regard acier se posa sur la jeune femme, toujours miraculeusement indemne.
« Tout va bien ? » demanda-t-il les dents serrées, se redressant et lui tendant une main pour l’aider à faire de même. Il posa sa main sur sa hanche jusqu’à être sûr qu’elle ne perdrait pas l’équilibre. En colère contre lui-même au regard de sa négligence il ne savait plus vraiment quoi faire de ses mains et il choisit de faire l’inventaire de leurs valises pour s’assurer que rien ne leur avait été volé. Après quelques minutes d’agitation, il dut se rendre à l’évidence, le seul but de cette intrusion avait été de leur mettre une raclée. Kaos 1 – Control 0.
Ce qui ne faisait qu’ajouter à l’agacement qu’il ressentait depuis le début de leur séjour dans cet hôtel. Bien qu’il soit dans un cadre idyllique, et en charmante compagnie, il n’avait pratiquement pas desserré les dents. Tout ça parce que la jeune femme ne se rendait pas compte dans quel situation elle se foutait à chaque fois et parce que malgré bien des efforts il lui était plutôt difficile de ne pas se complaire dans son rôle de mari béat. Il fallait dire que cette nuit qu’ils avaient passé ensemble ne lui avait laissé que de bons souvenirs. Et bien que ses manies le fatigue, elle avait quelque chose de complètement déroutant.
« On a plutôt de la chance pour cette fois. On devrait plier bagage avant qu’ils ne viennent finir le travail. Si tu es prête on lève le camp dans exactement deux minutes. » Dit-il après avoir jeté un coup d’œil à sa montre.
« A moins que je te laisse encore 5 minutes pour t’endetter pour 10 ans. » fit-il, sa fossette se creusant de malice.
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Ven 19 Nov - 23:16
Through the storm we reach the shore,
you give it all but I want more.
Spoiler:
@ jokermary, frambouaz_deby.
Il allait bien. Tout allait bien. Encore heureux que tout allait bien. Juliet ne répondit pas à la question d’Ezéchiel, se contentant de se masser la nuque, clairement honteuse. Elle avait perdu de vue sa mission et son coéquipier. Elle n’avait même pas été capable de se défendre lorsqu’une masse informe, qui devait être un humain bâti comme un taureau, l’avait mise à terre. En deux coups, il l’avait assommée. Deux coups. Ezéchiel, apparemment insensible à ses grands doutes sur la réalité absurde de son comportement dérangé (je vous laisse réfléchir sur le sens de cette phrase), se releva et lui tendit la main. La jeune femme le toisa quelques secondes et la lui saisit, se redressant avec beaucoup plus de difficultés que son collègue. Ce dernier posa sa main sur sa hanche pour la stabiliser et elle lui accorda un petit sifflement agacé. Sous ses yeux ébahis, l’agent 52 commença à exécuter un ballet, faisant ainsi l’inventaire de leurs bagages. Rien ne manquait. Juliet s’assit sur le lit, l’air gauche. Elle posa ses coudes sur ses genoux et plaça son menton sur les paumes de ses mains, observant son collègue d’un œil interrogateur.
Plier bagage ? Déjà ? La jeune femme se redressa, prête à passer à l’attaque. Il était hors de question de partir. Elle se plaisait dans ce cadre on ne peut plus accueillant, elle aimait passer son temps devant les machines à sous et les tables de Poker. Cependant, il était peut-être préférable qu’elle se focalise désormais sur la mission au moins trois heures par jour pour faire plaisir à Ezéchiel. Les lèvres pincées, Juliet fronça les sourcils et entrouvrit la bouche, se préparant ainsi à riposter… Mais la petite remarque d’Ezéchiel la fit taire. La fossette de ce dernier se creusa, révélant ainsi sa cicatrice. La jeune femme se focalisa un instant sur cette balafre avant d’hausser dignement les épaules.
« Oh, c’est très malin vraiment. Très fin. » fit-elle en fronçant le nez. « Tu peux partir si tu veux. Moi, je reste. »
La petite fille bornée venait de se réveiller. Celle qu’Ezéchiel avait rencontrée lors de leur année commune au lycée. Joignant les gestes à la parole, Juliet se mit debout sur le lit et, instable, elle piétina le matelas moelleux avant de s’effondrer sur les oreillers. Un long sourire goguenard éclaira son visage enfantin. Consciente qu’elle mettait la patience légendaire d’Ezéchiel à rude épreuve, elle décida d’en profiter un peu. Lentement, elle enleva ses bottes et les jeta nonchalamment aux côtés du lit. Ainsi enfoncée dans les oreillers, elle croisa les bras et leva un peu le menton, les commissures des lèvres se soulevant légèrement. Satisfaite de son petit effet, elle croisa les jambes et fit bouger le bout de ses pieds.
« Ils ne reviendront pas. S’ils avaient voulu nous pulvériser, ils l’auraient fait et ils se seraient même débarrassés de nos corps. C’était un avertissement, rien de plus, et je ne sais pas pour toi mais je traite tous les avertissements par-dessus la jambe. » souffla-t-elle en s’humectant légèrement les lèvres « De plus j’aime cette chambre. Je veux rester ici, avec ou sans toi. Point. » cracha-t-elle d’un ton sans appel.
« Et si tu me forces à te suivre, fais attention… je pourrai demander le divorce. » siffla Juliet avant de sourire en coin, les yeux pétillants d’une lueur d’excitation. Mener Ezéchiel au bout de ses limites était l’un de ses passe-temps favoris. Cette belle gueule devait bien se faire malmener de temps en temps, ne serait-ce que pour plaire à la sadique demoiselle.
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Sam 20 Nov - 0:21
Quelque chose lui disait qu’il aurait du s’attendre à une réaction du genre de la part de la demoiselle. Juliet avait cette agaçante manie de toujours faire exactement le contraire de ce qu’on lui demandait, de façon consciente ou non, ce qui au final la rendait totalement imprévisible. Observant son manège alors qu’il se tenait debout devant le lit, les mains posées sur le cadre en bois du meuble, il serra les dents et toute trace d’amusement le déserta. Elle avait un sens logique et un esprit de préservation qui dépassait l’entendement. Est-ce qu’elle se rendait seulement compte qu’une fois repérés leur mission « d’infiltration » perdait alors tous son sens ? Et elle pourrait minauder tant qu’elle voudrait, avec son adorable petite bouille de gamine, il n’en démordrait pas.
« Oh chérie ne fais pas de promesses que tu ne peux pas tenir. » fit-il avec une certain véhémence. Il cala leur sac de voyage sur son épaule et attrapa les bottes de la jeune femme pour les y ranger. Une fois fait il fit le tour du lit et l’agrippa pour la hisser sur son épaule, non sans difficultés. Puis d’un dernier coup d’œil il balaya la chambre pour s’assurer que rien n’avait été oublié ni que rien ne pouvait paraître suspect. Il régnait dans la pièce un certain désordre mais rien qui ne puisse être assimilé à un jeune couple en pleine lune de miel.
Avec un flegme légendaire l’agent 52, sa « femme » toujours coincée sur son épaule, longea le couloir jusqu’à l’ascenseur qu’il fit descendre à l’étage de la réception. Là il posa enfin son colis au sol, avec peu de délicatesse, et agrippa de sa large main droite une de ses fesses pour venir la coller à lui, conservant toujours l’image d’un couple en pleine béatitude. Il fit claquer la fausse carte de crédit à leur nom sur le comptoir laqué et attendit que le réceptionniste leur fasse la note. Enfin il se tourna vers Juliet et de sa main libre, puisque l’autre était toujours stratégiquement posée sur son fessier rebondit, dégagea une mèche de cheveux qui frôlait son épaule et se pencha vers elle comme s’il voulait mordiller son oreille. Troublé, par le fait que son parfum lui était resté connu même après toutes ces années. Comment pouvait-il gommer tant de choses de son esprit et que les détails les plus insignifiants s’impriment aussi durablement.
Il lui chuchota. « Avec une couverture grillée ça ne sert strictement à rien. Mais j’avais prévu un plan B. J’ai réservé une chambre dans l’hôtel qui se trouve juste à côté. Il se trouve qu’elle a une vue plongeante sur la suite de notre trafiquant. Ce n’est pas l’idéal mais on devra bien s’en contenter. Pas de casino. Pas de poker. Sinon tu seras obligée de faire du striptease pour tenir jusqu’à la fin du mois. »
« Hum… Hum… Votre carte monsieur… »
« Merci. Pour vous. » Fit-il en laissant une liasse de billets sur le comptoir. « Allez ma puce en route. » ajouta-t-il en adressant un clin d’œil à sa complice et en lui claquant la fesse avant de l’entraîner vers l’extérieur.
Une fois hors des murs il se sentit plus libre pour parler. « On a eu de la chance justement qu’ils ne décident pas de nous zigouiller tout de suite. Tu ne peux pas compter sur ta chance à chaque fois. Si on était restés là-bas… » Il était toujours sur le coup de leur attaque, et du danger dans lequel il les avait mis tous les deux. Il avait laissé les choses le dépasser et cette perte de contrôle l’effrayait. Elle l’éloignait de ses objectifs. Juliet avait toujours le don de foutre une sacré pagaille dans sa vie.
« Si ça peut t’empêcher de bouder, la salle de bain de cette chambre là à une baignoire jacuzzi. Tu t’y enfermes et tu en ressortiras quand l’envie de te suicider te sera passée. »
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Sam 20 Nov - 20:32
Follow your emotion anywhere,
is it really magic in the air ?
Spoiler:
@ zimona, nicolemissing.
Ezéchiel prenait-il Juliet pour un sac à patates ? La concernée se posait cette question, hissée sur l’épaule de son coéquipier. Elle avait abandonné l’idée de se débattre étant donné qu’il n’avait aucune intention de la lâcher et Dieu seul sait que le jeune homme pouvait être aussi têtu que sa collègue. Lorsque cette dernière retrouva enfin la terre ferme, elle eut un petit déséquilibre mais tenta tout de même de s’éloigner le plus possible de son hargneux de « mari ». Il ne lui en laissa pas le temps étant donné qu’il plaqua une main sur le fessier de la demoiselle. De ce fait, les joues de Juliet prirent une teinte cramoisie mais elle parvint à rester parfaitement concentrée sur son rôle de mariée béate. Passant un bras autour de la taille d’Ezéchiel, elle devait avouer que ce genre de rapprochement n’était pas pour lui déplaire. Cette pensée ne fit que s’amplifier lorsqu’elle sentit la bouche de son collègue frôler son oreille. Une nouvelle vague de chaleur se déversa sur ses joues et, agacée par les paroles de son ami, elle hocha la tête de mauvaise grâce, coupant ainsi court à la confession.
Fixant la liasse de billets qu’Ezéchiel déposa sur le comptoir, elle avait raté sa vocation de richissime réceptionniste, Juliet poussa un profond soupir qui s’arrêta net quand une petite tape sur ses fesses se fit sentir. Une fois dehors, la jeune femme dût endurer le fameux discours moralisateur d’E. Elle ne pouvait pas compter sur sa chance à chaque fois. Elle n’était pas irresponsable, elle. Croisant les bras et baissant le nez vers trottoir qu’elle piétinait, J. haussa les épaules et grinça des dents. Même la perspective de partager une chambre en compagnie d’Ezéchiel et d’une baignoire jacuzzi ne l’enchantait absolument pas. Elle aurait voulu démontrer à son collègue que rien de mal ne pouvait arriver dans cette fichue chambre.
« Je n’ai pas du tout l’intention de bouder, j’ai passé l’âge. » fit-elle, frôlant le mépris suprême. « Et si jamais tu recommences à me palper les fesses, tu.. je te ferai bouffer ta cravate. Ou alors je passerai ma frustration sur tes parties, en souvenir du bon vieux temps bien entendu. » Les lèvres rosées de Juliet s’étirèrent en un sourire en coin, apparemment très excitée à l’idée de broyer ce qu’Ezéchiel avait de plus précieux. Elle avait quand même un sens de l’humour assez spécial. « Maintenant, file-moi mes bottes, j’ai froid aux pieds. »
Cependant lorsqu’elle pénétra dans leur nouvelle chambre, elle ne pût s’empêcher de jubiler. La jeune femme se précipita vers la fenêtre et pût ainsi remarquer qu’Ezéchiel avait dit juste : ils avaient une vue plongeante sur la suite du trafiquant. Le front collé contre le plexiglas, elle siffla à son collègue d’une voix enfantine « Mais je préfère quand même l’autre chambre. » ne serait-ce que par pur esprit de contradiction. Si Ezéchiel disait blanc, elle disait noir. S’il disait oui, elle disait non. Il allait à droite, elle courrait à gauche.
Exténuée, elle abandonna la vue qui l’avait fascinée jusqu’à présent afin de se tourner vers Ezéchiel. Même après des années de séparation, il n’avait pas changé. Il n’avait pas changé certes, mais ce n’était pas l’heure d’être nostalgique. « Je vais dormir. » dit-elle d’un ton sans appel en s’asseyant sur le lit, se débarrassant alors de ses bottes et de son pantalon avant de se glisser prestement sous les couvertures « Je te conseille d’en faire autant. » Soudain, elle se souvint de ce qu’il s’était passé en début de soirée « Ezéchiel, personne ne nous attaquera ici. » fit-elle avec aplomb avant de reprendre « Tu peux toujours rester éveillé si ça te fait plaisir mais je n’en vois pas l’intérêt. »
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Lun 22 Nov - 22:07
Si Ezéchiel se voulait paternaliste et protecteur avec tous, il y avait bien une explication dans ce comportement qui virait au toc et elle tenait en un seul mot, ou plutôt un seul nom, celui de son frère. L’accident dont avait été victime son cadet l’avait profondément traumatisé lors de son adolescence et il marquait chaque jour de sa vie d’adulte. Ce qui pour certains n’était qu’un vague sentiment de culpabilité, se transformait chez lui en vent de panique. Peut-être que Juliet avait raison lorsqu’elle affirmait qu’ils ne risquaient plus rien dans la chambre, et sûrement était-il trop sévère envers son jugement. Mais c’était quelque chose qu’il ne pouvait pas contrôler. Comme tout, il réfléchissait chacun de ses gestes avec une minutie qui donnait le tournis. Au final il avait réussi à éradiquer tout comportement impulsif et son mode de vie aurait pu se résumer facilement : triste. Juliet aurait pu être un remède miracle pour le jeune homme passablement angoissé qu’il était, mais au contraire il semblait redoutait sa présence comme on redoute celle d’un grand félin lorsqu’on est le seul kebab à dix lieues à la ronde. Tout ce qu’elle était représentait une menace pour lui.
Rien à voir cependant avec ses parties génitales qui avaient souffert de l’exubérance de la brunette. Esquissant une grimace devant le souvenir encore cuisant de son humiliation publique, doublée d’une sensation de douleur difficilement égalable, il préféra ne pas répondre à cette énième provocation de la demoiselle. Après cet événement ils avaient passé leur temps à se jouer des mauvais tours et cette petite guéguerre permanente avait normalement repris ses droits quand ils avaient découverts qu’ils étaient collègues. Seulement Ezéchiel était moins enclin à y répondre. Docile il récupéra les bottes de la demoiselle pour les lui passer et tandis qu’elle ruminait dans son coin il s’occupa de récupérer les clés à la réception.
Portant une grande partie des bagages il entra à la suite de J. et sa réflexion lui fit lever les yeux au ciel. Il se demandait parfois ce qui pouvait bien se passer dans le crâne de sa coéquipière parce qu’elle semblait prendre leur mission comme une espèce d’excursion dans un camp de vacances, alors que la situation avait tout pour être grave. Ils étaient chargés de surveiller un grand trafiquant d’armes, qui avait déjà montré par le passé qu’il n’avait pas peur d’avoir recours à la violence si cela s’avérait nécessaire, et ils en avaient faits directement les frais. Quand est-ce qu’elle commencerait à s’inquiéter ?
« Désolé que cette modeste chambre d’un hôtel quatre étoiles ne puisse combler tes aspirations… » Railla-t-il. Lui avait été soufflé par le décor, il l’était encore par les fins arrangements de la chambre. Jamais il n’aurait pu espérer avoir le droit à un tel luxe s’il avait suivit ses premières aspirations. Détournant le visage pour éviter d’avoir à rougir de la soudaine tenue légère de Juliet, il déposa leurs bagages et entreprit de les défaire. Ils avaient un système de surveillance ultra sophistiqué qui leur permettrait d’épier les moindres faits et gestes du trafiquant et ce malgré la distance et les rideaux tirés. Il ne manquait plus qu’attendre qu’une autre équipe place des micros dans la suite.
« On est censés surveiller ce qui se passe dans la chambre. Et je n’ai pas vraiment sommeil de toute façon. » Répondit-il, placide, peu enclin à remettre sur le tapis l’attaque surprise qu’ils avaient subis. Cet échec était toujours aussi dur à avaler. Sans compter l’inquiétude qui le taraudait. « Dors je veillerais pour deux. » Il retira le veston qu’il portait puis fouilla dans ses poches jusqu’à en extirper un paquet de cigarettes qui avait un peu souffert. C’était le seul vice qu’il voulait bien s’autoriser. Rapidement il l’alluma et en souffla une première bouffée, fermant légèrement ses paupières pour apprécier le goût âpre de la fumée qui lui picotait la gorge. A travers le voile bleue, il apercevait la silhouette alanguie de Juliet et sa petite fossette se creusa à nouveau en un sourire tendre et nostalgique bien que les visions qui l’assaillait n’avaient rien de « tendre ». Et c’est sans aucune raison qu’il posa cette question.
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Lun 22 Nov - 23:43
Words like violence break the silence
Come crashing in into my little world.
Spoiler:
@ b_split, nicolemissing.
Tu y as déjà repensé ? A cette nuit ? Avec ses boucles brunes éparpillées sur l’oreiller et sa bouche entrouverte, Juliet était dans un état qui pouvait être perçu comme semi comateux. Elle ne réagit pas tout de suite aux paroles d’Ezéchiel, n’en comprenant tout d’abord pas le sens. Les mots se mélangeaient, tout s’embrouillait, la confusion régnait. Soudain, la jeune femme se recroquevilla sur elle-même, se resserrant d’avantage entre les couvertures fraîches. Ses paupières papillonnèrent jusqu’à ce qu’elles soient totalement ouvertes. Tu y as déjà repensé ? A cette nuit ? Juliet ne bougea plus, le cœur battant. Elle n’avait pas pour habitude de livrer ses sentiments, voire même ses pensées. D’ailleurs elle ne livrait rien, absolument rien. Sauf sous une forme légèrement enjolivée par ses propres soins. Surprise par cette interrogation, oui. Assez surprise pour garder le silence, non. Elle devait dire quelque chose, quelque chose d’intelligent. Cependant elle était relativement intriguée par cette question qui lui faisait perdre l’intégralité de ses moyens. La jeune femme se redressa, prenant appui sur un de ses coudes tandis qu’un de ses bras disparaissait sous les draps, et dévisagea ce qu’elle pouvait apercevoir d’Ezéchiel à travers une épaisse fumée grisâtre. La pénombre l’engloutissait presque totalement.
Ce qu’elle pouvait détailler ou imaginer était délicieux. Que ce soit sa fossette, ses rares sourires, ses yeux qui reflétaient une petite pointe de tristesse. Et d’autres détails tenaient du lointain souvenir, des détails qui allaient du goût salé de sa peau à la douceur de son torse. Si elle y avait déjà repensé… Oui. Les quelques jours qui avaient suivi cette nuit. Lorsqu’elle avait revu Ezéchiel. Lorsqu’on leur avait annoncé qu’ils étaient coéquipiers sur telle ou telle mission. Lorsqu’il avait glissé sa main sur ses fesses rebondies. Maintenant. Comment le lui faire comprendre sans passer pour une nymphomane constamment avide de sexe ? Une tâche qui n’était pas aisée mais qui pouvait le devenir.
Epuisée par tant de réflexion, Juliet retomba sur le matelas et se massa le front, les yeux fixés vers un point invisible situé sur le plafond. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire à peine esquissé mais bien présent. Tout pouvait être simple lorsqu’ils se taquinaient. Tout pouvait être compliqué à cause d’une simple question. Une unique question pouvait chambouler bien des choses, elle était bien placée pour le savoir. Si seulement elle pouvait chasser d’un seul revers de main tous ses souvenirs qui s’entremêlaient entre eux, ce serait tellement simple. Il n’y aurait plus rien entre eux sauf une franche camaraderie.
« Oui. » Avoua-t-elle d’une voix tremblante. « Oui, j’y ai déjà repensé. » Reprit-elle avec plus d’aplomb. « A l’époque, tu avais brisé mon petit cœur d’adolescente désespérée. » Siffla Juliet avec amusement. « Cette nuit-là a réussi à combler toutes mes espérances. J’y repense car… je crois que c’est la première fois où j’ai été réellement ravie de « recevoir » quelque chose qu’on m’avait refusé au départ. » Elle soupira et n’osa pas se redresser. J. n’avait pas été capable d’ajouter la moindre remarque déplacée dans son discours larmoyant et, manifestement, elle se rendait compte que cette conversation allait devenir bien trop sérieuse pour elle.
Parler du passé ne l’enchantait guère car le passé appartement aux souvenirs au fond du placard. Lorsqu’on déterrait toutes ces choses, rien de bon ne pouvait apparaître. C’était dans la logique des choses, tout simplement. Dans la logique de Juliet en tout cas et c’était bien suffisant pour une seule personne.
« Pour que je me sente moins seule, dis-moi… tu y as déjà repensé aussi, non ? » Demanda Juliet d’une petite voix anxieuse. La réponse qu’elle redoutait le plus était sans nul doute le fameux « Oh, tu sais, je m’enfilais gonzesses sur gonzesses… tu n’as été qu’un numéro de plus sur la liste. » effroyable, juste effroyable. Juliet soupira, s’enroula dans les draps et se rapprocha du bord du lit, ses pieds frôlant à peine le sol glacé. En plissant les yeux elle pouvait apercevoir distinctement les traits de son compagnon comme si elle était face à une vieille télévision qui projetait les films en noir et blanc : on devait plisser les paupières pour avoir l’illusion d’une image nette. Au fond, elle aurait peut-être aimé que le duo Ezéchiel & Juliet ne dure plus qu’une seule nuit. Peut-être. Il ne l’aimait pas. Elle l’adulait. Fin de l’histoire et bonsoir chez vous.
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Jeu 25 Nov - 0:33
Pourquoi avait-il posé une telle question ? A quel moment sa langue avait-elle pris le pas sur son cerveau ? Il ne se souvenait même pas d’avoir consciemment formulé cette pensée dans son esprit et pourtant maintenant que les mots étaient lâchés il se rendait compte que cette nuit avait été omniprésente dans ses pensées, à partir du moment où elle l’avait regardé en fronçant son mignon petit nez en éclatant de rire. Ainsi sûr qu’il s’était automatique crispé à cet instant. En lui se bataillaient deux émotions diamétralement opposées et il lui aurait été impossible de dire laquelle était la plus forte. Embarrassé par le silence qui pesait sur la chambre, et par le regard inquisiteur de la jeune femme qui le scrutait à travers la fumée de sa cigarette il commença à rogner l’ongle de son pouce. C’était terrible de voir les choses lui échapper et d’en être le responsable. Il se sentit d’autant plus stupide que le silence s’éternisa encore, tandis qu’elle se laissait souplement retomber sur le matelas. Il hésita à balayer sa question d’une banalité, coupant court à ce moment de gêne.
Et puis enfin la réponse tomba comme une délivrance et il expira une nouvelle bouffée de fumée, libéré. Seulement le soulagement fut éphémère. Peut-être parce que sous l’amusement, il croyait déceler une véritable blessure. Il se rendait compte, beaucoup trop tard, qu’il avait été injuste avec elle. Il lui en avait réellement voulu pour son coup déplacé, et sa rancune, tenace, avait alimenté sa « rage » tout au long de l’année. Il avait oublié entre temps pourquoi elle avait réagit de façon aussi virulente. Jamais il ne s’était comporté de la sorte auparavant et maintenant il croyait pouvoir dire que c’était parce qu’elle le menaçait. Oui Juliet menaçait l’équilibre paisible de sa petite existence. Néanmoins les souvenirs s’imposèrent à nouveau à lui, et il ne put s’empêcher de sourire. Ils avaient été pris d’une frénésie adolescente, méli-mélo joyeux de bras et de jambes et ils en étaient ressortis fourbus et les lèvres en feu de s’être trop embrassés. Ezéchiel avait quitté le lycée après ça, et ils ne s’étaient plus jamais revus jusqu’à il y peu ce qui avait permis au jeune homme d’enfouir ce moment dans un coin de sa mémoire. Toujours présent, jamais visible. Mais elle bousculait tout d’un regard.
Un regard noisette parsemé d’or, qui vous déstabilisait et semblait poser les bonnes questions. Des lèvres jamais boudeuses, mais toujours charmeuses. Une attitude peu commune. Une présence qui vous happait. Un petit quelque chose. Une étincelle. A cet instant, même s’il ne pouvait pas voir son visage, elle emplissait tout l’espace, et gêné que la question lui soit retournée, il passa une main sur sa nuque comme si elle était douloureuse et laissa échapper un soupir. C’était une tempête de question qui s’était déchaînée en lui et pas seulement. Bataillant entre ce qu’il était supposé répondre, ce qu’il voulait répondre et ce qu’il se cachait, il mit un moment lui-même à trouver ses mots et c’est d’une voix légèrement rauque et mal assurée qu’il répondit. « Oui. »
Tirant une nouvelle bouffée de nicotine qu’il voulait salvatrice, il se gratta ensuite le front, sceptique sur ce qu’il pourrait bien ajouter après une affirmation aussi maigre. Poser les questions était plus facile que se retrouver dans la situation inverse. Sauf qu’il ne pouvait sans doute pas affirmer tout de go qu’une chamaillerie de gosse s’était muée en une vraie passion d’homme et qu’il n’y aurait aucune hésitation dans la façon dont il pourrait l’aimer, horizontalement, à cet instant précis. Il avança, se soustrayant soudain à l’obscurité pour se soumettre au feu de son regard. Douce torture, ne me regarde pas comme ça. La scène qu’il avait sous les yeux se brouilla pour faire place à une autre, où il était moins épais, moins fermé aussi sans doute. Il fumait tranquillement installé sur un fauteuil. Des draps épars ne dépassaient qu’une épaule délicate, quelques mèches chocolat un peu folles et le galbe d’une cuisse. Le plus beau des spectacles. Il s’était approché, et d’un mouvement lâche il avait caressé sa peau du bout des doigts. Assez pour qu’elle frisonne. Pas suffisamment pour qu’elle le désarme de ses pupilles café une nouvelle fois.
« Tu n’es pas quelqu’un qu’on oublie facilement Juliet. »
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Ven 26 Nov - 19:09
Look at your young men fighting,
Look at your women crying.
Look at your young men dying.
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Ce n’était qu’une délicieuse tourmente. Juliet savourait ce moment du bout de la langue comme terrifiée à l’idée qu’il ne se termine brusquement, la laissant dans un état proche de la cataplexie. Humant l’odeur âpre de la fumée qui s’échappait de la cigarette, la jeune femme essayait de détailler les traits d’Ezéchiel mais peine perdue, la nuit engloutissait totalement le coin où il s’était placé. Leur semblant d’histoire aurait pu commencer des années auparavant et s’achever tout aussi rapidement qu’un coup de pied bien placé. Juliet s’était réellement éprise du jeune homme, d’une passion adolescente et encore candide, et ce qu’elle avait ressenti lorsqu’il avait repoussé ses avances avait dépassé de loin l’entendement. Elle aurait aimé vivre un amour fusionnel. Elle aurait voulu être à lui et qu’il soit à elle. Des rêves d’adolescente délurée. Des fantasmes romantiques qui avaient pris une teinte de réalité le soir où ils s’étaient donnés l’un à l’autre. Des idées qui étaient devenues des vérités. Quoi qu’il en soit, le bruissement de ses cuisses contre le drap la ramena à la triste réalité où elle attendait avec anxiété la réponse d’Ezéchiel.
Tout en sachant que cette réponse n’allait rien lui apporter. Dire oui, non… Quelle importance ? C’était terminé. Juliet ne pouvait décemment pas remettre le couvert avec Ezéchiel, elle n’avait plus le temps de souffrir. Elle pensait, du moins elle supposait, que la présence du jeune homme à ses côtés pouvait lui apporter ce qui lui manquait, c’est-à-dire du calme et du bon sens. Cependant elle réfutait cette pensée avec virulence, c’était un refus de grandir qu’on devait absolument cautionner. Une vision de l’avenir un peu trop erronée. Le seul mot prononcé par Ezéchiel d’une voix mal assurée eut le don de la faire frissonner et elle préféra porter ses doigts à ses lèvres entrouvertes plutôt que de laisser échapper la moindre petite imbécillité. Un fin sourire satisfait éclaira sa bouille de gamine tandis qu’elle retenait avec peine un éclat de rire réjoui. Ce mot la ravissait totalement, lui faisant dire que peut-être… Peut-être.
Les yeux rivés sur la silhouette d’Ezéchiel qui se détachait de la pénombre, Juliet attendait une action de sa part. Une action bien précise qui ne vint pourtant pas. Les mots rattrapèrent les actions. La jeune femme leva un regard intrigué puis sa mâchoire se serra. Une vague de chaleur la traversa et elle eut un mal fou à desserrer les dents. « Tais-toi. » Juliet pencha un peu la tête sur le côté, cherchant un appui visuel derrière Ezéchiel mais se ravisa et le toisa d’un air goguenard « Tais-toi. Tu m’as oubliée. » Murmura-t-elle doucement en tendant le bras afin d’effleurer la main de son coéquipier. Elle passa outre le fait que ce contact lui apporta d’agréables frissons. « Car tu ne ressentais strictement rien pour moi. Ce n’est pas la peine de te voiler la face. » Souffla-t-elle avant de laisser retomber son bras sur le matelas, légèrement gauche. La souffrance qu’elle avait ressentie n’avait jamais eu d’égal et c’était assez étonnant en soi étant donné que ça n’avait été qu’une petite amourette d’adolescente. Amourette qui l’avait mise en garde contre les sentiments, qui l’avait protégée, du moins jusqu’à l’arrivée en fanfare d’Ezéchiel à CONTROL. Bien que le terme « en fanfare » soit un peu trop excessif pour la personnalité réservée de son collègue.
Juliet quitta le lit maladroitement, resserrant la couverture autour de son corps fébrile. Que voulait-elle faire ? Elle-même n’en savait rien. Se rendant compte qu’elle se rendait ridicule à se tenir d’une façon aussi bancale, J. leva un regard dubitatif vers son interlocuteur. Cette scène lui en rappelait une autre qui s’était déroulée des années auparavant. Leur unique nuit avait débuté ainsi ; l’un face à l’autre pour une ultime confrontation qui s’était « éternisée ». Charmante petite querelle qui s’était achevée de la plus douce des manières, même s’il n’y avait jamais rien eu de vraiment « doux » entre eux. « Le passé appartient au passé, n’en parlons plus. » Elle accorda à Ezéchiel un pauvre sourire qui était tout sauf sincère mais à l’heure actuelle J. n’avait cure de la sincérité. La jeune femme soutenait le regard azuré avec un peu trop d’insistance étant donné que ses pommettes prirent une teinte délicieusement cramoisie. Cependant ce brusque changement pittoresque passa inaperçu de par les ombres qui masquaient toutes les couleurs de la chambre et de ses téméraires occupants.
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Sam 27 Nov - 0:28
C’était comme si elle avait gravé sa présence au fer rouge sous sa peau. Une brûlure ancienne qui se réveillait d’un simple regard, d’un simple contact, si bien qu’il se demandait comment il avait pu l’ignorer quand il avait pris Juliet dans ses bras et l’avait pressée contre son torse ou qu’il l’avait soulevée de terre. Il ne pouvait pas dire qu’il était à l’aise avec ce genre de sentiments. C’était quelque chose qu’il avait toujours fait en sorte de maîtriser et qu’il avait fini par cadenasser dans un coin pour ne plus rien laisser s’exprimer. Il régnait en son être un certain flottement qui du reste demeurait agréable jusqu’à ce qu’elle ouvre à nouveau la bouche. Elle le toucha et un coup de fouet endolorit ses reins. Un courant électrique qui courra sous sa peau, le long de son bras et qui fit se dresser ses poils. Son index tressaillit légèrement et il serra le poing, comme pour masquer la faiblesse de son corps face à sa volonté. Son regard resta un moment posé sur leurs doigts qui semblaient aimantés les uns aux autres puis il releva doucement la tête, hagard, incapable de croiser son regard. Ses yeux papillonnèrent, dansèrent de sa bouche à la ligne de son épaule, puis de nouveau ses lèvres qui assenaient des paroles assassines.
Elle ne pouvait être plus loin de la vérité. Mais devant tant de fermeté il ne sut comment se défendre et il plia une nouvelle fois sous le coup de trop d’émotions. Dieu qu’elle pouvait être cruelle avec lui. Elle était la voix de toutes ces choses qu’il s’était interdites. Délicieuse tentatrice. Est-ce qu’elle n’avait pas vu l’ardeur avec laquelle il tentait de la détester pour masquer tout ce qu’il adorait chez elle ? Il n’avait jamais pu supporter qu’elle s’éloigne de lui, qu’elle oublie leur stupide querelle. Il avait tremblé, la première fois qu’elle l’avait embrassé, ce qui avait du passer pour un accès de frénésie. Il avait hésité à demander à ce que cette nuit se prolonge. Il n’avait jamais pu être rassasié de son corps, de son rire, de son parfum. C’était tout ça qu’il avait vainement essayé de se cacher. Il pinça ses lèvres jusqu’à ce qu’elles ne forment plus qu’une ligne horizontale sur son visage. D’un seul coup elle lui apparaissait inaccessible et alors qu’il n’aurait eu qu’à bouger le petit doigt pour la toucher, il ressentit le vide qui l’entourait quand elle recula sa main. Son bras retomba le long de son corps, comme un déchet inutile.
Soudain il ne pouvait plus supporter sa vue. Tout en étant incapable de décrocher son regard de sa silhouette finement dessinée dans l’obscurité. Sa peau luisait faiblement, prise pas les quelques halos de lumière qui traversaient la pièce. Il aurait voulu faire courir ses doigts sur ces lignes incertaines juste pour en éprouver la véracité. De ses lèvres il se voyait déjà dévorer la ligne de sa nuque et le dénivelé de ses épaules. Il savait précisément ce que cachait ce drap informe et cela le rendait encore plus attrayant. Il aurait voulu qu’elle ne se laisse pas abuser par ce manque de prise sur sa personne qu’il lui offrait. Il aurait souhaité qu’elle soit capable de lui au travers de son aveu. Oui il y avait repensé. Oui il y pensait. Oui il le voulait.
« Tu as sans doute raison… » Répondit-il, jouant avec le filtre de sa cigarette, le faisant rouler entre ses doigts. Il fit un autre pas en avant, se retrouvant de nouveau dans la zone d’attraction de la jeune femme, son regard maintenant fermement planté dans le sien. De là il pouvait sentir son parfum, de même que l’air chaud qui s’échappait de ses lèvres et venait se heurter à lui. Il devait légèrement baisser la tête pour mieux la voir car elle était plus petite de quelques centimètres. Il aurait été facile de lui voler un baiser. Et puis quoi ? Quel sens aurait été donné à ce geste ? Aucun à en juger parce que leur nuit avait laissé comme trace. En se détournant il porta de nouveau le filtre à ses lèvres, trop heureux de pouvoir se noyer dans la nicotine. Il s’accrocha à sa cigarette comme un naufragé, le visage de la jeune femme brouillé à sa vue par la fumée. Quelle idée stupide d’avoir mis ça sur le tapis, ce n’était que l’égarement de deux adolescents. Il n’était plus ce gosse. Mais pas encore l’homme qu’il souhaitait. Complètement paumé.
« Je te réveillerais dans cinq heures. Histoire que je puisse me reposer aussi. Et…. » Ecrasant sa cigarette il sembla chercher ses mots en même temps que sa main ébouriffait sa crinière ébène. «… Juliet tu sais tu te trompes sur…. » On frappa soudain à la porte de la chambre et le jeune esquissa une grimace, retenant de justesse les mots qui allaient lui échapper. Il alla ouvrir la porte à grandes enjambées et laissa entrer deux de leurs collègues qui ramenèrent le matériel d’écoute. Les micros étaient posés. Ils repartirent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Soupirant il s’accorda de s’abandonner de nouveau à son regard. « Tu te trompes sur pas mal de choses. Sauf peut-être une. Le passé appartient au passé. »
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Sam 27 Nov - 11:46
Still feels like our first night together,
Feels like the first kiss.
Spoiler:
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Ses lèvres frémirent tandis qu’elle attendait un baiser qui aurait pu être le synonyme d’une salvatrice liberté. Un poids s’imposa alors dans sa gorge, lui rendant alors difficile la lourde tâche de déglutir. Jouant avec le filtre de sa cigarette avant d’en tirer une longue bouffée, Ezéchiel semblait fuir le regard inquisiteur de la jeune femme qui, toujours debout, tentait de mettre à jour ce qu’elle ressentait. Cette tâche n’était pas aisée et Juliet ne pouvait pas en venir à bout. Les mots refusaient de traverser ses lèvres, rendant sa torture encore plus délectable. L’Enfer n’avait plus à s’ouvrir sous ses pieds malhabiles. Ezéchiel avait toujours représenté la douleur, une douleur que J. n’avait plus envie de ressentir. La souffrance de se faire rejeter et la blessure de voir celui qu’elle avait adulé prendre le large, lui tournant résolument le dos sans lui promettre quoi que ce soit. Juliet aurait aimé des promesses d’avenir et des acquiescements silencieux. Elle n’eut ni l’un, ni l’autre. A l’heure actuelle, elle aurait pu tendre la main et effleurer la cicatrice qui marquait sa fossette. Elle aurait aussi pu poser ses lèvres dans le creux de son cou afin d’y déposer un furtif baiser ou bien avoir son aval afin de mordiller le point sensible où sa nuque et son épaule se rencontraient. Tout en elle crevait d’envie.
Tu as raison de changer de sujet, E. Les yeux fuyants, Juliet se mordillait l’intérieur de ses joues. Elle croisa les bras, se nichant un peu plus entre cette couverture aux allures protectrices. Il écrasa sa cigarette et entrouvrit de nouveau ses lèvres rosées qu’elle aurait voulu dévorer. Une lueur d’espoir se manifesta dans les yeux fatigués de la jeune femme mais cette espérance fut de courte durée lorsque quelques coups impatients résonnèrent dans la chambre. Les lèvres pincées de Juliet tressaillirent alors qu’elle suppliait Ezéchiel du regard de ne pas aller ouvrir. Pas maintenant. La chaleur la quitta lorsque le jeune homme sortit de sa bulle. La fraîcheur l’envahit, la faisant doucement frissonner. Elle offrit un spectacle grotesque à leurs deux collègues qui s’étonnèrent de la voir si peu bavarde mais qui eurent l’extrême amabilité de ne pas poser la moindre question. Interrogation qui aurait pu être fatale à défaut d’être gênante. Aussitôt repartis, Ezéchiel accepta enfin de croiser le regard de Juliet. Cette dernière se demandait pourquoi il lui refusait un tel ravissement, un tel spectacle. Elle aurait pu rester face à lui toute la nuit, s’offrant corps et âme à ses vices cachés. Ses mots claquèrent comme un coup de feu en pleine nuit. Le passé appartient au passé.
Il l’acceptait sans rechigner. J. baissa la tête, les pommettes en feu. Ce mal de gorge se fit plus virulent, se diffusant lentement dans chacun de ses membres. Engourdie et abasourdie, la jeune femme se détourna d’Ezéchiel. « Je suis bien heureuse que cet avis soit partagé. » Dit-elle en retenant avec peine les larmes qui menaçaient de brouiller sa vue et toute sa crédibilité. Tâchant d’oublier ce qu’elle aurait aimé faire, lui dire, lui faire partager, Juliet s’avança vers le lit. La démarche chancelante. Ses mouvements n’étaient plus très coordonnés, tant et si bien qu’elle s’effondra sur le matelas sans pouvoir retenir un petit souffle d’aise. « Ezéchiel,… moi, je… » Fit Juliet en se redressant brusquement, les mains plantés dans la douceur des couvertures. Moi, je quoi ? Finalement, je retire ce que j’ai dit. Je lance un « temps mort ! » Quoi qu’il advienne, la douleur, elle, est toujours bien présente, rongeant chaque parcelle de sa peau. « C’est pas important. » Souffla-t-elle, parfaitement consciente d’être une caricature grossière d’une donzelle nunuche qu’on voyait régulièrement dans les séries télévisées.
La jeune femme mit un certain temps avant de trouver le sommeil, se tournant et se retournant dans tous les sens, visitant toute les parties inexplorées du lit. Mal à l’aise. Lorsqu’elle s’endormit enfin, aucun rêve ne vint la tourmenter. Le temps passa, la laissant gigoter, détruisant le carré des draps et se débarrassant des oreillers d’un coup leste des poings. Juliet ouvrit brusquement les paupières, un goût âcre envahissant sa bouche. Posant ses coudes sur le matelas, elle se frotta vigoureusement son visage endolori et passa son index le long de ses lèvres gonflées. Après quelques minutes de pure perdition où J. tâchait de se remémorer les événements de la veille, elle parvint à s’extraire du lit. Debout, la jeune femme contempla la couchette à moitié détruite. Désorientée, elle cherchait à déceler Ezéchiel à travers la pénombre. L’aube n’était pas encore levée et apparemment, elle avait dormi un peu moins de cinq heures étant donné qu’il ne l’avait pas réveillée. Quelques mèches folles lui chatouillaient les joues. Ses yeux étaient à peine ouverts, cherchant son collègue à tâtons.
« Ezéchiel ? » Siffla-t-elle d’une petite voix. Juliet étouffa un petit cri de douleur lorsque son genou rencontra un meuble. C’était une expédition de tous les dangers. Elle tituba avant de basculer. Lorsqu’elle rencontra le sol, elle ne sut pas retenir un juron qui aurait pu faire trembler les murs d’une église. Ceci étant cette petite chute aurait presque pu lui faire oublier ce qu’E. lui avait dit. Et l’affliction qui s’était imposée à elle.
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Dim 28 Nov - 1:23
Rageur il essayait au mieux de son contenir. Les muscles de ses mâchoires se contractaient par intermittence et les jointures de ses doigts étaient devenues blanches de par la pression qu’il exerçait de ses poings. Il avait envie de cogner, de hurler, de laisser échapper tout ce qui le torturait. Il fut lui-même surpris par la violence de cette réaction, et la formidable aptitude qu’il avait à le dissimuler. Plus maintenant que tout autre jour il avait le sentiment d’être une coquille vide. Il y avait bien quelque chose aux commandes de chacune de ses actions mais le reste n’était qu’un immense néant. C’était sans âme qu’il se baladait depuis des années. Du dos de la main il frotta son nez et préféra ignorer les propos de Juliet. Il ne savait pas à quel jeu jouait cette femme, ni ce qui la faisait avancer. Elle demeurait le plus parfait des mystères. Dire qu’il avait été assez sot pour croire que quelque chose traînait dans l’air quand ils se retrouvaient tous deux. Au fond ce n’était que des relans doux amers de vieux souvenirs. Des reliquats qu’on ne pouvait s’empêcher de chérir mais qui ne restaient rien de plus qu’une image fanée. Tournant le dos à sa collègue, il manipulait des objets sans trop savoir qu’en faire. Il aurait voulu fuir tant la sensation de s’être miss à nu lui était désagréable mais ça lui était impossible. Ils étaient coincés sur cette mission, pour dieu seul savait combien de temps encore, et il ne supportait pas sa présence une seconde de plus. Il se crispa quand elle ouvrit à nouveau la bouche, à la fois fasciné et agacé par le velouté de son timbre. Il se tourna à demi, de façon à l’avoir partiellement dans son champ de vision. Il attendit et puis rien. Rien d’autre que le formidable vide qui les unissaient.
Alors il fit ce pour quoi il était venu, il installa les derniers écrans de contrôle qui leur étaient nécessaires pour la surveillance tandis qu’elle retournait se coucher. Le plus silencieusement possible, il jonglait avec les images qui avaient été enregistrées, à la recherche de quelque chose qui pourrait leur servir pour leur enquête. Complètement absorbé par sa tâche il laissa comme ça filer une ou deux heures, sans plus s’intéresser à ce qui se passait autour. C’était l’un de ses principaux défauts, il était obsédé par ses missions tant et si bien qu’au final il avait négligé les autres aspects de sa vie. Bien sûr depuis quelques années qu’il travaillait maintenant à CONTROL il avait fait quelques connaissances, mais ce qu’il savait de ses collègues n’allait jamais au-delà des grands basiques « âge, nom, type de café bu ». Se redressant dans le fauteuil qu’il occupait, il joua à faire rouler ses muscles endoloris et se leva pour dissiper les fourmillements dans ses jambes. Une douleur sourde animait ses membres et il laissa échapper un soupir en même temps qu’il étirait sa colonne vertébrale. Dans le même temps son regard acier glissa sur la jeune femme endormie, dont on devinait à peine les formes sous le bazar des draps. Dormir avec elle devait relever du parcours de combattant. Esquissant un sourire, il tira sur un pan de couverture et le ramena sur la jeune femme pour ne pas qu’elle ait froid. Il resta même là bêtement à la regarder pendant plusieurs minutes, résistant à l’envie qu’il avait de glisser ses doigts dans ses cheveux et enfouir son visage au creux de sa nuque.
Au lieu de ça il fit un tour sur lui-même et ayant pris un écran de contrôle portable, il alla s’enfermer dans la salle de bain. Il posa l’écran sur le rebord de la baignoire, souleva sa chemise pour récupérer l’arme qu’il avait cachée sous ses vêtements et la laissa à côté de l’écran, puis il fit couler un bain avec une bonne dose de mousse. Tandis que la baignoire se remplissait, il se posa devant l’imposant miroir qui emplissait la pièce et constata pour la première fois les dégâts de son altercation avec les agents de Kaos. Son œil droit était légèrement tuméfié et il avait un bleu sur le menton. Il défit lentement les boutons de sa chemise et avisa des bleus aussi gros que des œufs disséminés un peu partout sur son corps. Mais le pire était sans doute le message que lui renvoyait son expression. S’appuyant sur l’évier, il inspira à fond, cherchant à lutter contre un de ses fantômes. N’y parvenant pas il retourna dans la chambre, où il prit une bouteille et un verre dans le mini bar. C’est avec une certaine délectation, une cigarette dans une main, son verre dans l’autre, qu’il plongea dans l’eau bouillante, un œil toujours posé sur l’écran qui n’indiquait rien de plus que les occupants de la chambre du trafiquant, dormaient du sommeil du juste. Lentement il se laissa gagner par la torpeur, se repassant en boucle la conversation qu’il venait d’avoir avec Juliet. Il cherchait où il avait merdé, jusqu’à ce qu’il se rende compte que c’était bien des années auparavant. Il avait même l’impression d’avoir pris avantage de ce béguin que la brunette entretenait pour lui. Il se dégoûtait. Frappant son front avec légèreté de son verre à moitié vide, ses paupières se fermèrent lentement jusqu’à ce qu’en entendant quelque chose il bondisse hors de l’eau tout couvert de mousse, saisissant au passage serviette et arme. D’un coup d’épaule il défonça la porte pour se retrouver face à… Juliet. Etalée par terre mais seule.
« Merde je croyais… » Passé le choc il esquissa un sourire moqueur, se rendant compte que la maladroite J. avait encore frappé. « Même quand tu dors on peut pas espérer que tu te tiennes tranquille. Viens là. » fit-il en l’agrippant d’une main pour la remettre sur pieds. Une fois qu’elle fut à sa hauteur il ne put s’empêcher de sourire à nouveau. Elle avait ce pouvoir sur lui. « Je… Euh… » Bafouilla-t-il, ses joues prenant une vive teinte rosée, réalisant qu’il était en mauvaise posture. « J’ai cru que… Pourquoi faut-il toujours que je me retrouve dans les pires situations avec toi ? »
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Dim 28 Nov - 12:17
Is your secret safe tonight ?
And are we out of sight ?
Spoiler:
c. motokoayoama, nicolemissing
Les yeux écarquillés, la jeune femme aperçut Ezéchiel, en tenue plus que légère, sortir de la salle de bain. A première vue, il devait penser qu’un gang de terroristes était venu s’installer dans la suite. Sa main se contractait autour du manche de son arme et il cherchait qui il devait éliminer. Personne E., personne. Enfin son regard se posa sur une Juliet désorientée qui retenait un petit sourire amusé. Le voir choqué ne fit qu’augmenter son envie de ricaner ouvertement mais il la devança au poteau en prenant un air moqueur. Une moue qui, au lieu de l’agacer, fit rosir ses pommettes. Il lui tendit la main qu’elle saisit fermement et, une fois remise sur pieds, elle toisa son collègue en tentant de ravaler son sourire satisfait. Juliet, légèrement déséquilibrée, posa sa main sur l’épaule mouillée d’Ezéchiel. Tandis qu’il bafouillait et cherchait ses mots, la jeune femme restait captivée par son regard azuré. Sa nuque se contracta une nouvelle fois comme sous le coup d’un stress particulièrement intense. Des fourmillements parcouraient la paume de sa main avant de se diffuser le long de son bras. C’était tellement agréable que ça en devint insupportable mais elle ne retira point sa main, n’étant pas capable de briser ce contact qui s’éternisait.
Son regard café glissa le long du nez aquilin d’E. et de ses lèvres pleines avant d’arriver à son torse. Son exploration visuelle ne s’arrêta pas là et elle se mordilla l’intérieur de ses joues en détaillant son torse magnifiquement bien dessiné. Il s’était épaissi depuis leur adolescence et Juliet ne pouvait pas le nier, elle le trouvait parfaitement à son goût. Il n’était pas démuni d’un léger ventre mais ce fait le rendait absolument charmant ; il était bien loin des rugbymen qui posaient pour la gloire en cachant leur intimité avec un ballon ovale et cependant il s’en rapprochait d’une manière tout autre. Elle n’alla pas plus loin que la serviette qui cachait déjà ce qu’elle connaissait et qui rendait ce tissu tout à fait inutile. Esquissant une moue boudeuse, elle pencha légèrement la tête sur le côté, sa main descendant le long du bras d’Ezéchiel avant qu’elle ne retombe mollement le long de son corps. Soudain elle se sentit nue, simplement vêtue d’une t-shirt et d’un sous-vêtement. D’ordinaire, ce genre de tenue et la vision que ses collègues pouvaient avoir sur elle ne la dérangeaient absolument pas étant donné qu’il n’y avait strictement rien entre eux. Sauf une franche camaraderie dans le pire des cas. Posant ses mains sur le bas de son vêtement, elle tira légèrement afin de cacher ce qu’elle ne voulait pas qu’il regarde même s’il la connaissait déjà bien. Se rendant compte qu’elle était ridicule, elle arrêta son petit manège.
Les joues d’Ezéchiel prirent une teinte vive qu’elle pouvait facilement déceler. Il semblait réaliser que le bout de femme qui se trouvait devant lui pouvait être le pire des Démons. Machinalement, Juliet posa sa main sur la fossette du jeune homme et caressa sa courte estafilade du bout de son pouce. « T’avais qu’à ne pas profiter de la baignoire jacuzzi sans moi. » Déclara-t-elle d’une voix geignarde en lui tapotant la joue. Lui accordant un petit clin d’œil complice, J. s’éclipsa vers la salle de bain en essayant tant bien que mal d’oublier les bleus et autres coupures qui étaient décimés un peu partout sur son torse. Cette soirée l’avait troublée, lui imposant quelques doutes en ce qui concernait son état d’agent. A savoir que Juliet ne doutait jamais de ses performances. Cependant lorsqu’elle avait vu son collègue à terre et roué de coups, elle avait été terrifiée à l’idée qu’il puisse perdre la vie. Elle pénétra dans la salle d’eau et, ignorant dignement les vêtements d’E. dispersés sur le sol, coula un long regard au luxe qui régnait dans cette pièce. Certes elle était clairement impersonnelle mais J. pouvait vite s’y faire.
Elle en ressortit rapidement et passa à côté d’E. sans le regarder avant de s’asseoir devant les écrans de contrôle, sourcils froncés et les lèvres pincées. « Tu peux retourner faire trempette, Zez. Je m’occupe de tout. » Déclara-t-elle en tapotant l’écran de l’ordinateur qui lui faisait face, sûre d’elle.
Ce brusque changement de comportement n’était pas rare chez elle lorsque J. savait que tout était perdu d’avance. Là, il était inutile de réfléchir. Le passé appartient au passé. Mais quelle idiote. Autant se comporter en collègue modèle comme elle ne pouvait faire plus, à son plus grand regret.
Dernière édition par Juliet Ainsworth le Lun 29 Nov - 21:13, édité 1 fois
Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Lun 29 Nov - 19:03
Cette femme était faite de feu. Chaque fois qu’elle le touchait il avait l’impression que sa peau s’enflammait et il ne savait pas si c’était le pur produit de son imagination ou simplement la raison de cette alchimie qui existait entre eux. Ce dont il était sûr c’est qu’il mourrait un peu plus chaque fois que cette sensation s’estompait. Ces deux derniers jours avaient du le rendre fou, ou bien était-ce le verre qu’il avait siroté, dans tous les cas il avait la sensation de lentement perdre pied et il ne savait plus ni quoi faire, ni quoi dire pour remédier à cela, si bien qu’il ne fit pas un mouvement quand elle effleura sa cicatrice, alors qu’il détestait qu’on y fasse la moindre allusion. Il trouvait même cruel que le destin ait choisi de le marquer à vie le jour de la mort de son frère, comme s’il avait réellement besoin de se voir dans une glace à chaque fois pour prendre la peine d’y penser. La température de son corps grimpa en flèche et il se retrouvé hébété au milieu de la chambre alors qu’elle procédait à une rapide inspection de la salle de bain. Peut-être aurait-il du en profiter pour la plaquer contre un mur ou la prendre sur le carrelage humide mais il en semblait incapable, le moindre mouvement lui demandait un effort surhumain.
Il cligna des paupières longtemps après qu’elle se soit installée derrière les écrans de contrôle, sans doute parce qu’il avait encore la vision de ses jambes longilignes sous le fin vêtement qui ne cachait strictement rien, qu’elle portait. Il avait adoré ça, ses jambes, et la façon dont elle entourait sa taille avec pour ne plus laisser le loisir à un seul atome de les séparer. Il avait aimé sa façon de frémir sous lui, et de se cambrer contre son torse. Il avait voulu qu’elle plante ses ongles dans sa peau, pour en garder là aussi une trace. Il esquissa enfin un mouvement en se tournant vers elle. Rarement il avait vu une telle expression de concentration chez la jeune femme et il s’attendait à voir de la fumée s’échapper de ses oreilles. Quoi qu’il en soit maintenant qu’elle était réveillée il ne se sentait pas de barboter dans l’eau. Ce n’était cette fois pas une question de confiance, seulement de la gêne à être aussi vulnérable alors qu’elle se tenait à trois mètres de lui.
Fouillant dans son sac il en retira un jean qu’il enfila en gardant la serviette accrochée autour de ses hanches. Il le boutonna rapidement mais pas entièrement puis d’une main remis en peu d’ordre dans sa tignasse humide, puis il revint vers Juliet pour observer ce qu’elle faisait, laissant la serviette au sol. « Bon depuis que tu es couchée il ne s’est rien passé de bien spécial. Ils ont fait venir des prostituées, elles sont d’ailleurs toujours là. Comme les micros viennent d’être installés je n’ai pas pu retracer ce qui s’est passé avant. J’ai quand même demandé à un collègue qu’il nous fournisse la liste des appels passés depuis la chambre. J’attends toujours. Un problème avec les satellites ou je ne sais pas quoi... »
Il posa une main dans le dos de Juliet et de l’autre lui indiqua un point sur l’écran. « Tu vois ces salauds prennent du bon temps. Ce qu’on peut craindre c’est que comme ils nous ont repérés, ils décident de ne pas aller au bout de leur contrat. C’est ce que je ferais aussi si j’étais à leur place, trop risqué. Qu’on ait quitté l’hôtel peut nous aider à changer la donne mais il n’y a rien de sûr. Ces petits cons sont pas aussi abrutis qu’on pourrait le penser. »
Il soupira. « En attendant on est obligés de rester là jusqu’à ce qu’ils décident de lever le camp. Rien que pour se foutre de notre gueule ils pourraient se payer le luxe de rester là… » Ezéchiel bouillait de rage, il détestait l’inaction autant qu’il pouvait détester les membres de KAOS. Droit, il n’avait jamais accepté ni pardonné un seul faux pas et son intégrité ne lui avait pas apporté une grande popularité. On n’aimait jamais les gens trop biens.
« Si ça te tente en attendant on peut commander à manger. Je n’ai rien avalé depuis… Trop longtemps ! »
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Sujet: Re: EZECHIEL ☏ viva las vegas, viva las vegas. Lun 29 Nov - 22:25
I see your true colors
And that's why I love you.
Spoiler:
c. jokermary, nicolemissing
Sans quitter l’écran des yeux, Juliet ressassait sans cesse la conversation qu’elle avait eu l’audace d’entretenir avec Ezéchiel. Bien consciente qu’elle ne pouvait plus se conduire comme elle avait l’habitude de le faire, c’est-à-dire en tant que séductrice légèrement taquine, J. ne savait plus comment réagir à l’encontre d’E. Si ça avait été une paisible histoire de sexe, la jeune femme aurait su comment réagir. Elle se serait donnée jusqu’à ce que la passion s’éteigne ou bien elle l’aurait dénoncé pour harcèlement sexuel. Le problème aurait été rapidement résolu et, en somme, cela aurait été grandement plus facile d’agir de la sorte plutôt que de se tourmenter pour une poignée de sentiments qui revenaient lui donner la migraine. S’essuyant la lèvre inférieure du dos de sa main et, en y réfléchissant, Juliet préférait être sage et ne pas tenter le Diable. Surtout lorsque le dudit Diable se trouvait dans la même pièce qu’elle, ses cuisses enroulées dans une serviette qu’elle n’aurait eu aucun mal à lui ôter. Seigneur, ayez pitié de moi. Posant ses coudes sur la table, J. plongea sa figure dans la coupe que formaient ses paumes, le bout de ses doigts froids massant l’arrête de son nez aquilin.
Profitant de ce moment de calme, J. coula un regard curieux à Ezéchiel qui boutonnait son pantalon. Une vague de chaleur la traversa et ses yeux se portèrent automatiquement vers la serviette qui menaçait de tomber à chaque instant. En effet, elle tomba, mais seulement après coup au grand damne de la pauvre jeune femme qui reporta l’intégralité de sa concentration sur l’écran. Un fin sourire étira ses lèvres rosées lorsqu’E. évoqua des prostituées qui se terraient encore dans la chambre des trafiquants. Ils dormaient apparemment tous, essayant de se revigorer après une nuit pleine d’émotions diverses et de sports pas réellement homologués. Et en parlant de ce genre d’activités, un frisson lui parcourut doucement le corps lorsqu’Ezéchiel lui posa la main dans son dos, lui montrant alors un point sur l’écran dont elle n’avait cure. Cependant, sachant rester – à peu près – professionnelle lorsqu’il le fallait, Juliet se massa le front tout en plissant les paupières. Elle hocha lentement la tête et observa son collègue qui semblait excédé. J. le comprenait parfaitement même si elle devait avouer que si ces trafiquants désiraient rester un peu plus longtemps dans leur suite luxueuse, ça ne la dérangerait absolument pas.
Juliet se recula légèrement, se calant contre le bras dénudé d’Ezéchiel. C’était tellement agréable qu’une foule de souvenirs traversa son esprit, s’emparant de ses muscles et l’empêchant de se montrer raisonnable. J. se souvint qu’elle avait adoré la façon dont son corps s’était moulé contre celui d’E. et lorsqu’il avait, de ses mains, trouvé la chute de ses reins… Quand elle s’était lovée contre lui, sachant pertinemment que cette nuit était leur première. Leur dernière. Mais cette pensée n’avait pas empêché sa bouche de se confondre avec celle d’Ezéchiel, tremblante et envahie par un désir qui n’avait fait que croître tout au long des minutes écoulées.
Elle souffla, amusée, tout en se redressant. « Je veux bien du caviar et des huîtres. » Cynique, J. toisa son collègue avant de lui tirer la langue, enfantine. « Je plaisante. S’il y a des frites, ça m’ira parfaitement. » Elle ne détourna pas les yeux, fascinée par cette cicatrice qui barrait sa fossette. La jeune femme ne pouvait pas penser à autre chose. Cette estafilade donnait à Ezéchiel un petit côté sombre. Plus sombre que d’habitude, disons. Détachée, elle se leva et alla farfouiller dans ses bagages, à la recherche d’un dossier.
« Si j’avais su, j’aurais pu me faire passer pour une prostituée. » Siffla-t-elle en s’éventant le visage avec quelques feuilles volantes. « Et leur tirer des informations. » Rien à dire là-dessus, la jeune femme se croyait vraiment dans un film d’espionnage où tout était toujours si simple. Et si tout n’était pas simple, alors il y avait toujours un hélicoptère sorti d’on ne sait où, paré à récupérer les rescapés d’une carcasse flottante de bateau.
« On devrait s’introduire dans leur suite lorsqu’ils ne seront pas là... En tout cas, je refuse de rester dans cette chambre pendant plus de deux jours, je te préviens.» Elle leva un regard pétillant vers Ezéchiel et, avec une légère moue inquiète, demanda sur un ton qu’elle voulait léger mais qu’elle réussissait à peine à rendre terrifiant « Je change complètement de sujet, je sais mais... On m’a dit que tu avais été marié. C’est vrai ? » Ce fameux « on » représentait sa propre personne. Il ne fallait pas se faire des idées, oui, elle avait fait des recherches sur son cher Ezéchiel Hoverwood et ce qu’elle avait appris l’avait mise en rogne. Certes elle n’avait pas pensé qu’il passerait une ceinture de chasteté après leur nuit mais… de là à se marier. Inconsciemment, un petit voile de jalousie brouilla sa vue juste avant qu’elle ne se lève et se dirige d’un pas inquisiteur vers son collègue.
Juliet aurait aimé qu’Ezéchiel n’ait pas ce pouvoir sur elle. Un pouvoir quoi qu’assez incertain certaines fois. En tout cas, il ne l’aidait pas à mesurer correctement ses pulsions en s’affichant torse nu et avec son jean pas totalement fermé. La jeune femme se découvrait une nouvelle facette qui lui tordait l’estomac. Savoir qu’une femme a eu ce qu’elle avait tant espéré, lorsqu’elle était adolescente, la rendait folle. (que ce soit le mariage ou bien toutes ces nuits passées ensemble… ensemble sans la moindre petite pensée pour la pauvre brunette qui ruminait son malheur aux côtés d’amants pas toujours potables) Poings sur les hanches et nez levé, J. représentait à elle seule toute la dignité féminine qu'un homme devrait fuir.